Ukraine: les rebelles ignorent toujours l’accord et attendent plutôt les réformes promises

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Des pro-russes brandissent un drapeau de l'autoproclamée "République de Donetsk" lors d'un rassemblement séparatiste, le 18 avril 2014 à Slaviansk, en Ukraine (Genya Savilov/AFP)
Des pro-russes brandissent un drapeau de l’autoproclamée « République de Donetsk » lors d’un rassemblement séparatiste, le 18 avril 2014 à Slaviansk, en Ukraine (Genya Savilov/AFP)

Alors que les insurgés pro-russes de l’Est de l’Ukraine refusent l’application de l’entente conclue à Genève, attendant plutôt les réformes promises, Vladimir Poutine a estimé samedi que la balle était dans le camp des Occidentaux et que «rien n’empêchait» la normalisation».

Le Kremlin a fait savoir vendredi que la Russie refusait d’être tenue pour seule responsable du respect de l’accord de Genève et jugeait «inacceptables» les menaces de nouvelles sanctions américaines.

«Je pense qu’il n’y a rien qui empêcherait la normalisation» des relations entre la Russie et les Occidentaux, a insisté samedi Vladimir Poutine dans une interview télévisée. «Cela ne dépend pas de nous […] Cela dépend de nos partenaires», a-t-il ajouté.

Mais les États-Unis ont mis la pression sur Moscou pour qu’il pousse les insurgés pro-russes à évacuer les administrations occupées dans l’est de l’Ukraine, en conformité avec l’accord de Genève dont les rebelles faisaient fi samedi.

Le texte de l’accord prévoit notamment le désarmement des groupes armés, la libération des bâtiments publics occupés et une amnistie pour les insurgés non «coupables de crimes de sang».

Pour Washington qui accuse Moscou d’être derrière les troubles en Ukraine, les prochains jours seront «cruciaux» pour la mise à exécution des engagements pris à Genève à l’issue de premiers pourparlers internationaux entre Russie, Ukraine, Etats-Unis et Union européenne.

Sur le terrain

Pendant ce temps, sur le terrain, à Donetsk, grande ville industrielle dans l’Est en proie à une insurrection armée pro-russe, le statu quo régnait samedi.

Les manifestants pro-russes contrôlaient toujours dans le calme l’administration régionale occupée depuis près de deux semaines par les leaders de la «République de Donetsk» autoproclamée et entouré de sacs de sables, de pneus et de meubles renversés en guise de barricades, sous la garde d’hommes cagoulés.

Et les pro-russes contrôlaient toujours Slaviansk et tenaient encore également des bâtiments publics dans plus d’une demi-douzaine de villes de l’Est russophone.

En outre, Russie a confirmé vendredi pour la première fois avoir mobilisé des troupes à la frontière avec l’Ukraine «en raison de la situation» dans l’ex-république soviétique voisine.

De plus, Vladimir Poutine a annoncé samedi qu’il allait décorer les militaires qui avaient participé à l’opération en Crimée le mois dernier qui a conduit au rattachement de la péninsule à la Russie.

Pour leur part, les autorités pro-européennes se sont efforcées vendredi de tendre la main aux rebelles, promettant une importante décentralisation et un statut protecteur pour la langue russe.

L’annonce solennelle faite dans une adresse télévisée à la Nation par le président par intérim Olexandre Tourtchinov et le Premier ministre Arseni Iatseniouk a toutefois peu de chance d’être appréciée dans la région où plus de 70% des habitants considèrent ces deux dirigeants comme «illégitimes» selon un sondage publié samedi.

*Avec AFP

Nouvelliste et reporter à CKCV Québec et directeur de l’information à CFLS Lévis, dans les années 70, Jacques N. Godbout a aussi travaillé sur le terrain pour divers instituts de sondage. Intervieweur, animateur et recruteur, il a participé à plusieurs projets de recherche qualitative.

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