Construction du brise-glace Diefenbaker, le chantier Davie veut qu’Ottawa rebrasse les cartes

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Le chantier maritime Davie à Lévis, sur la Rive-sud de Qiébec, a déjà été le plus important chantier naval du pays (Archives/Pierre-Olivier Fortin/WikiCommons)
Le chantier maritime Davie à Lévis, sur la Rive-sud de Qiébec, a déjà été le plus important chantier naval du pays (Archives/Pierre-Olivier Fortin/WikiCommons)

Devant les retards et dépassements de coût, le chantier naval Davie a présenté une offre au gouvernement fédéral pour construire le NGCC Diefenbaker, le futur brise-glace polaire du Canada, même si le contrat a déjà été accordé à Seaspan, rapporte cette semaine la télévision publique canadienne.
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Mise à jour au 31/05/2014 à 0h23

Finalement, le gouvernement fédéral décline l’offre du chantier naval Davie. La ministre des Travaux publics Diane Finley est catégorique: l’appel d’offres a été fait et la Davie ne s’est pas qualifiée, ajoutant qu’elle n’a pas été informée de graves problèmes dans ce dossier et que tout a été fait dans les normes.

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Ce sont les chantiers maritimes Irving à Halifax et Seaspan à Vancouver qui avait sélectionnés par Ottawa lors de l’attribution des contrats majeurs de construction des navires de guerre pour la Marine canadienne et du brise-glace polaire Diefenbaker pour la Garde côtière.

Prix ce consolation, ces chantiers ne pouvaient être en lice de nouveau et devaient céder la place aux autres.

Les chantiers qui n’avaient pas été vraiment en mesure de soumissionner pour les plus gros vaisseaux […] allaient avoir leur chance et pourraient alors, avaiut dit le ministre de la Défense de l’époque, Peter MacKay, «de profiter de la Stratégie nationale d’approvisionnement de la construction navale» à leur tour.

«Mais voilà que la construction du navire Diefenbaker, le plus grand et le plus puissant brise-glace de l’histoire canadienne, accuse maintenant plusieurs années de retard et fait face à des dépassements de coûts considérables», souligne le journaliste de Radio-Canada.

Les chantiers maritimes choisis ne pouvant tout simplement pas tout faire en même temps, navires de soutien interarmées pour la Marine royale canadienne et le brise-glace pour la Garde côtière, il fallait prendre une décision.

En octobre 2013, on apprenait que les navires de soutien interarmées de la Marine royale passeraient bien avant le brise-glace.

Le Secrétariat de la Stratégie nationale d’approvisionnement en matière de construction navale (SNACN) confirme aujourd’hui, su besoin était, que Vancouver Shipyards amorcera les travaux de construction des navires de soutien interarmées, suivis par la construction du brise-glace polaire Diefenbaker, rapporte aujourd’hui Radio-Canada.

Les cartes rebrassées?

Le concept du nouveau brise-glace polaire, le NGCC John G. Diefenbaker (Archives/ NCC)
La mise à l’eau du bateau qui était prévue pour 2017 est officiellement reportée de trois ans, «Mais des sources confirment qu’au rythme où vont les choses, le Diefenbaker pourrait même ne pas être livré avant 2025, soit huit ans plus tard que prévu», révèle aussi le journaliste de Radio-Canada, qui précise le budget, lui «a bondi de 720 millions de dollars, à 1,3 milliard de dollars.»

Dans les circonstances, les cartes devraient être rebrassées, semble estimer le chantier Davie qui, révèle le reportage de la télévision publique canadienne, «a ouvert discrètement un nouveau bureau à Ottawa [et]affirme pouvoir commencer les travaux rapidement et à moindres coûts pour les contribuables.

Le chantier de la Davie n’avait jamais renoncé à construire les navires de la Garde côtière et, aujourd’hui, il propose même de livrer le Diefenbaker dans les délais et les budgets initiaux.

«Nous pouvons construire le brise-glace polaire, ici, aujourd’hui, selon le budget initial », affirme Alex Vicefield, PDG de la société-mère de Davie, le groupe Inocea, cité par Radio-Canada.

Le chantier Davie, à Lévis, sur la Rive-Sud de Québec, a déjà été le plus important chantier naval au pays.

Fondé en 1825, il possède encore la plus grande cale sèche disponible au sein de l’industrie navale canadienne.

Au début des années 90, le chantier Davie avait procédé à l’inauguration de frégates appartenant à la Marine canadienne qui avaient alors été construites et assemblées en partie à Lévis.

Le chantier maritime de la Davie avait déclaré faillite en 2010, mais a été été repris depuis.

Construire le Diefenbaker représenterait 1.500 emplois additionnels pour le chantier de Lévis où s’activent déjà 750 travailleurs, construisant notamment des navires pour l’industrie pétrolière.

Ce qui est important pour le gouvernement canadien, c’est de s’assurer que les processus sont transparents et que les contribuables sont gagnants», a déclaré pour sa part le ministre conservateur et député de Lévis-Bellechase Steven Blaney, cité dans le reportage de Radio-Canada, ajoutant néanmoins que le chantier Davie est en train de démontrer qu’il a « la capacité et l’expertise de construire des navires de qualité au pays».

Nouvelliste et reporter à CKCV Québec et directeur de l’information à CFLS Lévis, dans les années 70, Jacques N. Godbout a aussi travaillé sur le terrain pour divers instituts de sondage. Intervieweur, animateur et recruteur, il a participé à plusieurs projets de recherche qualitative.

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