Le ministre de la Défense annonce la publication du 1er guide sur les acquisitions de défense

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Le ministre de la défense nationale, Rob Nicholson, au salon CANSEC sur la défense et la sécurité à Ottawa, mercredi 28 mai 2014 (Benoit Maraval/45enord.ca)
Le ministre de la défense nationale, Rob Nicholson, au salon CANSEC sur la défense et la sécurité à Ottawa, mercredi 28 mai 2014 (Benoit Maraval/45enord.ca)

Lors de son discours devant les représentants des industries de défense canadiennes au salon CANSEC 2014, le ministre de la Défense national, Rob Nicholson, a annoncé la publication du 1er guide sur les acquisitions de défense le 16 juin 2014.

Fruit d’un travail conjoint avec le ministère des travaux publics et celui de l’industrie, le guide devait, selon le ministre, être considéré comme une «liste prospective d’opportunités potentielles pour les industriels».

En cohérence avec la stratégie d’approvisionnement en matière de défense, cette liste permettra de répondre à deux objectifs essentiels du gouvernement: procurer aux militaires canadiens les meilleurs équipements possibles afin de maintenir leur niveau d’excellence et de polyvalence à l’extérieur, mais aussi créer des emplois locaux et favoriser la croissance canadienne.

Excellence militaire et croissance dans le viseur

Plus tôt dans la matinée, le vice-chef d’état-major des forces armées canadiennes, le lieutenant-général Thibault avait ouvert cette 16ème édition du salon sur la défense en insistant sur les besoins capacitaires du Canada. À cet égard, la mission en Afghanistan a permis d’effectuer une évaluation précises de ces besoins.

Mais si la mission afghane fait désormais partie du passé, le Canada reste très actif à l’étranger avec 14 missions en cours, d’Haïti au Sud-Soudan, en passant par le fort engagement aux Philippines où 319 personnels militaires étaient présents afin de contribuer à l’assistance internationale en termes de déblaiement, de soutien médical, de reconstruction, de réhabilitation des infrastructures électriques.

Ces opérations extérieures, outre les missions domestiques (les inondations en Alberta notamment) démontrent l’importance cruciale d’une collaboration effective avec l’industrie. Une collaboration amenée à s’intensifier encore davantage. C’est pourquoi, et compte tenu de conditions budgétaires toujours aussi contraintes, 200 profils capacitaires ont été identifiés dans ce guide à paraître. Chaque besoin militaire sur un horizon de 5 à 20 ans y sera précisément défini, évalué en termes d’impact budgétaire et un numéro de contact figurera à l’intention des industriels.

À l’instar du lieutenant-général Thibault, M. Nicholson a insisté sur le fait que ce guide ne devait pas être considéré comme un engagement ferme de la part du gouvernement canadien. Le lieutenant-général Thibault avait lui-même prévenu que les éléments et le niveau de capacité contenus dans le guide «excédaient vraisemblablement les projets d’acquisitions» réels et immédiats du Canada. Selon M. Nicholson, le guide devait plutôt être perçu comme un document de travail afin de favoriser une collaboration transparente avec les industriels.

Cette nouvelle a été accueillie avec satisfaction par les industriels de la défense qui cherchent à obtenir plus de clarté de la part d’Ottawa dans ses projets d’acquisitions.

Outre l’excellence militaire, le renforcement des relations avec les industriels de la défense doit servir l’économie canadienne à travers la création d’emplois locaux et le développement des exportations.

Deux éléments semblent néanmoins contradictoires dans l’analyse actuelle du gouvernement: tout d’abord, afin de devenir un véritable acteur de premier rang sur le marché des exportations d’équipements de défense, les autorités gouvernementales devront sûrement faire des choix difficiles et coûteux en vue de développer une ambitieuse et cohérente base industrielle et technologique de défense dans un environnement aujourd’hui largement morcelé.

Et, comme d’autres exemples européens le démontrent, il n’est pas alors garanti d’obtenir l’équipement le moins coûteux, contrairement à l’objectif encore rappelé par le ministre Nicholson de disposer des «meilleurs équipements, au bon moment et à bon prix »…

Ancien analyste à l’OTAN et aux ministères français de la Défense et des Affaires étrangères, Benoît Maraval s’est spécialisé dans les affaires civilo-militaires, la maîtrise des armements et les relations avec les pays membres de la CEI. Benoît s’intéresse également aux stratégies et aux outils de communication institutionnelle.

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