Répercussions de la crise Est-Ouest: les Russes réarment les îles Kouriles voisines du Japon

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On voit flotter le drapeau tricolore russe sur la principale agglomération de l'île de Chikotan, dans l'archipel des Kouriles, située dans l'Océan Pacifique entre la péninsule du Kamtchatka et le nord du Japon (WikiCommons)
On voit flotter le drapeau tricolore russe sur la principale agglomération de l’île de Chikotan, dans l’archipel des Kouriles, située dans l’Océan Pacifique entre la péninsule du Kamtchatka et le nord du Japon (WikiCommons)

Les tensions Est-Ouest causées par la crise ukrainienne se répercutent jusque dans lazone Pacifique où la Russie a annoncé ce vendredi 18 avril qu’elle allait mettre en oeuvre d’ici à 2016 un ambitieux plan de réarmement des îles Kouriles, revendiquées par le Japon, où l;es Russes comptent maintenant créer plus de 150 sites militaires.

Alors que le Japon s’est aligné sur ses alliés occidentaux en condamnant la politique de Moscou en Ukraine, les Russes n’ont fait ni une, ni deux, et le ministère russe de la Défense a annoncé aujourd’hui qu’il se préparait à renforcer l’infrastructure militaire des îles convoitées.

Les îles Kouriles sont ces îles volcaniques qui forme une ligne discontinue de quelque 1 200 kilomètres de l’extrême Nord du Japon à la pointe sud de la péninsule du Kamtchatka séparant ainsi la mer d’Okhotsk de l’océan Pacifique.

Les Kouriles ont changé plusieurs fois de statut mais elles font aujourd’hui partie de la Fédération de Russie, plus précisément de l’Oblast de Sakhaline.

Le Japon pour sa part réclame toujours les quatre îles Kouriles les plus méridionales (Kounachir, Itouroup, Chikotan et l’archipel des Habomai), soit un tiers de la surface totale).

Les îles Kouriles offrent un intérêt stratégique majeur pour la Russie. Tant que le Japon les possédait, les bateaux russes basés dans le port de Vladivostok n’avaient pas librement accès au Pacifique, d’autant qu’en hiver la mer d’Okhotsk est gelée. L’annexion des Kouriles en 1945 après la Seconde Guerre mondiale a ainsi permis aux Russes de renforcer leur position géostratégique sur le Pacifique.

De plus, les ressources halieutiques représentent elles aussi un intérêt majeur, les zones de pêche environnantes y étant très poissonneuses.

Déjà, en novembre 2010, quand le président russe Dmitri Medvedev s’était rendu sur les îles, avant son déplacement au Japon pour le sommet de la coopération économique pour l’Asie-Pacifique (Apec) le Premier ministre japonais de l’époque Naoto Kan avait jugé cette visite «très regrettable» et l’avait qualifié plus tard en février 2011 d’«outrage impardonnable».

Le différend territorial empêche depuis plus 65 ans la signature d’un traité de paix entre les deux pays.

Mais, depuis, tout pointait plutôt dans la direction d’une politique plus favorable à un rapprochement et à un règlement diplomatique de la dispute territoriale jusqu’à l’adoption, aujourd’hui, d’un plan détaillé de construction d’infrastructures militaires sur les îles Kouriles du Sud Itouroup et Kounachir d’ici à 2016.

Le plan russe: plus de 150 sites militaires

Le ministère russe de la Défense a maintenant annoncé vendredi l’adoption en outre d’un plan détaillé de construction d’infrastructures militaires sur les îles Kouriles du sud, revendiquées par le Japon depuis leur annexion par l’URSS en 1945.

D’ici 2016, la Russie mènera à bien la construction de plus de 150 sites militaires à Kunashir et à Iturup, îles faisant partie des Kouriles du Sud, a annoncé vendredi aux journalistes Sergueï Sourovkine, commandant de la région militaire russe de l’Est, rapporte l’agence russe Ria-Novosti.

«Toutes les décisions relatives à la construction de cités militaires à Kunashir et à Iturup ont été adoptées et approuvées. D’ici 2016, tous les sites seront construits, leur nombre s’élevant à plus de 150», a dit le général.

La décision de rééquiper les unités russes déployées dans les Kouriles du Sud remonte à 2011. Sur fond de litige territorial russo-nippon concernant ces territoires, cette nouvelle avait déjà provoqué un tollé à Tokyo.

Dans le même esprit, rapporte l’agence russe, les cités militaires actives de l’île de Sakhaline seront modernisées d’ici 2020. La construction de nouveaux sites militaires est également prévue.

«Le choix de la région est conscient. L’accent est mis par la direction du pays et de l’armée sur le développement de l’Extrême-Orient, et en particulier de Sakhaline et des Kouriles – les avant-postes orientaux de la Russie», a déclaré le général russe.

Nouvelliste et reporter à CKCV Québec et directeur de l’information à CFLS Lévis, dans les années 70, Jacques N. Godbout a aussi travaillé sur le terrain pour divers instituts de sondage. Intervieweur, animateur et recruteur, il a participé à plusieurs projets de recherche qualitative.

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