Dernière conférence sur le génocide au Rwanda pour Roméo Dallaire

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Le sénateur et ancien lieutenant-général Roméo Dallaire (Photo: Nicolas Laffont/45eNord.ca)
Le sénateur et ancien lieutenant-général Roméo Dallaire (Archives/Nicolas Laffont/45eNord.ca)

Le lieutenant-général Roméo Dallaire, accompagné de sa femme Élizabeth et de son fils, était en conférence ce jeudi 22 mai au Peps de l’Université Laval. Les médias, ainsi que quelques centaines de personnes, étaient invités à venir assister à l’unique conférence sur le génocide au Rwanda.

Lors de cette soirée, Roméo Dallaire a commémoré l’ampleur du génocide au Rwanda qui a été, sans aucun doute, le plus grand massacre d’êtres humains depuis l’Holocauste. Le 6 avril 1994 restera gravé dans la mémoire de ce grand homme qui, lors de ce drame humain, avait commandé la mission d’assistance des Nations unies. Vingt ans se sont écoulés depuis, mais le lieutenant-général Dallaire croit encore aujourd’hui que non seulement le génocide n’a pas été évité, mais que rien n’a été fait pour essayer d’arrêter cette tragédie.

Invité lors de cette soirée, le ministre de l’éducation Yves Bolduc a remercié le lieutenant-général Roméo Dallaire pour son implication via sa fondation, qui a pour mission d’aider les jeunes issus de milieux défavorisés des régions de Québec et Lévis. De plus, le directeur de l’Université Laval, Denis Brière, a clairement démontré qu’il était très heureux que M. Dallaire ait répondu à son invitation pour cet événement.

Le début d’une belle soirée

Cette soirée a débuté sur des airs rwandais, par une prestation de danse exécutée par le groupe Umurage formé principalement de jeunes originaires du Rwanda. S’en est suivi un témoignage de Éloge Butera, survivant du génocide au Rwanda de 1994, qui soit dit en passant, était riche en émotion et qui, de même, a été applaudi vigoureusement par le public. Un extrait du film «J’ai serré la main du diable», réalisé par Roger Spottiswoode, mettant en vedette le comédien Roy Dupuis et tiré du livre du même nom écrit par le lieutenant-général Roméo Dallaire, a ensuite été diffusé devant un public visiblement très attentif.

Le lieutenant-général Dallaire a pris part au déroulement de la soirée en débutant par ses remerciements et tout spécialement envers les membres des Forces armées canadiennes, qui étaient présents sur place. Il a ensuite enchaîné avec sa conférence intitulée «20 ans plus tard», qui fut très appréciée par l’audience.

En conférence de presse

Lors de la conférence de presse devant les médias, M. Dallaire a précisé, de façon posée et directe, que malgré la situation critique qui persistait au Rwanda lors du génocide, les Nations unies n’ont pas agi assez rapidement et agressivement pour arrêter ce massacre. De plus, il a expliqué que s’il n’a pas livré certaines informations primordiales face aux enquêtes faites sur le terrain, lors de l’écriture de son livre dans les années 2000, c’est qu’il ne possédait pas toutes les informations complémentaires qu’il a recueillies jusqu’à présent. À ce jour, il avoue être en mesure d’éclaircir certains faits et ce, publiquement.

«C’était la dernière fois que je me concentrais sur le génocide au Rwanda, ainsi que tout ce qui est arrivé là-bas, sur le terrain. Maintenant, j’œuvre et ce, depuis plusieurs années, sur la prévention du génocide. Par contre, je n’en ferai pas un livre», a indiqué le lieutenant-général Dallaire. Il a spécifié que le Canada devrait à présent se concentrer en République centrafricaine.

Dans un article publié antérieurement, le lieutenant-général Roméo Dallaire avait déclaré: «J’ai promis de ne jamais laisser le souvenir du génocide rwandais s’éteindre, j’ai senti qu’il était de mon devoir, en tant que témoin, de parler de ce génocide et de faire en sorte qu’il reste gravé dans les mémoires.»

Nathalie Corneau était blogueuse, conceptrice et recherchiste pour un blogue sur les militaires canadiens entre 1999 et 2010. De 2010 à 2012, elle a agit comme rédactrice en chef-journaliste et chroniqueuse pour le journal du CFV Valcartier. Elle réalise différents mandats de journalisme pour la communauté militaire depuis 1993, ce qui lui confère une vaste expérience en ce domaine qui l’a toujours attirée.

DiscussionUn commentaire

  1. Eric De Bock

    Surpris!!! je le suis toujours, par l'avis des nord américains sur leur politique dans le monde!! Sur l'ambition de l'anglosphère, je ne vous donne pas tort. Par contre concernant l'armée française , je ne vous suis pas. De l'indochine, à l'algérie, en passant par le rwanda, cette armée est une des plus décriée au monde!!!. Au moins l'armée US a eu le mérite de rendre public les dérives internes en Afghanistan et en Irak, mais chez les français…Rien!! Or je peux vous confirmer qu'il y a eu bien des dérives au Rwanda, encouragées au plus haut niveau de pouvoir. Je vous rappelle que la famille du président Mitterand étaient des intimes des Habyarimanas. La Françe via son armée a fourni toute ses ressourses à un pays qu'elle pensait défendre envers et contre tout avant de réaliser trop tard les "drôles de méthodes utilisées par ses protégés" Là se trouve cette faute morale qu'elle nie jusqu'ici. Je vous rappelle que TOUTES les puissances impliquées à l'époque, USA, Belgique ONU ont présentés leurs excuses au peuple rwandais sauf..la France!!
    Je vous rappelle aussi que la France avait délégué un juge d'instruction spécial (Juge Brugière) qui avait incriminé le Président Kagamé comme auteur de l'attentat contre l'avion présidentiel. Dix ans après, il a été démontré que l'enquête était dirigée par des motifs politiques et ne reposait que sur des accusations de personnes dignes de peu de foi.
    Le nouveau juge qui a repris l'enquête a bien démontré que les missiles étaient partis du camps des militaires Rwandais et pas du camp de KAGAME. Si vous suivez l'actualitée, vous saurez aussi qu'une instruction judiciaire a été lancée contre un ancien gendarme français, le capitaine Baril , homme chergé de la protection antiteroriste de l'élisée du temps de Mitterand et qui est soupconné d'avoir abattu l'avion présidentiel de Habyarimana.!!!
    Voilà les faits chère madame. Et pour ne pas mourrir loin de la véritée, prenez le temps de faire une recherche Wikipedia sur PAUL BARRIL, Meilleurs salutations de l'autre côté de l'Atlantique!!