Crime d’honneur au Pakistan: vague d’indignation

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Une voiture de la police pakistanaise à Lahore(Archives/Arif Ali/AFP)
Une voiture de la police pakistanaise à Lahore (Archives/Arif Ali/AFP)

Un nouvel élément dans le dossier de Farzana Parveen, la Pakistanaise enceinte qui a été lapidée par sa propre famille devant des policiers à coups de briques, a refait surface. Son mari a admis aujourd’hui avoir assassiné sa première épouse.

En effet, il a affirmé avoir assassiné sa première épouse par strangulation par «amour» pour Farzana. Le fils du couple avait à l’époque porté plainte contre son père, mais l’avait entre pardonné en échange du versement du «prix du sang». Celui-ci avait alors recouvert sa liberté. Il a ensuite convaincu Farzana de l’épouser, mais la famille de celle-ci avait exigé le versement d’une dot plus généreuse, ce que Mohammad Iqbal a refusé.

Malgré le refus de la famille, le couple s’est tout de même marié. Il est important de souligner dans cette histoire que c’est par la jeune femme que la famille s’est sentie «déshonorée» et non par le mari.

Consternation

Des activistes ont manifesté aujourd’hui à Islamabad afin de dénoncer les crimes d’honneurs.

Le ministre canadien des Affaires étrangères, John Baird, a déclaré mercredi que :«De tels événements se produisent trop souvent au Pakistan, où, selon certaines estimations, plus de 800 femmes ont été victimes de soi-disant crimes ‘d’honneur’ en 2013. Il est inacceptable que le monde assiste impassible aux actes de brutalité et de barbarie qui visent les plus vulnérables. […] «Le fait que ce crime ait été commis publiquement, devant la Haute Cour du Pakistan, est encore plus révoltant.»

Il a également demandé au gouvernement du Pakistan de respecter ses obligations internationales au chapitre des droits de la personne.

Le Pakistan compte le triste bilan de près de 1.000 femmes et adolescentes tuées l’an dernier pour avoir «déshonoré» leur famille, selon la Commission nationale des droits de l’homme qui dénonce «l’impunité» des assassins.

Passionné de politique, d'actualité et d'histoire depuis l'adolescence, Simon Bossé-Pelletier s'intéresse particulièrement aux relations internationales, à l'histoire militaire et au travail journalistique en situation de conflit.

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