Iran: premier revers politique pour le président Hassan Rohani

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Le président iranien Hassan Rohani, à Téhéran le 26 novembre 2013 (Atta Kenare/AFP)
Le président iranien Hassan Rohani, à Téhéran le 26 novembre 2013 (Atta Kenare/AFP)

Cette semaine, le président iranien, Hassan Rohani, a subi un revers historique, le premier de son mandat depuis son élection le 14 juin 2013. Il s’agit d’un coup dur pour l’homme politique, celui-ci ayant attiré le rejet des catégories aisées de la société iranienne.

En effet, l’économie du pays est chancelante depuis de nombreux mois et des mesures d’austérité avaient été entreprises afin de combler certains déficits.

Tandis que le gouvernement de M. Rohani  signalait une augmentation du prix des carburants, dans le cadre de la deuxième phase de son programme ayant pour but de supprimer les subventions, il lançait un appel aux catégories aisées à renoncer au programme d’aide subventionné par l’État.

Ce programme, il se résume en un coût offert par le gouvernement de 14 $ par personne et par mois afin de pallier les baisses des subventions publiques massives à l’énergie et en alimentation. Cependant, le revenu mensuel moyen d’un ouvrir iranien est de 185 $, c’est dans ces circonstances que l’on prend conscience de la grande importance de ce programme gouvernemental, chose qui est de moindre importance pour ceux ayant un revenu nettement supérieur.

Lorsque le pouvoir en place à Téhéran demandait aux citoyens aisés de renoncer à cette aide, il y voyait un moyen d’obtenir des ressources et investir dans les infrastructures, la production industrielle et les transports publics.

Pour ce faire, une grande campagne télévisée fut organisée en partenariat avec de nombreuses célébrités, ainsi que des personnalités mondaines et des hommes politiques de renommée.

Sur une population de 77 millions d’habitant, le gouvernement avait grand espoir d’atteindre une dizaine de millions. Toutefois, le résultat fut tout autre. Seulement deux millions de citoyen n’ont pas réclamé leur aide financière, soit 5 % des iraniens. Tout ceci représente un coût d’un milliard de dollars par mois pour les autorités en place.

Le début d’une chute ?

Selon le quotidien Farhikhtegan, «Cette campagne inefficace s’est retournée contre ses organisateurs et aura des effets négatifs.»

Cette fois-ci, pour un autre quotidien, le Mardomsalari, cette campagne est «un échec évident» pour le gouvernement. «Bombarder les gens d’appels était plus fatigant que convaincant.» C’est un «flop», renchérit ce dernier.

Selon plusieurs, la stratégie de Rohani aurait été douteuse et mal organisée. Il aurait également visé le mauvais public, non celui qui l’aurait élu à l’été 2013, mais celui dit «conservateur». De quoi effriter sa base électorale.

Chez d’autres analystes, ce revers ne serait pas le produit d’une mauvaise campagne publicitaire, mais bien d’une perte de confiance envers le président iranien, notamment de par le fait que la baisse de l’inflation n’est pas ressentie par une grande majorité de la population.

En bref, toutes ses mesures, visant à alléger les subventions et à augmenter le prix de ressources primordiales, ont pour but de sortir le pays d’une importante récession orchestrée de par les sanctions occidentales à l’égard de l’état islamique, suite au maintient du programme nucléaire controversé de Téhéran, et de la mauvaise gestion attribuée à l’ancienne administration conservatrice.

Afin de rallier la population à ses projets, M. Rohani aura beaucoup de chemin à franchir pour y arriver, et certains de ces sentiers sont déjà, à son grand regret, encombrés par une économie chancelante et une population récalcitrante à des mesures d’austérité de trop grande envergure.

Étudiant en Histoire et Civilisation à Bois-de-Boulogne, Simon Tardif-Loiselle est passionné par tout se qui se déroule sur la scène internationale. Il fait ses premiers pas en journalisme chez 45eNord.ca.

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