La Suisse dépendante des services secrets étrangers pour lutter contre le terrorisme

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Un djihadiste affilié à Al-Qaeda (Archives/AFP)
Un djihadiste affilié à Al-Qaïda (Archives/AFP)

C’est grâce aux preuves fournies par des services secrets étrangers que deux Kurdes ont été condamnés vendredi pour soutien à une organisation criminelle à buts terroristes.

K.T., 35 ans, un Kurde originaire d’Irak, a ainsi été condamné vendredi à plus de trois ans de prison par le Tribunal pénal fédéral, la plus haute instance judiciaire de Suisse, pour propagande terroriste en lien avec al-Qaida. Son jeune frère M.T., 28 ans, écope de deux ans avec sursis. Ils ont tous deux d’ores et déjà passé 13 et 10 mois 1/2 en détention provisoire.

La plupart des observateurs misaient sur un non-lieu. La Suisse est presque impuissante devant la menace terroriste, car le Service de renseignement de la Confédération ne dispose que de peu de moyens légaux pour traquer les djihadistes.

Il ne peut ni s’appuyer sur des écoutes téléphoniques, ni s’introduire dans les ordinateurs et encore moins poser des micros dans des appartements privés. Au royaume du secret bancaire, les libertés individuelles sont sacrées et doivent être préservées.

Une cellule près de la frontière française

Pour la première fois, le Tribunal pénal fédéral a jugé recevables les preuves fournies par des «services secrets étrangers». Si ces services en question ne sont pas nommés, il y a de forces chances que les services de renseignements français ne sont pas restés indifférents à l’existence d’une cellule de recrutement de terroristes installée à Bâle, à quelques centaines de mètres de la frontière, dissimulée derrière le Zentrum Didi Nwe Auslandarbeitung, officiellement un paisible centre culturel.

Les deux frères ont travaillé de 2003 à 2008 sous la direction de Najmuddin Faraj Ahmad, alias Mullah Krekar, fondateur de l’organisation terroriste Ansar al-Islam, soupçonnée d’être en lien direct avec al-Qaida. S’ils échappent à l’accusation de «participation» à un réseau criminel, les deux hommes ont, en revanche, été condamnés pour «soutien à une organisation criminelle à buts terroristes».

La veuve de l’assassin de Massoud

La Suisse a-t-elle enfin pris conscience qu’elle est peut-être devenue une base arrière pour des organisations terroristes en raison de l’impuissance de son Service de renseignement (SRC) ? «Si nous soupçonnons une personne de gravement menacer la sécurité de la Suisse, nous ne disposons souvent pas aujourd’hui de moyens suffisants pour convaincre les autorités de poursuite pénale d’ouvrir une procédure», reconnaissait le patron du SRC, Markus Seiler, en 2013, dans le quotidien Le Temps.

La pasionaria djihadiste belge Malika el-Aroud, la veuve d’un des assassins du commandant Massoud, a ainsi pu vivre paisiblement à Guin, dans le canton de Fribourg, pendant des années, diffusant sur Internet des scènes de tortures d’ennemis de l’islam et des attentats à la bombe. Son nouveau mari, le Tunisien Moez Garsallaoui, continuait à bénéficier de l’aide sociale helvétique, alors qu’il animait un centre de formation de recrues étrangères au Waziristan (Pakistan), fréquenté un temps par Mohamed Merah. Moez Garsallaoui a été tué par un drone américain en octobre 2012.

Fondateur de 45eNord.ca, Nicolas est passionné par la «chose militaire». Il suit les Forces armées canadiennes lors d'exercices ou d'opérations, au plus près de l'action. #OpNANOOK #OpATTENTION #OpHAMLET #OpREASSURANCE #OpUNIFIER #OpIMPACT #OpLENTUS

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