Nucléaire iranien: début de la phase critique des discussions

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Réacteur nucléaire à eau lourde à Arak, en Iran, le 26 août 2006 (Archives/Atta Kenare/AFP)
Réacteur nucléaire à eau lourde à Arak, en Iran, le 26 août 2006 (Archives/Atta Kenare/AFP)

Depuis mardi 13 mai, à Vienne, les grandes puissances et l’Iran ont repris leurs discussions concernant le programme nucléaire iranien. De l’aveu des intervenants, mercredi pourrait marquer l’entrée des négociations dans la phase la plus critique.

En effet, le groupe 5+1 (Chine, France, États-Unis, Russie, Allemagne) et l’Iran, après de longs mois de dialogue, pourrait tout juste «[…]commencer à rassembler ce que pourraient être les contours d’un accord», affirme Michael Mann, le porte-parole de la chef de la diplomatie européenne.

À titre de représentante pour le groupe 5+1, c’est la chef de la diplomatie européenne, Catherine Ashton, qui a mené le dialogue en compagnie de Mohammad Javad Zarif, le ministre iranien des Affaires étrangères.

En raison de la crainte internationale suite aux révélations suscitées en 2002, concernant le programme occulte de l’Iran de l’enrichissement d’uranium, des tensions assez lourdes pèsent sur les deux côtés de la table.

Un début à tout

Lorsque l’on se replonge au plus profond du programme nucléaire iranien, afin de comprendre la problématique, l’on constate rapidement que la situation a dramatiquement évoluée depuis son lancement au cours des années 1950. À cet égard, le projet fut mit sur les rails sous l’égide américaine en plein début de la guerre froide; à cette époque, le Shah Mohammad Reza Pahlavi régnait sur l’Iran et l’Occident avait jugé leurs relations avec l’Iran en si bonne voie, qu’un dérapage leur semblait impossible à ce moment. Suite à la révolution iranienne, tout changea brusquement.

Sans pour autant s’y attarder trop longtemps, suite au changement de pouvoir en Iran, le déplacement des groupes d’influence se déplaça assez rapidement, la république théocratique islamique s’appliqua à entretenir des liens serrés avec l’URSS et tout dialogue entre des pays occidentaux comme l’Allemagne ou les États-Unis fut coupé.

Cette situation prit un nouvel envol passé le cap du 21e siècle. En 2002, plus exactement le 14 août, l’existence de deux sites nucléaires inconnus fut révélée à la communauté internationale; soit un réacteur à l’eau lourde à Arak, et une installation d’enrichissement de l’uranium à Natanz.

Cette révélation déclencha un véritable tollé, et des sanctions économiques des plus contraignantes furent imposées à l’Iran, afin de faire cesser ces agissements, qualifiés par les occidentaux, de «clandestins».

Dialogue concluant

Au cours des dernières réunions entre les deux parties, la question du réacteur d’Arak fut mainte fois abordée.

De ce fait, il est considéré que cette installation serait en mesure de fournir à Téhéran du plutonium, composé primaire servant à la fabrication de l’arme atomique. Toutefois, le pouvoir iranien maintient le fait qu’Arak n’a qu’un seul but, soit la recherche médicale, mais le pays est dorénavant d’avis qu’au nom de la diplomatie, il lui serait possible de reconditionner la fonction de ce réacteur.

À l’heure actuelle, l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) indique très clairement que l’Iran respecte entièrement ses engagements concernant le dossier nucléaire, suite à une conférence à Genève, en octobre dernier ; le pays aurait réduit des trois-quarts son stock d’uranium hautement enrichi, l’accès à ses installations est entièrement possible pour les experts de l’AIEA, et l’enrichissement de l’uranium ne dépasse plus le 5 %.

Cependant, de nombreux dossiers sont encore à aborder, certains le seront au cours de la réunion actuelle qui se terminera vendredi, comme vont l’être le nombre de centrifugeuses de nouvelle génération dont le pays pourrait disposer et la levée de nombreuses sanctions économiques.

Il existe pour l’instant, à titre de consensus, une date-butoir concernant les discussions, soit le 20 juillet (au terme de trois autres rencontres), néanmoins cette date pourrait être repoussée d’un commun accord.

Dans ce contexte de bonne entente, la situation géopolitique à l’échelle internationale pourrait grandement évoluée, et même s’améliorer. Il est à souhaiter que l’Iran saura saisir sa chance, et que chacun fera preuve d’ouverture.

Étudiant en Histoire et Civilisation à Bois-de-Boulogne, Simon Tardif-Loiselle est passionné par tout se qui se déroule sur la scène internationale. Il fait ses premiers pas en journalisme chez 45eNord.ca.

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