Égypte, procès des islamistes: seul le «menu fretin» s’en tire…parfois!

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Portrait du président islamiste Mohamed Morsi destitué par l'armée, durant son procès, le 8 mai 2014 (Archives/Tarek El-Gabass/AFP)
Portrait du président islamiste Mohamed Morsi destitué par l’armée, durant son procès, le 8 mai 2014 (Archives/Tarek El-Gabass/AFP)

Après avoir condamnés dimanche 18 mai 126 partisans du président islamiste Mohamed Morsi destitué par l’armée, la justice égyptienne, ce lundi 19 mai, a acquitté 169 partisans du président déchu accusés de violences, mais en a condamné 60 autres, en plus de maintenir la peine de mort d’un accusé condamné en mars dernier.

Le Tribunal des délits mineurs de Bab al-Shaariya a acquitté 169 islamistes accusés de violence dans le quartier de Bab al-Shaariya lors de la dispersion des manifestants qui campaient sur les site de Rabaa al-Nahda et Adaweya en août 2013.
 
Ils étaient poursuivis pour avoir participé aux émeutes survenues le 14 août au Caire, au moment de la dispersion sanglante par les forces de sécurité des centaines de pro-Morsi qui occupaient deux places de la capitale pour réclamer le retour au pouvoir du chef d’État destitué.

Ils étaient accusés de ne pas avoir respecté le couvre-feu, de violences et d’avoir participé aux émeutes.

Par ailleurs, le Tribunal pénal d’Alexandrie a confirmé ce lundi le verdict d’un islamiste condamné à mort pour avoir jeté des enfants du haut d’un toit d’un immeuble dans la ville côtière en juillet dernier, deux jours après la destitution de Mohamed Morsi.

En mars, le tribunal a condamné à mort Mahmoud Hassan Abdel-Naby , dont le verdict vient d’être confirmé, et Abdullah El- Ahmady pour homicide involontaire coupable, brutalité, violence, possession illégale d’armes et trouble de l’ordre public .

La peine de mort contre El-Ahmady avait été commuée en prison à vie à la demande du Grand Mufti, la plus haute autorité religieuse égyptienne. .

Ont aussi été condamnés à ce procès à des poines allant de l’emprisonnement à perpétuité à 10 ans de prison 60 autres accusés, membres des Frères musulmans, pour comportements violents et de brutalité à Sidi Gaber le 5 juillet 2013.

Seul le «menu fretin» s’en tire

Depuis la destitution et l’arrestation de M. Morsi par l’armée en juillet 2013, les autorités égyptiennes ne font pourtant pas pas dans la dentelle. Même si des des islamistes contre qui pèsent les accusations les moins graves peuvent être acquittés, sur les milliers de partisans pro-Morsi qui ont été arrêtés et emprisonnés, des centaines d’entre eux ont été condamnés à mort ou à de lourdes peines dans des procès de masse.

Seul le «menu fretin», visé par les accusations les moins graves s’en tire parfois, et encore, après de longs mois de détention.

Hier encore, à une semaine de la présidentielle prévue les 26 et 27 mai, la pluie de condamnations n’avait pas cessé de s’abattre sur les partisans du président islamiste déchu, Mohamed Morsi, et 126 de ses partisans ont été déclarés coupables d’accusations liées aux émeutes d’août dernier.

Fin mars, 529 condamnations à mort, fin avril, 683 condamnations à mort, début mai, 102 condamnations, à 10 ans de prison, mais, aujourd’hui, 169 acquittement.

Cela pourrait bien toutefois n’être qu’une simple éclaircie. Abdel Fattah al-Sissi, ex-chef de l’armée égyptienne et favori pour l’élection présidentielle, il s’est montré toujours aussi intransigeant lors de de sa première interview télévisée début mai, se présentant comme le rempart absolu contre les islamistes qu’il a chassés du pouvoir.

Nouvelliste et reporter à CKCV Québec et directeur de l’information à CFLS Lévis, dans les années 70, Jacques N. Godbout a aussi travaillé sur le terrain pour divers instituts de sondage. Intervieweur, animateur et recruteur, il a participé à plusieurs projets de recherche qualitative.

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