Chine: un attentat fait 31 morts et 94 blessés dans la région ouïghoure du Xinjiang

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Le Xinjiang, vaste région musulmane en Chine, est étroitement surveillée par les autorités  (Archives/Peter Parks/AFP/Getty Images)
Le Xinjiang, vaste région musulmane en Chine, est étroitement surveillée par les autorités (Archives/Peter Parks/AFP/Getty Images)

Un nouvel attentat a fait au moins 31 mort et 94 blessés ce jeudi 22 mai à Urumqi, capitale de la Région autonome ouïghoure du Xinjiang, au nord-ouest de la République populaire de Chined, nouveau signe de la radicalisation contre la tutelle chinoise d’une frange de la population locale, accusée par Pékin de «terrorisme» et d’islamisme.


Deux véhicules, sans plaques d’immatriculation, ont traversé les clôtures en bordure de route et frappé les gens sur un marché en plein air près de Renmin Park à 07h50 (heure locale) selon un communiqué publié par la Région autonome ouïgoure du Xinjiang, rapportait ce matin l’agence Chine Nouvelles, leurs occupants lançant des explosifs dans la foule.

Toujours selon l’agence chinoise, l’un des deux véhicules a finalement explosé.

L’heure matinale où s’est produit l’attentat est l’un des moments de la journée où les marchés chinois de primeurs et de viandes sont les plus fréquentés et beaucoup des blessés sont des personnes âgées qui fréquentent souvent le marché le matin.

En réponse à l’attaque, le président chinois Xi Jinping s’est engagé à punir sévèrement les terroristes et ne ménager aucun effort pour maintenir la stabilité, rapporte aussi l’agence officielle chinoise.

Le président chinois a demandé aux autorités locales de résoudre l’affaire rapidement et, toujours selon Chine Nouvelles, un groupe de travail dirigé par le ministre de la Sécurité publique Guo Shengkun est tout de suite partie pour la province du Xinjiang pour participer à l’enquête .

L’attentat intervient au lendemain de l’annonce selon laquelle 39 personnes interpellées au Xinjiang sous l’accusation d’avoir diffusé des «vidéos terroristes» avaient été condamnées cette semaine à de lourdes peines allant jusqu’à 15 ans de prison.

Le Xinjiang, région du Nord-Ouest de la Chine, est le théâtre de violences en nette recrudescence depuis plus d’un an, attribuées par Pékin à des «terroristes» ouïghours, séparatistes et fondamentalistes musulmans.

Pékin y a durci sa politique sécuritaire alors que se radicalisaient les rebelles ouïghours.

Les Ouïghours, musulmans turcophones, constituent la principale ethnie de cette vaste région semi-désertique mais riche en ressources minières, frontalière de plusieurs pays d’Asie centrale.

Les Han, Chinois «de souche», y ont afflué par millions ces dernières décennies, et les Ouïghours se disent harcelés par les autorités, oubliés par l’essor économique, et victimes d’une sévère politique répressive à l’encontre de leur religion et de leur culture.

*Avec Xinhua et AFP

Nouvelliste et reporter à CKCV Québec et directeur de l’information à CFLS Lévis, dans les années 70, Jacques N. Godbout a aussi travaillé sur le terrain pour divers instituts de sondage. Intervieweur, animateur et recruteur, il a participé à plusieurs projets de recherche qualitative.

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