Libye: un colonel, disant parler au nom de l’armée, annonce à la télé la suspension du Parlement

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Les locaux du Congrès général national à Tripoli, en Libye, le 3 mars 2014 après l'entrée en force de dizaines de manifestants (Archives/Mahmud Turkia/AFP)
Les locaux du Congrès général national à Tripoli, en Libye, le 3 mars 2014 après l’entrée en force de dizaines de manifestants (Archives/Mahmud Turkia/AFP)

Un colonel libyen lisant à la télévision un communiqué au nom de l’armée, a annoncé la suspension du Congrès général national (CGN, Parlement), la plus haute autorité politique du pays.

«Nous, membres de l’armée et les révolutionnaires (ex-rebelles), nous annonçons la suspension du CGN», a déclaré le Colonel Mokhtar Fernana, commandant de la Police militaire, sur deux chaînes privées de télévision, précisant qu’il ne s’agissait pas d’un coup d’Etat.

Il a annoncé donner les prérogatives législatives à une Assemblée constituante élue en février et maintenir le gouvernement intérimaire d’Abdallah Al-Theni.

Ce colonel, originaire de la ville de Zenten (170 km au sud-ouest de Tripoli), n’a pas précisé comment cette annonce allait être mise en oeuvre, en l’absence d’une armée professionnelle dans un pays où les milices font la loi.

Plus tôt dans la journée, des brigades d’ex-rebelles de Zenten, qui avaient combattu le régime de Mouammar Kadhafi, avaient attaqué les locaux du CGN, avant de quitter les lieux.

Elles ont été impliquées ensuite dans de violents affrontements sur la route de l’aéroport avec des milices rivales de Tripoli.

On ignore si ces violences sont liées directement à l’offensive lancée vendredi par l’ancien général Khalifa Haftar contre des groupes d’islamistes radicaux à Benghazi (est), que les autorités ont qualifiée de tentative de coup d’État.

«Nous annonçons que ce qui s’est passé aujourd’hui à Tripoli n’a pas pour objectif un coup d’État», a déclaré M. Fernana vêtu d’un uniforme militaire.

En février, les brigades de Zenten avaient donné au CGN, la plus haute autorité politique du pays, quelques heures pour quitter le pouvoir, sans toutefois passer à l’action après l’expiration de leur ultimatum. Le Congrès avait aussitôt dénoncé cette initiative comme une menace de coup d’État. Le gouvernement de transition avait ensuite annoncé un compromis avec ces ex-rebelles ayant combattu le régime de Mouammar Kadhafi en 2011, sans donner de détails.

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