République Centrafricaine: le génocide est proche, que peut faire le Canada?

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Des enfants déplacés par la violence en République centrafricaine (PAM/Alexis Masciarelli)
Des enfants déplacés par la violence en République centrafricaine (Archives/PAM/Alexis Masciarelli)

Alors que l’Organisation pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) et le Programme alimentaire mondial (PAM) «estiment qu’il faudra déployer en RCA, au cours des 18 prochains mois au minimum, une vaste opération humanitaire de longue durée pour alléger les souffrances des populations et jeter les bases d’une reconstruction des moyens d’existence», des parlementaires canadiens s’interrogent sur un rôle plus grand du Canada.

Selon les dernières évaluations réalisées par la FAO et le PAM, les violences qui touchent la Centrafrique depuis décembre 2012 ont causé la destruction «des moyens de subsistance, des cultures vivrières et commerciales, de l’élevage et de biens de production essentiels dans tout le pays», ce qui a pour conséquence qu’«environ 1,6 million de personnes directement victimes de la crise ont besoin d’une aide alimentaire d’urgence, soit plus du double du niveau estimé il y a un peu plus d’un an, en février 2013».

De plus, le Conseil de sécurité a autorisé le 10 avril le déploiement d’environ 12.000 Casques bleus de la MINUSCA (Mission multidimensionnelle intégrée de stabilisation des Nations unies en République centrafricaine) pour ramener la sécurité dans le pays livré au chaos depuis la chute du régime de Bozizé en mars 2013.

Les quelque 12.000 casques bleus de la MINUSCA prendront dès le 15 septembre prochain jusqu’au 30 avril 2015 selon leur mandat initial, la relève des 6.000 soldats Africains de la MISCA et des 2.000 soldats Français de l’Opération SANGARIS.

Paul Dewar a demandé au gouvernement du Canada d’offrir son soutien militaire à la MINUSCA. (@KiavashNajafi)

Lors d’une conférence de presse à Ottawa ce mercredi 23, le porte-parole du NPD en matière d’affaires étrangères, Paul Dewar a demandé au gouvernement du Canada d’offrir son soutien militaire à la mission internationale de maintien de la paix en République centrafricaine.

«Ce mois-ci, la communauté internationale a commémoré le vingtième anniversaire du génocide rwandais, que nous avons collectivement été incapables de prévenir, a déclaré Paul Dewar. Le Canada doit tout faire pour empêcher qu’un autre génocide se produise en Afrique.»

Le NPD demande ainsi à ce que le gouvernement fournissent un soutien matériel, logistique et diplomatique à la mission de l’ONU, et envoie du personnel militaire pour protéger les civils en vertu d’un mandat de l’ONU.

«Avant le déploiement de la mission de l’ONU en septembre, le Canada devrait également prêter main-forte aux forces de l’Union africaine et de l’Union européenne qui veillent à la protection des civils, a déclaré la porte-parole du NPD en matière de développement international, Hélène Laverdière (Laurier–Sainte-Marie). Nous devons collaborer avec nos partenaires internationaux afin de mettre fin aux violences en République centrafricaine.»

En interview téléphonique pour 45eNord.ca, Hélène Laverdière a rappelé «l’urgence de la situation». «C’est très grave ce qu’il se passe là-bas. Le gouvernement doit agir maintenant. Il utilise beaucoup de mots, a de grandes paroles, mais n’agit pas autant qu’on le voudrait».

Rappelons qu’en date du 31 mars 2014, le Canada se classe au 61e rang des pays contributeurs de troupes en fournissant 122 policiers, militaires et experts dans cinq missions des Nations Unies, en Haïti, RDC, Chypre, Soudan du Sud et Moyen-Orient (87 policiers, 22 militaires sur le terrain et 13 experts militaires).

Pour Marc Garneau, porte-parole libéral en matière d’Affaires étrangères, il est «important que le gouvernement consulte rapidement ses alliés dans un contexte des Nations Unies pour décider d’une contribution au-delà d’une aide humanitaire». «On se souvient tous du Rwanda voisin et les massacres sont nombreux en République centrafricaine».

Le porte-parole du ministre Baird, nous a indiqué dans un courriel que bien que soutenant la MINUSCA, «nous avons la responsabilité et le devoir de revoir nos options minutieusement avec nos alliés, et prendre une décision qui est dans l’intérêt de tous les Canadiens». Il nous également précisé qu’une décision sera prise prochainement quant à cette participation ou non, après avoir discuté avec nos partenaires.

Fondateur de 45eNord.ca, Nicolas est passionné par la «chose militaire». Il suit les Forces armées canadiennes lors d'exercices ou d'opérations, au plus près de l'action. #OpNANOOK #OpATTENTION #OpHAMLET #OpREASSURANCE #OpUNIFIER #OpIMPACT #OpLENTUS

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