Afghanistan: Abdullah part favori pour le second tour de la présidentielle le 14 juin

0
Le candidat à la présidentielle afghane Abdullah Abdullah, le 26 avril 2014 à Kaboul (Archives/Wakil Kohsar/AFP)
Le candidat à la présidentielle afghane Abdullah Abdullah, le 26 avril 2014 à Kaboul (Archives/Wakil Kohsar/AFP)

C’est confirmé, le second tour de l’élection présidentielle en Afghanistan se jouera entre l’ex-ministre des Affaires étrangères Abdullah Abdullah, en posture idéale avec 45% des voix au premier tour, et l’économiste Ashraf Ghani, selon des résultats que viennent de publier les autorités électorales afghanes.

Selon les résultats définitifs du premier tour publiés jeudi, soit plus d’un mois après le vote, M. Abdullah a obtenu 45% des suffrages exprimés, soit plus de 13 points d’avance sur M. Ghani (31,6%).

Au premier tour, Abdullah Abdullah arrivait en tête devant Ashraf Ghani, avait déjà annoncé dimanche 13 avril la Commission électorale indépendante (IEC), sur la foi de résultats préliminaires.

Les Afghans avaient fait un pied de nez aux talibans en votant en nombre samedi 5 avril au premier tour de l’élection présidentielle malgré les menaces des talibans qui avaient appelé à boycotter cette élection et tenté d’en perturber le déroulement.

Toutefois, les preuves de fraudes au premier tour de l’élection présidentielle afghane s’accumulent, estimait aussi en avril la Commission des plaintes électorales (ECC), affirmant toutefois que le premier tour de vote avait été «moins frauduleux», que la précédente élection présidentielle, en 2009, entachée par des fraudes massives.

Cette élection, première passation de pouvoir d’un président afghan démocratiquement élu à un autre, est considérée comme un test majeur pour ce l’Afghanistan, en partie contrôlé par les talibans, et qui plongera dans l’inconnu après le retrait des 51.000 soldats de l’Otan d’ici à la fin de l’année.

Le scrutin désignera le successeur de Hamid Karzaï, seul homme à avoir dirigé l’Afghanistan depuis la chute des talibans en 2001 et qui ne pouvait briguer un troisième mandat selon la Constitution.

L’ancien ministre des Affaires étrangères Abdullah est en position de force pour l’emporter à l’issue du second tour, prévu le 14 juin.

D’autant plus qu’il a reçu dimanche le soutien de Zalmai Rassoul, un proche du président sortant, arrivé troisième au premier tour (11%). Ce ralliement pourrait lui permettre de ravir une partie de l’électorat pachtoune, la population la plus importante en Afghanistan, surtout dans le sud du pays où M. Abdullah, a réalisé ses plus mauvais scores.

Abdullah Abdullah était arrivé en deuxième position lors de la précédente présidentielle de 2009, mais s’était retiré en dénonçant des fraudes massives, entraînant la réélection de facto de M. Karzaï.

Le second tour aura donc lieu en pleine offensive des talibans qui, tel qu’ils l’avaient annoncé, les talibans afghans ont lancé lundi 12 mai leur offensive «annuelle» de printemps, multipliant plus que jamais les attaques à travers le pays, faisant au moins dix morts et endommageant même du matériel sur la base américaine de Bagram.

L’organisation d’un nouveau vote entre les deux hommes suscite toutefois des inquiétudes en Afghanistan. Si les talibans, qui ont lancé lundi leur offensive de printemps, n’ont pas réussi à perturber significativement le premier tour, ils pourraient redoubler d’efforts pour tenter de saboter le second.

Nouvelliste et reporter à CKCV Québec et directeur de l’information à CFLS Lévis, dans les années 70, Jacques N. Godbout a aussi travaillé sur le terrain pour divers instituts de sondage. Intervieweur, animateur et recruteur, il a participé à plusieurs projets de recherche qualitative.

Les commentaires sont fermés.