Présidentielle syrienne le 3 juin: Assad assuré d’être réélu

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Le président syrien Bashar al-Assad (d) à Maaloula, ancienne ville chrétienne de Syrie, le 20 avril 2014 sur une image de l'agence de presse syrienne (SANA)
Le président syrien Bashar al-Assad (d) à Maaloula, ancienne ville chrétienne de Syrie, le 20 avril 2014 sur une image de l’agence de presse syrienne (SANA)

L’élection présidentielle en Syrie, qui devrait conduire à la réélection de Bachar al-Assad, aura lieu le 3 juin en pleine guerre civile qui ravage le pays et en dépit de l’opposition de nombreux États qui réclame son départ du pouvoir.

Le président de l’Assemblée du peuple, Mohammad Jihad al-Lahham, a fixé à mercredi le 28 mai 2014 la date de l’élection du Président de la république arabe syrienne pour les citoyens syriens à l’étranger aux ambassades de Syrie à partir de 7h00 jusqu’à 19h00 (heure locale de la ville où l’ambassade se trouve), alors que les citoyens syriens à l’intérieur voteront mardi 3 Juin 2014, à partir de 07h00 jusqu’à 19h00, rapporte l’agence officielle syrienne SANA.

Les dépôts des candidatures se feront du 22 avril au 1er mai auprès de la Cour suprême.

«Il s’agit de la première élection pluraliste et nous sommes confiants que vous [le peuple syrien]allez choisir celui qui mérite de diriger la Syrie, de la défendre, de garantir un avenir où tous les Syriens jouiront de leurs droits sans discrimination», a dit le président de l’Assemblée du peuple.

Auparavant, l’Assemblée du peuple, le Parlement [monocaméral] de la Syrie, composé de 250 membres élus pour un mandat de quatre ans et dominé par la coalition du Front national progressiste au sein de laquelle le Parti Baas de Bachar Al-Assad assume un rôle dirigeant, élisait le président de la république pour un mandat de 7 ans. Celui-ci était ensuite confirmé lors d’une élection qui n’était finalement qu’un plébiscite.

Jusqu’à présent, Bachar al-Assad –comme son père Hafez avant — avait ainsi été plébiscité. Candidat unique, Bachar Al-Assad avait été élu pour sept ans en 2000 avec 97,29% des voix, puis réélu en 2007 avec 97,62% des votes.

Dans un discours prononcé devant la séance de l’Assemblée, tenue ce matin en présence du président du conseil des ministres, des membres du gouvernement et de nombre de journalistes arabes et étrangers, Lahham a aussi affirmé que les élections seront organisées à leur date fixée sans aucun retard malgré, a-t-il dit «la tentative de certaines parties étrangères de déstabiliser notre confiance et d’entraver notre processus politique et démocratique».

Mais, si la nouvelle Constitution approuvée en 2012 donne pour la première fois la possibilité à plusieurs candidats de se présenter, en réalité, les dés sont pipés en faveur d’Assad.

Selon les clauses approuvées par le Parlement le 14 mars, le futur président doit avoir vécu en Syrie de manière continue ces 10 dernières années, ce qui exclut de facto la plupart des ténors de l’opposition en exil.

En outre, tout candidat doit obtenir le soutien d’au moins 35 des 250 députés. Or comme le Parlement est acquis au régime, cela est pratiquement mission impossible.

Avec ces conditions qui rendent quasiment impossible la candidature d’un opposant de l’extérieur, et très difficile celle d’un opposant de l’intérieur, Assad est assuré de sa réélection.

Le scrutin devrait se dérouler dans la zone gouvernementale qui représente 40% du territoire habité mais où vit 60 à 70% de la population syrienne: cette bande de territoire qui va de la frontière jordanienne jusqu’à Lattaquié en passant par Damas, Homs et Hama ainsi que les villes tenues par le régime dans la zone Nord et Est comme Idleb, la moitié d’Alep et la moitié de Deir Ezzor.

Toutefois, l’Union européenne avait mis en garde à la mi-avril contre la «parodie de démocratie» que serait une présidentielle qui ne se tiendrait que dans les régions contrôlées par le pouvoir. Elle n’aurait alors «aucune crédibilité et minerait les efforts en vue d’une solution pacifique», avait souligné, tout comme le médiateur international Lakhdar Brahimi avant elle.

Nouvelliste et reporter à CKCV Québec et directeur de l’information à CFLS Lévis, dans les années 70, Jacques N. Godbout a aussi travaillé sur le terrain pour divers instituts de sondage. Intervieweur, animateur et recruteur, il a participé à plusieurs projets de recherche qualitative.

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