La réponse du Canada à la crise en Ukraine: encore des sanctions

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35 personnes (31 selon les autorités ukrainiennes) sont mortes des suites d'une intoxication à l'oxyde de carbone ou en sautant par la fenêtre de la Maison des Syndicats à Odessa, assiégée par les pro-européens (capture d'écran/Vidéo 9 Plus)
35 personnes (31 selon les autorités ukrainiennes) sont mortes des suites d’une intoxication à l’oxyde de carbone ou en sautant par la fenêtre de la Maison des Syndicats à Odessa, assiégée par les pro-européens (capture d’écran/Vidéo 9 Plus)

Alors que le Président en exercice de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe, Didier Burkhalter, se rendra le 7 mai à Moscou à la demande des Russes pour tenter de trouver une solution à la crise, la réponse du Canada à l’aggravation de la crise ukrainienne est d’imposer encore de nouvelles sanctions»¸

Le Premier ministre Stephen Harper a annoncé dimanche que le Canada a imposé de nouvelles sanctions économiques contre 16 autres entités russes.

«L’’occupation russe illégale en Ukraine’ et les gestes militaires provocateurs posés par la Russie continuent de préoccuper énormément la communauté internationale», dit le communiqué du Bureau du Premier ministre canadien. «Les mesures que nous annonçons aujourd’hui continueront d’accroître les pressions économiques exercées sur la Russie et sur les personnes qui portent une responsabilité en lien avec la crise en Ukraine».

«Nous demeurons résolus à travailler avec nos alliés pour défendre et promouvoir un monde libre, démocratique et pacifique, et nous prendrons d’autres mesures si la souveraineté et l’intégrité territoriale de l’Ukraine continuent d’être menacées» , conclut le communiqué.

Pendant ce temps, après le massacre d’Odessa, où on soupçonne de plue en plus les nationalistes d’extrême-droite ukrainiens d’être impliqués et alors que l’opération militaire ukrainienne se poursuit dans l’est du pays, les Russes dénoncent la désinformation et font appel aux organismes internationaux, ONU, Conseil de l’Europe et, surtout, à l’OSCE, l’Organisation pour la sécurité en Europe.

Le président de l’OSCE à Moscou

La Russie a dénoncé dimanche un «blocus» sur les informations diffusées en Occident sur les «événements tragiques» en Ukraine.

«Au moment où les autorités ukrainiennes mènent leurs opérations punitives dans l’Est de l’Ukraine […] l’Ouest impose un blocus de l’information sur les événements tragiques qui se sont produit», peut-on lire sur le site du ministère russes des Affaires étrangères aujourd’hui.

«Nous exigeons que les institutions pertinentes de l’OSCE et du Conseil de l’Europe fournissent immédiatement une évaluation objective de ce qui se passe en Ukraine», conclut le ministère russe des Affaires étrangères.

Et, répondant à la demande russe, le président en exercice de l’OSCE, le Suisse Didier Burkhalter, se rendra le 7 mai à Moscou pour tenter de faire baisser la tension dans la crise ukrainienne, a annoncé un peu plus tard dimanche le Kremlin.

«Il est important de prendre des mesures internationales efficaces, notamment par le biais de l’OSCE, pour faire baisser les tensions en Ukraine», a aussi déclaré le Kremlin dans un communiqué publié à l’issue d’une entretien téléphonique entre le président russe Vladimir Poutine et la chancelière allemande Angela Merkel.

L’engagement du Canada dans la crise

Le Canada, n’en continue pas moins de répondre par des sanctions et un train de mesures militaires à la crise qui s’aggrave.

Au cours des derniers mois, le gouvernement canadien a imposé plusieurs sanctions politiques et économiques contre des dirigeants et des institutions russes et ukrainiennes.

Ottawa a aussi expulsé un diplomate russe, coparrainé une résolution des Nations unies sur la résolution de crise et promit une aide de 220 millions de dollars pour stabiliser l’économie de l’Ukraine.

De plus, signe de l’importance que le Canada accorde aux élections présidentielles anticipées du 25 mai en Ukraine, le Premier ministre Harper a annoncé le 23 avril un soutien destiné à trois nouvelles initiatives d’un coût total de 10,8 millions $ «qui favoriseront la démocratie dans ce pays» en envoyant jusqu’à 500 observateurs surveiller les élections.

Sur le front militaire, le Canada s’investit totalement dans la crise ukrainienne et pas une semaine ne passe, ou presque, depuis le début de la crise sans qu’Ottawa n’annonce de nouvelles mesures.

La semaine dernière, le 2 mai, le Premier ministre harper a annoncé que des soldats de l’Armée canadienne prendraient part à l’exercice ORZEL ALERT à Swidwin, en Pologne, du 5 au 9 mai, dans le cadre de mesures prises par l’OTAN pour rassurer les pays voisins de la Russie en Europe centrale et en Europe de l’Est.

Le 29 avril, 228 militaires canadiens et six CF-18 sont partis de la base de Bagotville rejoindre la Roumanie.

Puis, le 30 avril, les Canada a annoncé que ses les Forces armées participeront à l’opération OPEN SPIRIT 2014, en Lettonie, aux côté de ses partenaires de l’OTAN.

Le Canada a aussi annoncé la semaine dernière qu’il allait redéployer sa frégate NCSM Regina, qui se trouvait dans l’Océan Indien, auprès des forces navales permanentes de l’OTAN afin de contribuer aux mesures de renfort de l’Alliance atlantique pour favoriser la souveraineté et l’intégrité territoriale de l’Ukraine.

Le Canada est aussi à la tête d’une équipe de contrôle des armements en Ukraine qui mène actuellement une série de missions coordonnées en Ukraine (à l’exception de la Crimée) dans le cadre du Document de Vienne 2011 (DV11) et qui a pour but de «dissiper les inquiétudes relatives aux activités militaires inhabituelles en Ukraine, et d’assurer une présence internationale continue de militaires sur le terrain».

Le Canada, soutien «inconditionnel» du nouveau pouvoir à Kiev

Premier pays occidental à reconnaître l’indépendance de l’Ukraine face à l’Union soviétique en 1991, le Canada est, depuis le début de la crise ukrainienne en février, un soutien indéfectible du nouveau pouvoir à Kiev.

Le problème est que, le Canada ayant peu d’échange commerciaux avec la Russie, les sanctions d’Ottawa ne touchent pas vraiment Ottawa.

Quant aux autres mesures, tout en montrant la détermination du Canada à soutenir ses alliés, ont aussi pour effet d’exacerber la crise.

Et finalement, depuis le massacre d’Odessa où, croit-on, une cinquantaine d’extrémistes de droite de «Pravy Sektor» ont mené la foule en colère à incendier le bâtiments où s’étaient réfugiés des militants pro-russes, certains observateurs commencent à se demander squi sont les «méchants» et qui sont les «gentils» et si le Canada est vraiment du bon côté de l’Histoire.

Nouvelliste et reporter à CKCV Québec et directeur de l’information à CFLS Lévis, dans les années 70, Jacques N. Godbout a aussi travaillé sur le terrain pour divers instituts de sondage. Intervieweur, animateur et recruteur, il a participé à plusieurs projets de recherche qualitative.

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