Égypte: après les Frères musulmans, au tour d’Ansar Beit Al-Maqdess

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Le groupe terroriste égyptien Ansar Beit Al-Maqdess (Archives/Al-Arham)
Le groupe terroriste égyptien Ansar Beit Al-Maqdess (Archives/Al-Arham)

Après les Frères musulmans, au tour d’un autre groupe islamiste de subir un procès de masse en Égypte où les autorités ne font pas dans la dentelle dans leur lutte contre les groupes islamistes.

Depuis la destitution et l’arrestation de M. Morsi par l’armée en juillet 2013, des milliers de ses partisans ont été emprisonnés, et des centaines d’entre eux ont été condamnés à mort ou à de lourdes peines dans des procès de masse.

Début mai, 102 partisans de l’ancien président égyptien Mohamed Morsi a avoir été condamné samedi à 10 ans de prison par un tribunal du Caire pour des manifestations violentes.

Le 28 avril, un tribunal de Minya, au sud du Caire, a condamné à mort 683 personnes, dont le guide suprême des Frères musulmans Mohamed Badie, à l’issue de procès expéditifs que l’ONU a dénoncé comme des procès de masse sans précédent dans l’Histoire récente du monde.

Le 24 mars, 529 partisans de l’ancien président islamiste Mohamed Morsi ont été condamnés à mort pour des violences commises durant l’été. Le procès, expéditif, s’est déroulé à al-Minya (250 kilomètres au sud du Caire) sur fond de sanglante répression des islamistes en Égypte.

Cette fois, ce ne sont pas de simples partisans que le Procureur général de l’Égypte a référé devant un tribunal pénal ce samedi 10 mai, mais 200 membres présumés du groupe extrémiste Ansar Beit Al-Maqdess portant contre eux des accusations d’avoir commis des actes terroristes, rapporte le journal pro-gouvernemental égyptien Al-Arham.

Ce groupe, dont le nom signifie «Les Partisans de Jérusalem» en arabe, a été formé après la révolte de 2011 en Égypte qui a chassé du pouvoir le président Hosni Moubarak, et focalisait alors ses attaques contre Israël vers lequel il a effectué plusieurs tirs de roquette.

Mais, depuis l’éviction du président islamiste Mohamed Morsi le 3 juillet dernier, les attaques des militants contre les forces de sécurité intensifiées et le groupe militant affilié à Al-Qaïda a revendiqué la responsabilité de nombreux attentats à la bombe et d’autres attaques qui ont eu lieu en Égypte même au cours des dernières mois.

Initialement concentrée dans la péninsule du Sinaï, la violence militante s’est depuis étendue au delta du Nil, y compris à la capitale égyptienne Le Caire.
Selon les autorités égyptiennes, ces attaques ont fait jusqu’ici quelque 500 morts, en grande majorité des policiers et des soldats.

Ansar Beit al-Maqdess, le groupe jihadiste le plus actif en Égypte est le fer de lance de ces attaques contre les forces de l’ordre devenues maintenant quasi-quotidiennes.

Sur les 200 accusés de ce premier procès de masse cintre les membres de ce grouope, , 102 sont actuellement en détention.
Ils devront répondre de l’assassinat d’au moins trois hauts gradés, dont un général de la police et d’attaques contre des QG de la police au Caire, dans le delta du Nil et dans le Sinaï.

Le 14 avril dernier , la «Cour pour les questions urgentes» avait officiellement désigné Ansar Beit Al-Maqdess comme une organisation terroriste.

Et la semaine dernière, Abdel Fattah al-Sissi, ex-chef de l’armée égyptienne et favori pour l’élection présidentielle, s’est montré intransigeant à l’occasion de sa première interview télévisée, se présentant comme le rempart absolu contre les islamistes qu’il a chassés du pouvoir.

Nouvelliste et reporter à CKCV Québec et directeur de l’information à CFLS Lévis, dans les années 70, Jacques N. Godbout a aussi travaillé sur le terrain pour divers instituts de sondage. Intervieweur, animateur et recruteur, il a participé à plusieurs projets de recherche qualitative.

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