Égypte: 102 islamistes condamnés à 10 ans de prison, report de la cause du journaliste canado-égyptien

0
Les deux policiers Mahmoud Saleh et Awad Ismaïl lors de leur procès, le 3 mars 2014 à Alexandrie, en Egypte. (Khaled Desouki/AFP)
Procès en Égypte. (Archives/Khaled Desouki/AFP)

Ils sont 102 partisans de l’ancien président égyptien Mohamed Morsi a avoir été condamné samedi à 10 ans de prison par un tribunal du Caire pour des manifestations violentes.

Depuis la destitution et l’arrestation de M. Morsi par l’armée en juillet 2013, des milliers de ses partisans ont été emprisonnés, et des centaines d’entre eux ont été condamnés à mort ou à de lourdes peines dans des procès de masse.

La semaine dernière, un tribunal de Minya, au sud du Caire, a condamné à mort 683 personnes, dont le guide suprême des Frères musulmans Mohamed Badie, à l’issue de procès expéditifs que l’ONU a dénoncé comme des procès de masse sans précédent dans l’Histoire récente du monde.

Journalistes, bonne Journée mondiale de la liberté de la presse

Peter Greste, journaliste australien d’Al-Jazeera emprisonné depuis plus de quatre mois, a dénoncé une immense injustice lors d’une nouvelle audience au Caire du procès de journalistes de la chaîne qatarie accusés de soutien aux islamistes.

«Nous relevons l’importance de la coïncidence qui fait que cette audience se tienne (ce samedi), Journée mondiale de la liberté de la presse. C’est un message très clair», a-t-il ajouté depuis la cage des prévenus lors de cette audience de routine.

Au total, huit détenus sont jugés, ainsi que 12 autres personnes par contumace. Parmi eux, 16 Egyptiens sont accusés d’appartenir à une organisation terroriste -les Frères musulmans- et quatre étrangers de leur avoir fourni argent, équipements et informations pour diffuser de fausses nouvelles et faire croire à une guerre civile en Egypte.

Ayant été autorisé par le juge à sortir de sa cage (car les prisonniers sont détenus dans des cages lors du procès),  le directeur égypto-canadien du bureau de la chaîne au Caire Mohamed Fadel Fahmy a expliqué au juge le travail d’un journaliste.

Il a ainsi indiqué que le travail inclue de rencontrer des gens de tous bords et qu’il a de très bonnes «relations avec la sécurité de l’État, avec l’armée et avec les renseignements» en plus d’avoir rencontré l’opposition.

Répondant à une question du juge sur une possible couverture des prochaines élections, M. Fahmy lance un «Sortez-moi juste d’ici et je ne couvrirai même pas les élections».

La prochaine audience a été fixée au 15 mai.

Mohamed Fahmy a remporté  le Prix mondial de la liberté de presse et a déclaré à cette occasion que «cette marque de reconnaissance, en plus de nous réjouir, a remonté le moral de mes deux collègues et compagnons de cellule. Je crois fermement que les pressions diplomatiques, ajoutées aux efforts déployés par les défenseurs de la liberté de presse, envoient un message clair au tribunal chargé de nous juger.»

Fondateur de 45eNord.ca, Nicolas est passionné par la «chose militaire». Il suit les Forces armées canadiennes lors d'exercices ou d'opérations, au plus près de l'action. #OpNANOOK #OpATTENTION #OpHAMLET #OpREASSURANCE #OpUNIFIER #OpIMPACT #OpLENTUS

Les commentaires sont fermés.