Les monarchies du Golfe veulent plus de coopération avec les États-Unis

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Le Secrétaire à la Défense des États-Unis Chuck Hagel parle lors d'une conférence défense ministérielle du Conseil de coopération du Golfe à Djeddah, en Arabie Saoudite, le 14 mai 2014. (Erin A. Kirk-Cuomo/DoD)
Le Secrétaire à la Défense des États-Unis Chuck Hagel parle lors d’une conférence défense ministérielle du Conseil de coopération du Golfe à Djeddah, en Arabie Saoudite, le 14 mai 2014. (Erin A. Kirk-Cuomo/DoD)

En visite au Moyen-Orient, le chef du Pentagone Chuck Hagel a rencontré les ministres de la Défense du Conseil de coopération du Golfe (CCG), qui ont à cette occasion affiché mercredi leur souhait d’une coopération militaire renforcée avec les États-Unis face aux «dangers» menaçant la sécurité régionale.

Tandis que le Canada signait un nouveau protocole d’entente avec le Koweït pour établir un carrefour de soutien opérationnel pour le Canada dans ce pays, la rencontre, qui se tenait à Jeddah, sur la mer Rouge, intervient alors que les monarchies du Golfe (Bahreïn, Koweït, Oman, Qatar, Arabie Saoudite et Émirats Arabes Unis) s’inquiètent de la situation en Syrie, mais aussi sur l’accord conclu entre Téhéran et les grandes puissances, prévoyant un gel du programme nucléaire iranien en contrepartie d’un allègement des sanctions frappant ce pays.

Le prince héritier saoudien Salmane ben Abdel Aziz a déclaré s’inquiéter des «crises politiques dans plusieurs pays arabes, des tentatives d’acquérir des armes de destruction massive et des ingérences de certains États dans les pays» du CCG, une allusion claire à l’Iran.

Ces «menaces persistantes contre la sécurité et la stabilité de la région», rendent nécessaire «la coordination des politiques et des stratégies de défense de nos pays», a dit le prince Salmane, également ministre de la Défense, ajoutant: «la sécurité de nos pays et de nos peuples est en danger».

Le prince héritier a exprimé l’espoir que «la coopération se maintiendra» avec les Etats-Unis, soulignant que «les relations historiques et stratégiques» entre Washington et les pays du Golfe avaient contribué à «renforcer la sécurité et la stabilité dans la région».

Chuck Hagel a pour sa part souhaité une coopération multilatérale renforcée du CCG, prônant davantage de coordination en matière de défense anti-aérienne et antimissile, de sécurité maritime et de cybersécurité.

Les défis actuels «menacent la région dans son ensemble et aucun pays ne peut les relever tout seul», a-t-il dit au terme de la réunion.

«J’espère que [cette réunion]devienne une consultation annuelle de la sécurité, et l’épine dorsale d’une coopération renouvelée entre toutes les nations du Conseil de coopération du Golfe», a-t-il dit. Et malgré les revers et les défis, a-t-il ajouté, le CCG a favorisé une identité et des intérêts communs dans la région.

Washington, qui a vendu ces dernières années de nombreux équipements et batteries antimissiles à plusieurs monarchies du Golfe, plaide depuis longtemps pour que ces dernières effectuent des achats groupés via le CCG et intègrent leurs systèmes pour mieux contrer une éventuelle menace balistique iranienne.

Les pays du CCG maintenaient, jusqu’en 2009, une force militaire conjointe, le «Bouclier de la Péninsule», à Hafr al-Baten, dans le nord-est de l’Arabie saoudite.

Depuis le démantèlement de cette force, ils ont gardé un commandement commun qui décide de l’envoi ponctuel de militaires, comme lors du déploiement en mars 2011 de forces d’Arabie saoudite, des Emirats arabes unis et du Koweït à Bahreïn alors en proie à un soulèvement dirigé par l’opposition chiite.

Inquiétudes sur l’Iran

S’ils ont paru d’accord sur la nécessité de renforcer la coopération, les sujets de désaccords ne manquent pourtant pas entre le secrétaire américain à la Défense et ses homologues du CCG, dont l’Arabie saoudite est le chef de file, notamment à propos de l’Iran et de la Syrie, mais aussi de l’Egypte.

Ryad en particulier s’inquiète des conséquences de l’accord intérimaire conclu en novembre entre l’Iran, puissant rival chiite du royaume, et le groupe des 5+1 (Allemagne, Chine, Etats-Unis, France, Royaume-Uni, Russie).

Le président américain Barack Obama s’était déjà rendu fin mars à Ryad pour tenter de rassurer les dirigeants saoudiens en assurant que les intérêts stratégiques des deux pays restaient alignés.

Le ministre saoudien des Affaires étrangères, le prince Saoud al-Fayçal, a d’ailleurs affirmé mardi que son pays était prêt à négocier avec l’Iran pour améliorer les relations entre les deux pays, très tendues ces dernières années.

L’Iran est favorable à des négociations et un rapprochement avec Ryad pour régler les problèmes régionaux, a répondu mercredi le vice-ministre iranien des Affaires étrangères, Hossein Amir-Abdollahian.

Tout en accueillant comme «un développement positif» l’engagement de l’Iran à un accord sur son programme nucléaire, les participants ont dit rester «profondément préoccupés par ses activités déstabilisatrices dans la région, y compris son parrainage du terrorisme, son soutien au régime Assad en Syrie et ses efforts à saper la stabilité des Etats membres du CCG», a indiqué Chuck Hagel.

Fondateur de 45eNord.ca, Nicolas est passionné par la «chose militaire». Il suit les Forces armées canadiennes lors d'exercices ou d'opérations, au plus près de l'action. #OpNANOOK #OpATTENTION #OpHAMLET #OpREASSURANCE #OpUNIFIER #OpIMPACT #OpLENTUS

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