Une soixantaine de morts dans l’attaque d’une base de l’ONU au Soudan du Sud

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Des Casques bleus de la MINUSS fournissent une assistance à des civils déplacés au Soudan du Sud. (MINUSS)
Des Casques bleus de la MINUSS fournissent une assistance à des civils déplacés au Soudan du Sud. (Archives/MINUSS)

Au moins 58 civils réfugiés dans la base de l’ONU à Bor (est du Soudan du Sud) ont été tués jeudi et une centaine d’autres blessés lors d’une attaque armée.

Dans un nouveau bilan, l’ONU annonce que «48 cadavres, dont des enfants, des femmes et des hommes, ont été retrouvés dans la base. Les corps de 10 attaquants ont été trouvés à l’extérieur de la base. Le nombre total de tués est de 58, mais ce nombre pourrait augmenter car plus de 100 personnes ont été blessées, certaines très gravement».

Dans un communiqué ambigu, l’ONU avait annoncé auparavant que l’attaque avait fait des dizaines de blessés parmi les 5.000 civils réfugiés dans la base, ainsi que deux blessés parmi les Casque bleus qui protégeaient la base, mais n’avait pas fait état de morts.

«Une foule d’hommes armés a forcé l’entrée de la base et a ouvert le feu» sur les civils, en blessant des «dizaines», a indiqué l’ONU, ajoutant que les Casques bleus avaient ouvert le feu sur les assaillants après avoir effectué plusieurs tirs de sommation, les forçant à battre en retraite.

Les assaillants ont pu s’approcher de la base «en se faisant passer pour des manifestants pacifiques» désirant présenter une pétition à l’ONU, avant de lancer leur attaque, selon le communiqué.

Le ministre sud-soudanais de l’Information, Michael Makuei, a indiqué qu’un «très grand nombre» d’hommes armés de fusils avaient débordé les forces gouvernementales et attaqué les civils coincés dans le camp, ajoutant que les attaquants cherchaient à venger la prise de la ville de Bentiu (nord) par les forces rebelles deux jours plus tôt.

Scandalisé

Les États-Unis «condamnent fermement les récentes attaques par des groupes armés au Soudan du Sud», a affirmé l’ambassadrice américaine à l’ONU Samantha Power dans un communiqué, précisant que Washington va «coopérer avec ses partenaires pour établir les responsabilités et s’efforcer de poursuivre en justice les coupables».

Le Secrétaire général des Nations Unies, Ban Ki-moon, a condamné jeudi une attaque contre des civils et des Casques bleus sur le site de la Mission des Nations Unies au Soudan du Sud (MINUSS) à Bor, la capitale de l’Etat de Jonglei.

«Cette attaque contre un site où des civils sont protégés par les Nations Unies est une grave escalade», a dit le porte-parole du Secrétaire général dans une déclaration à la presse.

«Le Secrétaire général rappelle à toutes les parties que toute attaque contre les casques bleus des Nations Unies est inacceptable et constitue un crime de guerre», a ajouté le porte-parole.

«Le Secrétaire général appelle le gouvernement du Soudan du Sud à prendre immédiatement des mesures pour garantir la sécurité de tous les sites de la MINUSS protégeant des civils au Soudan du Sud. Il appelle aussi toutes les parties à éviter toute action ou toute déclaration qui pourraient entraîner une escalade supplémentaire de la situation.».

Toby Lanzer, responsable du programme d’aide humanitaire pour la mission des Nations unies au Soudan du Sud (Minuss), s’est également dit «scandalisé par l’attaque de jeunes hommes armés contre des civils réfugiés» sur la base de la Minuss à Bor, capitale de l’Etat pétrolifère de Jonglei.

Le conflit au Soudan du Sud, qui a fait des milliers, voire des dizaines de milliers de morts et au moins 900.000 déplacés, avait éclaté le 15 décembre à Juba, avant de rapidement s’étendre à d’autres Etats clés du pays, en particulier ceux du Haut-Nil (nord-est), d’Unité (nord) et du Jonglei (est). Alimenté par une vieille rivalité politique, il oppose le président sud-soudanais Salva Kiir à son ancien vice-président Riek Machar, limogé en juillet 2013.

Plus de 67.000 civils sont réfugiés à l’intérieur des bases de l’ONU à travers le pays, afin de se protéger d’un conflit qui a pris une dimension ethnique, opposant les Dinka de Salva Kiir aux Nuer de Riek Machar.

En décembre, des hommes armés avaient déjà attaqué une base de l’ONU dans la ville d’Akobo, également dans l’Etat de Jonglei, tuant au moins 11 civils et deux Casques bleus indiens.

Fondateur de 45eNord.ca, Nicolas est passionné par la «chose militaire». Il suit les Forces armées canadiennes lors d'exercices ou d'opérations, au plus près de l'action. #OpNANOOK #OpATTENTION #OpHAMLET #OpREASSURANCE #OpUNIFIER #OpIMPACT #OpLENTUS

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