Vifs échanges entre chinois et américains sur les tensions en mer de Chine

Le ministre chinois de la Défense Chang Wanquan et son homologue américain, Chuck Hagel, le 8 avril 2014 à Pékin. (Alex Wong/AFP)
Temps de lecture estimé : 2 minutes
Le ministre chinois de la Défense Chang Wanquan et son homologue américain, Chuck Hagel, le 8 avril 2014 à Pékin. (Alex Wong/AFP)
Le ministre chinois de la Défense Chang Wanquan et son homologue américain, Chuck Hagel, le 8 avril 2014 à Pékin. (Alex Wong/AFP)

Le secrétaire américain à la Défense Chuck Hagel et son homologue chinois Chang Wanquan se sont accusés mutuellement d’être responsables des tensions existantes en mer de Chine lors d’une visite américaine à Pékin.

Les deux grandes puissances militaires se sont montrées en désaccord sur de nombreuses questions – disputes territoriales entre la Chine et ses voisins, Corée du Nord et cyber-espionnage – mais ont aussi proclamé leur volonté de dialogue.

Faisant allusion aux îles Senkaku/Diaoyu, le ministre chinois de la Défense a assuré que la Chine na prendra pas «l’initiative de provoquer des incidents», mais «la souveraineté de la Chine est indiscutable» et Pékin «ne fera jamais de compromis» sur ce point.

La Chine est également engagée dans une bataille de souveraineté sur d’autres îles en mer de Chine du sud, notamment avec les Philippines et le Vietnam.

Dimanche à Tokyo, M. Hagel avait mis en garde Pékin contre toute action unilatérale pour résoudre ses contentieux territoriaux, en invoquant le précédent ukrainien.


(Vidéo: CCTV)

Dans son discours à l’université de défense nationale de l’Armée populaire de libération, M. Hagel a évoqué sans détours les points de discorde avec Pékin, reprochant à la Chine son soutien sans faille à la Corée du Nord et mettant en garde Pékin contre toute action de coercition vis-à-vis de ses plus petits voisins en mer de Chine méridionale et orientale.

Le secrétaire américain à la Défense a cependant dû faire face à un auditoire hostile d’officiers chinois, l’un d’eux affirmant que les États-Unis craignaient la montée en puissance de la Chine et qu’ils semaient le trouble dans la région afin de gêner Pékin parce qu’un jour la Chine sera devenu un défi trop important à gérer pour les États-Unis.

Le porte-parole de M. Hagel a convenu que les deux ministres avaient eu un échange de vues très franc.

En novembre dernier, Pékin avait déclenché un tollé régional en proclamant unilatéralement une Zone aérienne d’identification (ZAI) en mer de Chine orientale, dont le tracé incluait des îles Senkaku, administrées par le Japon, mais revendiquées par la Chine sous le nom de Diaoyu.

Chuck Hagel a fait valoir que les pays avaient le droit d’établir des ZAI, mais que les proclamer sans consulter les autres gouvernements pouvait mener à des «malentendus» et «provoquer finalement un dangereux conflit».