À une semaine de la présidentielle, encore 126 islamistes condamnés par la justice égypienne

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Réactions d'Égyptiens à l'annonce de la sentence de mort contre près de 700 partisans supposés du président déchu Mohamed Morsi, le 28 avril 2014 à Minya (Khaled Desouki/AFP)
Réactions d’Égyptiens à l’annonce de la sentence de mort contre près de 700 partisans supposés du président déchu Mohamed Morsi, le 28 avril 2014 à Minya (ArchivesKhaled Desouki/AFP)

En Égypte, à une semaine de la présidentielle prévue les 26 et 27 mai, la pluie de condamnations n’a pas cessé de s’abattre sur les partisans du président islamiste déchu, Mohamed Morsi, et encore 126 de ses partisans ont été déclarés coupables ce dimanche 18 mai d’accusations liées aux émeutes d’août dernier qui avaient suivi la destitution en juillet du président islamiste par l’armée.

À l’audience de la Cour pénale de Kafr El-Sheikh, qui s’est tenue à l’Académie de police du Caire les 126 accusés, partisans des Frères musulmans, ont été condamnés à 10 ans de prison pour émeute, rapporte aujourd’hui le quotidien pro-gouvernemental égyptien Al Arham.

Ils avaient été accusés, notamment, d’incitation à la violence, émeutes, possession d’armes, d’avoir bloquer la circulation, de destruction de biens publics et privés, d’appartenance à un groupe interdit et de terroriser les citoyens.

Ils avaient été arrêtés lors d’une manifestation le 16 août à Kafr El-Sheikh, dans le gouvernorat du Delta du Nil après la dispersion sanglante de deux vigiles pro-Morsi au Caire le 14 août qui avait fait des centaines de morts et des milliers de blessés .

Le tribunal a toutefois accordé un sursis d’un an à six accusés mineurs .

Les manifestants pro-Morsi refusaient de reconnaître les autorités intérimaires égyptiennes, installées par l’armée après l’éviction du président élu, mais dont des millions d’Égyptiens avaient réclamé le départ, l’accusant d’avoir accaparé le pouvoir et de gouverner uniquement dans l’intérêt de la Confrérie islamiste dont il était issu.

Ses partisans ont alors organisé, pendant 10 mois après le renversement du président islamiste, des manifestations quasi quotidiennes se terminant souvent en affrontements violents avec la police et leurs opposants politiques .

Des milliers de membres des Frères et des partisans, y compris Morsi lui-même et les hauts dirigeants du groupe, sont actuellement détenus ou en instance de procès sur une variété d’accusations, dont certaines pourraient leur valoir la peine de mort .

La Fraternité, quant à elle, a été déclaré organisation terroriste par le gouvernement intérimaire de l’Égypte à la fin de 2013.

Même à une semaine de la présidentielle, la pluie de condamnation se poursuit

Depuis la destitution et l’arrestation de M. Morsi par l’armée en juillet 2013, les autorités égyptiennes ne font pas dans la dentelle. Des milliers de ses partisans ont été emprisonnés, et des centaines d’entre eux ont été condamnés à mort ou à de lourdes peines dans des procès de masse.

Début mai, 102 partisans de l’ancien président égyptien Mohamed Morsi a avoir été condamné samedi à 10 ans de prison par un tribunal du Caire pour des manifestations violentes.

Le 28 avril, un tribunal de Minya, au sud du Caire, a condamné à mort 683 personnes, dont le guide suprême des Frères musulmans Mohamed Badie, à l’issue de procès expéditifs que l’ONU a dénoncé comme des procès de masse sans précédent dans l’Histoire récente du monde.

Le 24 mars, 529 partisans de l’ancien président islamiste Mohamed Morsi ont été condamnés à mort pour des violences commises durant l’été. Le procès, expéditif, s’est déroulé à al-Minya (250 kilomètres au sud du Caire) sur fond de sanglante répression des islamistes en Égypte.

Quant à Abdel Fattah al-Sissi, ex-chef de l’armée égyptienne et favori pour l’élection présidentielle, il s’est montré intransigeant à l’occasion de sa première interview télévisée début mai, se présentant comme le rempart absolu contre les islamistes qu’il a chassés du pouvoir.

Nouvelliste et reporter à CKCV Québec et directeur de l’information à CFLS Lévis, dans les années 70, Jacques N. Godbout a aussi travaillé sur le terrain pour divers instituts de sondage. Intervieweur, animateur et recruteur, il a participé à plusieurs projets de recherche qualitative.

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