La Défense refuse que les parents du caporal Langridge voient le rapport provisoire sur son suicide

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Le caporal Stuart Langridge alors qu'il servait en Afghanistan en 2004-2005 (Archives/MDN)
Le caporal Stuart Langridge alors qu’il servait en Afghanistan en 2004-2005 (Archives/MDN)

La Défense ne permettra pas aux parents du du caporal Stuart Langridge de voir le rapport provisoire de la Commission d’examen des plaintes concernant la police militaire, enfin déposé le 1er mai, sur la plainte se rapportant aux enquêtes sur le suicide de leur fils en 2008.

Le ministre de la Défense Rob Nicholson persiste dans son refus que les parents du vétéran de la guerre en Afghanistan, qui avait 28 ans lorsqu’il s’est enlevé la vie, puissent prendre connaissances du rapport intérimaire sur le suicide de leur fils.

Le Caporal Langridge s’était suicidé à la Base des Forces canadiennes Edmonton le 15 mars 2008. Il avait servi en Bosnie et en Afghanistan. Ses parents, Sheila et Shaun Fynes, ont déposé une plainte officielle auprès de la Commission relativement à trois enquêtes menées par le Service national des enquêtes des Forces canadiennes (SNEFC) à la suite de la mort de leur fils.

La mère et le beau-père du soldat, Sheila et Shaun Fynes, affirmait que les enquêtes sur la mort de leur fils par le SNEFC avaient été bâclées et biaisées.

La Commission a donc tenu une audience d’intérêt public (AIP) au sujet de la plainte Fynes. La Commission a commencé à entendre les témoignages le 27 mars 2012. Le président de la Commission, Glenn Stannard, a présidé l’AIP, qui a siégé pendant 62 jours et recueilli les témoignages de 90 personnes.

Le rapport provisoire en date du 30 avril présente enfin les conclusions et les recommandations de la Commission en ce qui concerne la plainte.

Vendredi, au cours de période de questions à la Chambre des Communes le critique du NPD en matière de Défense, Jack Harris, a demandé au ministre Nicholson Nicholson de permettre à la famille de voir le rapport pour pouvoir mieux contribuer par la suite au rapport final.

«Les Fynes ont vécu le pire cauchemar que n’importe quel parent peut imaginer», a déclaré le critique néo-démocrate. Leur souffrance est aggravée par la façon dont a été l’enquête sur ​​la mort de leur fils, « […] et maintenant que le processus se termine, ses parents en sont exclus. Le ministre a le rapport intérimaire. Pourquoi ne laisse-t-il pas les parents le voir afin qu’ils puissent participer au processus final ?», a lancé Jack Harris.

Mais non! La famille ne pourra pas en prendre connaissance

Conformément à la Loi sur la défense nationale, la Commission a soumis son rapport provisoire qui présente les conclusions et les recommandations de la Commission en ce qui concerne la plainte au ministre de la Défense nationale, au chef d’état-major de la défense, au Juge avocat général et au Grand Prévôt des Forces canadiennes (GPFC).

Le GPFC, en tant que chef de la police militaire, précisait le communiqué de la Défense qui annonçait son dépôt, examinera maintenant le rapport provisoire et devra fournir un avis d’action au président de la Commission et au ministre de la Défense nationale en ce qui concerne toute mesure qui a été prise ou qui sera prise relativement aux conclusions et aux recommandations de la Commission.

S’il décide de ne pas donner suite aux conclusions et aux recommandations du rapport provisoire, le GPFC devra fournir des justifications à cet égard.

Après avoir reçu l’avis d’action, la Commission publiera un rapport final. C’est seulement à ce moment, et dans ces conditions, que la Commission remettra son rapport final aux plaignants et aux membres de la police militaire désignés dans la plainte et le rapport sera alors mis à la disposition du public et publié sur le site Web de la Commission.

La famille n’obtiendra une copie du rapport final que lorsqu’il sera rendu public, a réitéré le ministre Nicholson.

La Commission d’examen des plaintes concernant la police militaire, créée par le gouvernement du Canada en 1999 pour assurer une surveillance civile indépendante de la police militaire des Forces canadiennes, poursuivra donc ces travaux sans l’apport de la famille du caporal Langridge.

Les parents du soldat décédé et leur avocat, le colonel à la retraite Michel Drapeau, craignent que le secret qui entoure le rapport intérimaire donne maintenant à l’armée autant de temps qu’elle le souhaite pour influencer le rapport final et faire des changements cosmétiques dans l’attente de recommandations finales de la Commission d’examen des plaintes.

Le caporal Langridge, rappelle la famille, avait laissé une note de suicide manuscrite, trouvée par les enquêteurs du SNEFC, où le jeune homme faisait connaître ses dernières volontés et demandait à ne pas avoir de funérailles militaires.

Mais les parents du jeune homme n’ont été informés du contenu de cette note que 14 mois après sa mort et…les dernières volontés de leur fils ont ainsi été ignorées.

Nouvelliste et reporter à CKCV Québec et directeur de l’information à CFLS Lévis, dans les années 70, Jacques N. Godbout a aussi travaillé sur le terrain pour divers instituts de sondage. Intervieweur, animateur et recruteur, il a participé à plusieurs projets de recherche qualitative.

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