De comptage en recomptage, pas encore de Premier ministre pour la Libye

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Des drapeaux dans les rues de Tripoli à l'occasion du troisième anniversaire du début de la révolution en Libye, le 16 février 2014 (Mahmud Turkia/AFP)
Des drapeaux dans les rues de Tripoli à l’occasion du troisième anniversaire du début de la révolution en Libye, le 16 février 2014 (Mahmud Turkia/AFP)

La Libye est toujours sans Premier ministre, la présidence du Parlement ne reconnaissant pas l’élection de l’homme d’affaires et politique originaire de Misrata, Ahmed Miitig qui, au fil des comptages et recomptages, a été successivement, défait, élu, puis finalement défait.

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Mise à jour au 05/05/2014 À 16h00

Le chef du Parlement libyen a finalement confirmé ce lundi 5 mai la nomination d’Ahmed Miitig comme Premier ministre après un imbroglio rocoambolesque  révélant les luttes d’influence entre islamistes et libéraux trois ans après la chute du régime Kadhafi.

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Le plus ironique dans cette rocambolesque histoire étant qu’Ahmed Miitig a eu le temps de prêter serment et d’être premier ministre quelques heures avant d’être de nouveau défait.

Le premier vice-président du Parlement libyen, Ezzeddine al-Awami, avait annoncé initialement la levée de la séance après l’échec du Congrès à réunir les 120 voix requises pour donner sa confiance au Premier ministre,

Mais des députés ont réclamé la poursuite des négociations pour tenter de convaincre des députés de donner leur confiance à Miitig et attendre d’autres députés qui étaient alors absents.

Le second vice-président du Congrès Salah Al-Makhzoum a alors annoncé l’élection d’Ahmed Miitig avec 121 voix.

D’autres députés ont alors contesté le nouveau comptage, affirmant que le premier résultat annoncé de 113 voix avait déjà été validé et la séance levée.

Miitig est alors arrivé rapidement au Congrès où il a prêté serment, devant les caméras de la télévision nationale, devenant premier ministre jusqu’à ce que, finalement, le premier vice-président du CGN, Al-Awami, annonce une nouvelle fois que le Congrès ne reconnaissait pas l’élection de Mittig…en fin de compte.

Miitig n’ayant obtenu que 113 votes, moins que les 120 voix requises, Ezzeddine al-Awami, qui assure l’intérim en l’absence du président du CGN, Nouri Abou Sahmein, qui se trouve à l’étranger, a déclaré de nouveau qu’il n’avait pas réuni le nombre de voix requis pour obtenir la confiance du Congrès général national (CGN).

Dans une lettre adressée aux membres du CGN, Al-Awami a affirmé clairement que l’élection de Miitig est nulle et illégale.

Il a donc demandé au chef du gouvernement intérimaire actuel, Abdallah al-Theni, de continuer à gérer les affaires courantes jusqu’à la nomination d’un nouveau Premier ministre.

Et le porte-parole du cabinet sortant, Ahmed Lamine, a indiqué pour sa part à la télévision de Libya Al-Ahrar, une chaîne de télévision privée libyenne, que le gouvernement allait appliquer les directives qui lui sont parvenues de la présidence du Congrès.

La Libye est sans Premier ministre depuis que, critiqué pour l’insécurité et la crise pétrolière qui touchent la Libye, le Premier ministre Ali Zeidan a été désavoué mardi 11 mars par le CGN.

Le 8 avril Abdallah Al-Theni, qui avait remplacé provisoirement Zeidan le 11 mars, avait bien été chargé par le Parlement de former un nouveau gouvernement, mais il avait annoncé mi-avril dans un communiqué qu’il démissionnait de son poste, après avoir été victime selon lui d’une attaque armée la veille.

Depuis la chute du régime du colonel Mouammar Kadhafi en 2011, la Libye est confrontée à une forte instabilité politique, des tendances séparatistes et à des violences incontrôlées dans un contexte de prolifération des armes, qui empêchent tout essor économique.

Illustration éloquente de la situation du pays, le 29 avril, alors le Parlement se préparait à élire un nouveau chef de gouvernement, plusieurs hommes armés avaient attaqué les locaux du Congrès général national.

Nouvelliste et reporter à CKCV Québec et directeur de l’information à CFLS Lévis, dans les années 70, Jacques N. Godbout a aussi travaillé sur le terrain pour divers instituts de sondage. Intervieweur, animateur et recruteur, il a participé à plusieurs projets de recherche qualitative.

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