Crise ukrainienne: première visite de Poutine en Crimée pour la Fête de la victoire

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Le défilé pour la Fête de la Victoire, le 9 mai 1945 à Moscou (Présidence russe)
Le défilé pour la Fête de la Victoire, le 9 mai 1945 à Moscou (Présidence russe)

Vladimir Poutine est arrivé ce vendredi 9 mai en après-midi en Crimée après le défilé militaire de la Place Rouge, pour y célébrer le 69e anniversaire de la Victoire et le 70e anniversaire de la libération de la Crimée des nazis.

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Mise à jour au 09/05/2014

Le gouvernement ukrainien a dénoncé la visite du président russe comme une «violation flagrante de la souveraineté ukrainienne», qui prouve que «la Russie ne veut pas rechercher d’issue diplomatique».

Par ailleurs, une soixantaine d’insurgés équipés d’armes automatiques ont attaqué le siège local de la police à Marioupol, a annoncé le ministre ukrainien de l’Intérieur, Arsen Avakov, sur sa page Facebook, indiquant que les affrontements ont fait 20 morts parmi les assaillants et un parmi les policiers.

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Selon le Service fédéral des migrations de Russie (FMS), cité par l’agence russe Ria Novosti, environ 64.000 vétérans et invalides de guerre résident en Crimée dont 9.851 à Sébastopol.

Peuplée de russophones, la Crimée a été rattachée en 1954 à l’Ukraine soviétique sur décision de Nikita Khrouchtchev, premier secrétaire du parti communiste de l’URSS. Après la chute de l’URSS en 1991, la Crimée est restée au sein de l’Ukraine qui était alors encore dans l’orbite russe bien qu’indépendante.

Ce n’est qu’après que les pro-occidentaux se soit emparés du pouvoir le 22 février à Kiev que la Crimée a tenu un référendum sur son statut politique le 16 mars où une majorité écrasante pour le rattachement de la Crimée et de Sébastopol à la Russie.

C’était aujourd’hui la première visite du président russe depuis depuis que le rattachement en mars dernier de cette république à la Russie en dépit de l’indignation que cela avait provoqué chez les puissance occidentales a déclenché un retour aux pires heures de la Guerre froide.

À Sébastopol, le chef du Kremlin a félicité la flotte russe de la mer Noire et les habitants de la ville et participé à une cérémonie de dépôt de gerbes devant le monument aux défenseurs de Sébastopol. Il doit se rendre également à la cathédrale Saint-Vladimir de Sébastopol et assistera à un concert prévu pour ce vendredi soir.

Les autorités russes n’avaient pas annoncé d’avance cette visite dans la république de Crimée et à Sébastopol le 9 mai.

Plusieurs pays occidentaux, qui ne reconnaissent pas le rattachement de la Crimée à la Russie et s’oppose à la politique russe à l’égard de l’Ukraine, avaient toutefois critiqué l’intention de la Russie de tenir des défilés militaires en Crimée. La chancelière fédérale allemande Angela, notamment, a déploré la décision de Moscou d’organiser un défilé militaire alors que la situation reste tendue en Ukraine.

La presse russe dans l’après-midi l’arrivée du président à Sébastopol, base historique de la Flotte russe de la mer Noire, où il devrait assister à une parade militaire notamment maritime et aérienne.

Vendredi matin, avant son départ pour la Crimée, Vladimir Poutine a salué la «force toute-puissante du patriotisme» russe lors de la parade militaire de 11.000 hommes et de dizaines de blindés, lance-missiles, hélicoptères et bombardiers lourds à Moscou commémorant la victoire de 1945 sur l’Allemagne nazie.

«La volonté de fer du peuple soviétique, son courage et sa fermeté ont sauvé l’Europe de l’esclavage», a lancé le chef du Kremlin à cette occasion. «C’est notre pays qui a traqué les fascistes jusque dans leur tanière, a obtenu leur défaite complète et définitive, a vaincu au prix de millions de victimes et de terribles épreuves».

La crise en Ukraine n’a cessé de dégénérer avec l’extension de violents troubles dans l’est de l’Ukraine, faisant craindre une véritable guerre civile, mais, mercredi, le président russe, qui avait juré auparavant de défendre les droits des minorités russes, où qu’elles se trouvent, avait adopté un ton plus conciliant et proposé un scénario de «dialogue» prévoyant l’arrêt de l’opération militaire ukrainienne en cours dans l’Est en échange d’un report du référendum sur l’indépendance prévu dimanche 11 mai dans l’est du pays.

Mais les insurgés dans l’Est ukrainien ont décidé jeudi de maintenir cette consultation se préparaient aujourd’hui, vendredi, au référendum de dimanche destiné à officialiser leur séparation avec le reste de l’Ukraine et préparer un éventuel rattachement à la Russie

De son côté, le gouvernement ukrainien a de répété jeudi qu’il n’avait nullement l’intention de mettre un terme à son opération militaire, engagé depuis le 2 mai et qui a déjà fait des dizaines de morts.

Sur le terrain, à Slaviansk, bastion des insurgés, des tirs et des détonations ont été entendus dans la nuit et trois blindés légers, dont un avec drapeau russe, ont défilé vendredi matin dans le centre ville, dont la place centrale était noire de monde.

Dans la région de Lougansk une quarantaine d’hommes armés ont tenté jeudi soir de prendre d’assaut un poste-frontière en lançant des cocktails molotov, mais ont battu en retraite après que des garde-frontières ont ouvert le feu, rapporte l’agence russe Interfax.

La tension demeure vive en Ukraine à l’approche du scrutin présidentiel anticipé du 25 mai, qui doit permettre l’élection du successeur du président pro-russe Viktor Ianoukovitch, destitué par les nouvelles autorités ukrainiennes arrivées au pouvoir au terme d’une révolte populaire dans l’Ouest du pays.


Le président russe Vladimir Poutine évoque la défense héroïque de Sébastopol au défilé de la Fête de la Victoire, ce 9 mai 2014 (Vidéo: Euronews)

Nouvelliste et reporter à CKCV Québec et directeur de l’information à CFLS Lévis, dans les années 70, Jacques N. Godbout a aussi travaillé sur le terrain pour divers instituts de sondage. Intervieweur, animateur et recruteur, il a participé à plusieurs projets de recherche qualitative.

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