Angela Merkel, la maîtresse des cartes

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Angela Merkel lors du meeting de son parti CDU à Berlin, le 5 avril 2014 (Odd Andersen/AFP)
Angela Merkel lors du meeting de son parti CDU à Berlin, le 5 avril 2014 (Odd Andersen/AFP)

C’est un fait, l’Allemagne est devenue la capitale européenne par excellence pour tout ce qui a trait à la politique ou à l’économie.  

À vrai dire, ce n’est même plus un secret pour personne que ce n’est plus Bruxelles qui est le centre géopolitique de l’Europe, mais Berlin. À qui doit-on cet exploit? Sans contredit, à Angela Merkel!

En effet, Michel Sapin, le ministre français des finances, qui est-il allé consulter concernant les 50 milliards d’économie, avant même le peuple français? Angela Merkel et son collègue, Wolfgang Schäuble, ministre fédéral des finances. Dans la même veine, à qui pense le gouvernement polonais lorsqu’il craint les politiques et les actions expansionnistes de Vladimir Poutine? À Angela Merkel, une fois encore.

Dans les faits, ce n’est pas par hasard que tous les grands politiciens de ce monde convergent de concert vers Berlin. L’économie allemande est en parfaite santé, le chômage en baisse et des surplus impressionnants sont dégagés. De plus, il semblerait que la chancelière allemande soit bel et bien le seul pont possible pour les discussions  entre les Russes et les Occidentaux concernant la crise en Ukraine qui est à son plus mal, après de longs mois de conflits.

Aux dernières nouvelles, le gouvernement de Kiev reconnaissait d’ailleurs sa possible erreur après lancé une vaste offensive militaire contre des cellules d’insurgés dispersées à travers plusieurs bastions séparatistes.

Hier encore, notre grande dame se trouvait à Washington pour s’entretenir avec son homologue américain, Barack Obama, au sujet du dossier ukrainien et d’un possible accord de libre-échange avec les États-Unis. Cependant, il s’agit d’un dossier relativement chaud et complexe, sachant que toutes les décisions de la plus grande union économique du monde doivent se faire dans un certain consensus.

Et la NSA dans tout cela?

Contre toute attente, il n’y aurait pas eu la moindre parcelle de discussion relativement aux révélations controversées d’Edward Snowden sur le programme de surveillance de la NSA, en partenariat avec plusieurs organismes de renseignement à travers toute la planète. Pourtant, le dossier avait suscité un véritable tollé en Allemagne.

L’opportuniste ?

Selon Ulrike Guérot, ex-collaboratrice de Jacques Delors, «Le changement de centre de gravité est survenu par défaut avec la crise de l’euro. Chacun refilait la patate chaude à son voisin. L’Allemagne n’était pas habituée à jouer un tel rôle. Certes, les Allemands, notamment ceux qui travaillent à Bruxelles, ont compris, à tous les niveaux, qu’ils étaient importants, mais Mme Merkel n’a pas vraiment saisi le pouvoir qui lui était apporté sur un plateau.»

Le politologue allemand Ernst Hillebrand renchérit même: «Sans les problèmes sérieux de l’économie française et la faiblesse relative de l’Italie, l’Allemagne n’aurait pas le poids qu’elle a aujourd’hui.»

À ce que l’on peut constater, nombreux sont les observateurs à rabaisser le talent et à dénigrer la joute politique à laquelle Mme Merkel s’est livrée au cours de ses dernières années de pouvoir; à une certaine époque, toute sa garde rapprochée scandait haut et fort qu’elle était la seule dirigeante européenne à s’être rendue dans toutes les capitales européennes.

Et le bruit court que tout dirigeant européen nouvellement élu a le devoir d’être reçu à Berlin afin d’y rencontrer la maîtresse des cartes. C’est en tout cas ce qui se dit dans le milieu politique international!

Étudiant en Histoire et Civilisation à Bois-de-Boulogne, Simon Tardif-Loiselle est passionné par tout se qui se déroule sur la scène internationale. Il fait ses premiers pas en journalisme chez 45eNord.ca.

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