Crise en Thaïlande: l’armée décrète la loi martiale

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Des milliers de personnes manifestent le 5 janvier 2014 à Bangkok pour réclamer la chute du gouvernement (Pornchai Kittiwongsakul/AFP)
Des milliers de personnes manifestent le 5 janvier 2014 à Bangkok pour réclamer la chute du gouvernement (Pornchai Kittiwongsakul/AFP)

Bangkok – L’armée thaïlandaise a décrété mardi la loi martiale dans le royaume marqué par des mois de crise politique et des manifestations anti-gouvernementales qui ont fait 28 morts et des centaines de blessés.

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Mise à jour au 23/05/2014

L’armée thaïlandaise, sous pression pour une levée rapide de la loi martiale, a organisé mercredi 21 mai une première réunion inédite entre les acteurs de la crise politique, pour empêcher le royaume divisé de devenir une autre «Ukraine».

Puis, la junte qui a pris le pouvoir en Thaïlande a convoqué de nouveau vendredi 23 mai et interdit de sortie de territoire de nombreux anciens dirigeants, dont l’ex-Première ministre, Yingluck Shinawatra.

«Au total, 155 personnes sont interdites de voyage à l’étranger, sauf autorisation» du nouveau régime militaire, «à des fins de maintien de la paix et de l’ordre», a déclaré un porte-parole militaire.

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Déclarer la loi martiale n’est pas un coup d’Etat, mais vise à restaurer la paix et l’ordre public, assure l’armée dans cette annonce faite au petit matin sur la télévision contrôlée par les militaires.

L’armée thaïlandaise avait déjà menacé jeudi dernier d’intervenir dans la crise, après la mort de trois nouveaux manifestants dans une attaque à la grenade en plein Bangkok.

Le public ne doit pas paniquer et continuer à vivre sa vie normalement, appelle l’armée dans son annonce mardi matin.

L’opposition affirme être dans sa dernière ligne droite contre le gouvernement intérimaire, avec la récente destitution de la Première ministre Yingluck Shinawatra. Ils l’accusaient d’être la marionnette de son frère, Thaksin Shinawatra, destitué par un coup d’Etat en 2006, aujourd’hui en exil.

Les Chemises rouges, puissant mouvement rassemblant les partisans du gouvernement, nombreux parmi la population rurale du nord et du nord-est du pays, ont mis en garde l’opposition contre un risque de guerre civile si l’opposition s’obstinait à vouloir faire tomber ce qui reste du cabinet.

Les manifestants d’opposition, qui campent devant le siège du gouvernement, réclament la nomination d’un Premier ministre neutre et repoussent sine die la tenue d’élections, suscitant des inquiétudes quant à leurs aspirations démocratiques.

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