Réunion du gouvernement russe sur la crise ukrainienne: «It’s the economy, stupid»

Le président russe, Valdimir Poutine, à une réunion du gouvernement russe le 9 avril à Moscou (Présidence russe)
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Le président russe, Valdimir Poutine, à une réunion du gouvernement russe le 9 avril à Moscou (Présidence russe)
Le président russe, Valdimir Poutine, à une réunion du gouvernement russe le 9 avril à Moscou (Présidence russe)

Le président russe, Vladimir Poutine, soulignant que les autorités en place à Kiev ne sont que provisoires, a appelé mercredi les autorités ukrainiennes intérimaires à ne «rien commettre d’irréparable», rappelant en outre qu’au dernier sommet UE-Russie à Bruxelles les Européens et les Russes avaient convenu de se consulter sur l’impact économique considérable de l’accord UE-Ukraine.
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Mise à jour au 09/04/2014 à 16h39

Les ministres des Finances du G7 vont se réunir jeudi à Washington pour évoquer notamment la crise en Ukraine et son impact économique qui commence à susciter des inquiétudes croissantes.

Mardi, le FMI a abaissé ses prévisions de croissance mondiale en invoquant la montée des risques géopolitiques et, aujourd’hui, la Banque centrale américaine a indiqué que les tensions en Ukraine pouvaient avoir un impact négatif sur la croissance. 

—- à 13h07 Des militants pro-russes, certains armés, occupaient toujours mercredi le siège des services secrets (SBU) dont ils se sont emparés dimanche à Lougansk, dans l’est de l’Ukraine, malgré la menace d’un recours à la force par Kiev.

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Alors que la situation est extrêmement tendue depuis dimanche dans l’est russophone de l’Ukraine, où des militants pro-russes, occupent des bâtiments administratifs dans plusieurs villes, un espoir d’issue diplomatique est apparu avec l’annonce de discussions entre Russes, Américains, Ukrainiens et Union européenne la semaine prochaine.

Le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, a cependant estimé mardi que les régions pro-russes devaient être représentées à ces négociations.

Le chef du Kremlin pour sa part a dit espérer «que l’initiative du ministère russe des Affaires étrangères pour régulariser la situation aura de l’effet et que l’issue sera positive», a déclaré le président russe, disant espérer que, d’ici là, «les autorités intérimaires ne vont rien commettre d’irréparable».

Vladimir Poutine insiste beaucoup sur le fait que, d’une part, les autorités en place aujourd’hui ne sont qu’intérimaires et que, d’autre part, l’accord d’association Ukraine-UE a un intérêt tellement considérable sur les intérêts économiques russes qu’il est impensable d’agir sans consulter la Russie.

Avant une réunion de son cabinet aujourd’hui à Moscou, le président russe a déclaré: «En tout cas, j’espère que les personnes aux différents niveaux du gouvernement provisoire [en Ukraine] ne feront rien qui ne peut être corrigé plus tard si nécessaire. L’économie est toujours à la base de toutes les relations, donc nous allons jeter un coup d’œil de plus près à cet aspect des choses maintenant.»

Le respect des intérêts économiques russes

La réunion d’aujourd’hui à Moscou réunissait le premier-ministre Dimitri Medvedev, le vice-premier ministre DimitriRogozin, l’aide présidentiel Andrei Belousov, le ministre des Affaires étrangères Sergeï Lavrov, le ministre de ‘industrie et du Commerce, Denis Manturov, le minitre de l’Énergie Alexandre Novak, le ministre des Finances Anton Siluanov, le ministre du Développement économioque Alexei Ulyukayev, et le vice-résident du conseil de Gazprom, la société russes de gaz naturel, Vitaly Markelov.

Le président russe y a souligné avec force la nécessité pour l’Union européenne de tenir avec la Russie des consultations sur l’impact de l’accord d’association UE-Ukraine.

«La première question que je veux aborder aujourd’hui – quelque chose que je veux soulever avec notre ministre du Développement économique – est que lors du dernier sommet Union européenne-Russie à Bruxelles, nous avons convenu avec nos partenaires de l’Union européenne que nous allions commencer le dialogue au niveau des expert de haut niveau et des ministres entre la Russie et la Commission européenne sur une éventuelle conclusion par l’Ukraine d’un accord d’association avec l’Union européenne. Nos partenaires à Bruxelles ont reconnu que cette possibilité avait un impact considérable sur les intérêts économiques de la Russie, et ils ont convenu de tenir les consultations nécessaires avec nous.»

Toujours prêt à couper le gaz

Vladimir Poutine a aussi mis en garde l’Ukraine sur les livraisons de gaz russe, que Kiev refuse de payer au tarif actuel, et avertit que le soutien de Moscou à l’économie de l’ex-république soviétique ne pouvait pas durer «éternellement».

Kiev, qui a accumulé 2,2 milliards de dollars d’impayés, refuse l’augmentation des prix décidée par Moscou.

Le président russe a donc demandé à Gazprom de s’abstenir pour l’instant d’exiger un prépaiement pour ses livraisons à Kiev, en attendant la tenue de nouvelles négociations. En cas d’échec, «ils ne recevront que ce qu’ils auront payé», a tranché M. Poutine lors de la réunion réunion du gouvernement.