Un chasseur-bombardier russe nargue un destroyer américain en mer Noire

Un chasseur-bombardier Sukhoï-24 (Archives/Wikicommons)
Temps de lecture estimé : 2 minutes
Un chasseur-bombardier Sukhoï-24(Archives/Wikicommons)
Un chasseur-bombardier Sukhoï-24(Archives/Wikicommons)

Un chasseur-bombardier russe Su-24 a effectué samedi plusieurs passes à basse altitude à proximité d’un destroyer américain qui croisait dans les eaux internationales en mer Noire, a annoncé le Pentagone, qui a dénoncé une action provocatrice et non professionnelle, rapporte aujourd’hui l‘American Forces Press Service.

«Un avion d’attaque russe a volé à plusieurs reprises près du USS Donald Cook, dans les eaux internationales de la mer Noire, le 12 avril, a ainsi déclaré un porte-parole du Pentagone aujourd’hui.

L’USS Cook patrouillait en mer Noire occidentale quand un avion d’attaque non armé russe Su- 24 a volé à plusieurs reprises près du navire de la Marine, a déclaré le colonel américain Steve Warren.

«L’avion n’a pas répondu à plusieurs requêtes et avertissements du Donald Cook, et l’événement s’est terminé sans incident après environ 90 minutes», a déclaré Warren. «Cette action de provocation russe et ce manque de professionnalisme est incompatible avec les protocoles et accords internationaux antérieurs sur l’interaction professionnelle entre nos armées», a-t-il ajouté.

Le USS Donald Cook, alors qu’il arrivait à la base navale de Rota en Espagne le 11 février 2014 (matelot Edward Guttierrez III /US Navy)

Deux avions russes étaient présents, mais un seul a pris part aux actes de provocation, a précisé Warren, précisant que l’avion a volé près du niveau de la mer jusqu’à plusieurs milliers de pieds, mais n’a toutefois jamais survolé à proprement parler le destroyer américain de classe Arleigh Burke.

Toujours selon le Pentagone, l’avion russe a fait un total de 12 passes et s’est approché à moins de 1.000 mètres du navire. L’USS Cook n’a cependant jamais été en danger, souligne la Défense américaine.

Le navire américain a été envoyé en mer Noire le 10 avril pour montrer la solidarité de Washington vis-à-vis de ses alliés est-européens de l’OTAN inquiets des actions russes en Ukraine et fait actuellement relâche dans le port roumain de Constanta.

Hier, le Conseil de sécurité des Nations Unies, qui s’est réuni à 20h00 (heure de New-York) à la demande de la Russie pour discuter de la crise ukrainienne qui s’aggrave a donné lieu à un dialogue de sourds ignorant le fond du problème, les Occidentaux accusant les Russes d’être à la source de l’agitation, les Russes rappelant les revendications de l’Est ukrainien.

Depuis, les insurgés armés pro-russes sont repassés à l’offensive lundi dans l’Est de l’Ukraine, demandant l’aide de Vladimir Poutine qui a fait part de son « inquiétude », alors que le gouvernement pro-européen de Kiev cherchait une issue politique et en appelait à l’ONU

Le regain de tension a fait craindre que Moscou, qui a massé jusqu’à 40.000 hommes à sa frontière avec l’Ukraine, ne saisisse ce prétexte pour une intervention.