Une religieuse canadienne enlevée dans le nord du Cameroun

Une photo de soeur Gilberte Bussière, originaire d’Asbestos et membre de la Congrégation Notre-Dame, basée à Montréal et enlevée par Boko Haram au Cameroun le 4 avril 2014 (Congrégation Notre-Dame)

Une photo de soeur Gilberte Bussière, originaire d’Asbestos et membre de la Congrégation Notre-Dame, basée à Montréal et enlevée par Boko Haram au Cameroun le 4 avril 2014 (Congrégation Notre-Dame)

Une religieuse canadienne, Gilberte Bussière, et deux prêtres italiens ont été enlevés dans la nuit de vendredi à samedi autour de 23h45, heure locale, dans l’Extrême-nord du Cameroun, où un prêtre et une famille française avaient été kidnappés et relâchés en 2013 par le groupe islamiste armé nigérian Boko Haram.

Selon le ministère italien des Affaires étrangères, les deux prêtres italiens sont Giampaolo Marta et Gianantonio Allegri, originaires de Vicence, dans le nord de l’Italie.

La religieuse canadienne est Gilberte Bussière, originaire d’Asbestos, au Québec. Elle est de la Congrégation Notre-Dame, dont la maison-mère est située au Québec.

Devenue religieuse à 17 ans, arrivée au Cameroun à l’âge de 40 ans , elle travaillait en Afrique depuis 1979.

Pour le moment, «Nous poursuivons toutes les avenues appropriées pour obtenir de plus amples informations et nous restons en contact très proche avec les autorités au Cameroun», a déclaré pour sa part à 45eNord.ca Caitlin Workman, porte-parole du ministère canadien des Affaires étrangères.

«À ce stade-ci nous disposons de peu d’informations concernant l’enlèvement. Les ambassades concernées ont été avisées et les autorités de la Congrégation de Notre-Dame suivent la situation avec vigilance», dit un communiqué de la Congrégation Notre-Dame publié en fin de journée.

Soeur Gilberte Bussière de la Congrégation Notre-Dame et les enfants de l’École primaire de Tchère, au Cameroun ((onraconteque.canalblog.com)

«Toutes les sœoeurs et les personnes associées à la Congrégation de Notre-Dame s’’unissent en prière pour soutenir soeœur Gilberte et ses compagnons d’’infortune ainsi que leur proches dans cette épreuve», ajoute le communiqué.

Sœoeur Gilberte Bussière (soeœur Sainte-Marie-de-l’Assomption de son nom de religieuse), est née le 12 septembre 1939 à Asbestos est entrée à la Congrégation de Notre-Dame en août 1957.

Entre 1959 et 1979, elle a enseigné à Lac Mégantic puis à Arthabaska.

En 1979, elle partait en mission pour le Cameroun où elle œtravaille depuis. Elle a notamment passé les 18 dernières années à Maroua.

Soeœur Gilberte, poursuit le communiqué de la Congrégation, a enseigné et elle a été directrice d’’école; elle a travaillé à la formation des maîtres et en pastorale. Elle est toujours impliquée dans les oeœuvres d’’éducation et proche des familles.

Revenue au pays l’’an dernier pour des raisons de santé [un cancer, ndlr],précise le communiqué de la Congrégation, «soeœur Gilberte confiait sa hâte de retourner auprès des gens qu’elle aimait au Cameroun: «si ma santé le permet, je retournerai avec joie aider nos soeœurs camerounaises et les enfants de l’école de Tchéré».

Soeur Gilberte, qui a deux soeurs ici et sa mère, âgée de 90 ans, devait rentrer au Québec d’ici une semaine passer les fêtes de Pâques dans sa famille, confiait  à 45eNord.ca une responsable de la Congrégation Notre-Dame à Montréal, Soeur Arlita Matte.

Les trois religieux ont été enlevés par des hommes armés dans leur paroisse de Tchéré, à une vingtaine de kilomètres de Maroua (800 km au nord de Yaoundé), la capitale de la région de l’Extrême-nord, rapporte l’AFP, citant le père Henri Djonyang, vicaire général du diocèse camerounais de Maroua-Mokolo.

L’enlèvement n’avait toujours pas été revendiqué samedi matin, mais le père Djonyang a mis en cause le groupe islamiste nigérian Boko Haram, actif dans la zone frontalière entre le Cameroun et le Nigeria. «Ce sont eux [les Boko Haram] qui l’ont fait», a accusé le vicaire général.

Les ravisseurs auraient selon toute probabilité spécifiquement visé les prêtres italiens et sœur Gilberte. Deux autres sœurs camerounaises d’origine qui vivaient elles aussi dans le village n’ont pas été attaquées., les ravisseurs,  nous précisant de son côté Soeur Arlita Matte s’étant dirigé directement vers la «case» de Soeur Gilberte.

Pour le moment,  bouleversée, la Congrégation, qui a tenté d’avoir plus d’informations du ministère canadien des Affaires étrangères à Ottawa et de l’ambassade au Cameroun, suit de près la situation,  mais la communication avec leur responsable sur place est difficile et  la communication avec les autorités «peut-être parce que c’est la fin de semaine», l’est tout autant,  explique Soeur Arlita , soulignant que «Les sœurs sont dans des régions très isolées au Cameroun. Nous prions, c’est tout ce que nous pouvons faire. Nous sommes en état de consternation et de choc».

Boko Haram avait déjà revendiqué les enlèvements en 2013 dans cette même région du prêtre français Georges Vandenbeusch et de la famille Moulin-Fournier, qui avaient ensuite été relâchés.

Après ces enlèvements, Paris avait demandé à ses ressortissants établis dans la région – jusqu’alors une des principales destination touristique du Cameroun avec ses réserves animales et ses paysages spectaculaires – de la quitter en raison du risque élevé de kidnapping.

Boko Haram, classé organisation terroriste par les États-Unis, mène des attaques sanglantes contre les forces de sécurité et les civils depuis 2009 dans le nord du Nigeria. L’armée nigériane a lancé en mai 2013 une vaste offensive, toujours en cours, pour tenter d’écraser l’insurrection, en vain jusqu’à présent.

Des accrochages armés entre les membres de Boko Haram et les forces de sécurité camerounaises sont régulièrement signalés dans la région, où des islamistes armés, acculés par l’armée nigériane, tentent régulièrement de se replier et, depuis quelques mois, des membres présumés de Boko Haram commettent également des exactions contre la population camerounaise.

Fin février, selon une source policière camerounaise citée par l’AFP, des militants présumés de Boko Haram ont enlevé près de la frontière entre les deux pays un chef traditionnel camerounais du village de Goumouldi, qui avait communiqué à la gendarmerie locale le nom de trois membres de Boko Haram qu’il croyait impliqués dans le meurtre de son fils aîné. Les rebelles l’ont ensuite égorgé en territoire nigérian.


Le travail au Cameroun de la Congrégation Notre-Dame à laquelle appartenait la religieuse canadienne enlevée (Vidéo: CND)

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