L’Ukraine réclame l’aide de l’Occident pour son élection présidentielle

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Un militant pro-Russe inspecte les voitures à un point de contrôle près de Slaviansk en Ukraine, le 30 avril 2014 (Vasily Maximov/AFP)
Un militant pro-Russe inspecte les voitures à un point de contrôle près de Slaviansk en Ukraine, le 30 avril 2014 (Vasily Maximov/AFP)

L’Ukraine a réclamé mardi l’aide de la communauté internationale pour l’élection présidentielle du 25 mai, dont la tenue apparaît de plus en plus menacée par la spirale de violences séparatistes qui a saisi le pays.

«Le gouvernement ukrainien est engagé à tenir l’élection présidentielle à la date prévue», a déclaré le ministre ukrainien des Affaires étrangères, Andriï Dechtchitsa à l’issue d’une réunion du Conseil de l’Europe à Vienne.

Les autorités de Kiev ont requis l’envoi «d’observateurs internationaux en Ukraine pour surveiller les élections». Elles demandent aussi à leurs partenaires de faire «tout ce qui est possible pour éliminer les menaces et provocations extérieures soutenues par la Russie en Ukraine, pour que ces élections puissent se dérouler de façon libre et démocratique», a-t-il ajouté.

De son côté, le président de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE), Didier Burkhalter, qui doit rencontrer mercredi à Moscou le président russe Vladimir Poutine, a appelé à un «cessez-le-feu pour les élections».

Ce scrutin doit permettre l’élection du successeur du président Viktor Ianoukovitch, un proche de Moscou renversé en février.

La Russie, qui refuse de reconnaître les autorités provisoires mises en place depuis à Kiev, a déjà fait savoir qu’elle jugeait «absurde» de tenir des élections dans le contexte actuel de violences en Ukraine.

Le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov s’est en outre montré réticent à une proposition allemande de conférence de «Genève II» en vue d’une désescalade. «Se réunir à nouveau dans ce format […] n’apporterait pas grand-chose», a-t-il jugé à Vienne.

Risque pour la sécurité de l’Europe

Carte des derniers événements entre l’armée et les séparatistes pro-russes en Ukraine (P.Pizarro/K.Tian/J.Jacobsen/AFP)
Les Occidentaux se montrent de plus en plus alarmés par la tournure prise ces derniers jours par les événements en Ukraine, où des dizaines de personnes ont péri dans des violences depuis vendredi.

«Si [l’élection présidentielle] ne se tenait pas, ce serait le chaos et le risque de guerre civile», a estimé le président français François Hollande mardi.

«Les images qui nous parviennent sont effrayantes et, notamment depuis la tragédie d’Odessa, nous ne sommes plus très éloignés d’une confrontation militaire en Ukraine», a estimé le ministre allemand des affaires étrangères Frank-Walter Steinmeier.

«Personne ne devrait se méprendre et croire qu’il n’y a un risque et une menace que pour l’Ukraine. À travers ce conflit, c’est toute l’architecture de la sécurité de l’Europe, mise en place depuis des décennies, qui pourrait être détruite. C’est pourquoi nous devons tout faire pour éviter ce risque et l’entrée dans une nouvelle guerre froide», a-t-il ajouté.

Le professeur Michael Clarke, directeur général de l’Institut Royal United Services Institute à Londres, estime lui aussi que l’Ukraine entre dans «une période très dangereuse» à l’approche du 25 mai.

«Il est dans l’intérêt de Moscou de diminuer la crédibilité de ces élections et aussi de mettre en place des élections et référendums fantômes dans les territoires séparatistes d’Ukraine. […] Je ne crois pas que Poutine contrôle totalement les forces qu’il a déclenchées», commente-t-il.

La Russie répète de son côté que l’Ukraine est en proie à des «forces ultranationalistes, extrémistes et néonazies», qui se rendent coupables de violations «massives» des droits de l’homme, et réfute toute implication directe dans les troubles.

Les services de sécurité (SBU) ont conseillé mardi aux Ukrainiens d’être sur leurs gardes et de ne pas céder à d’éventuelles provocations. Ils ont aussi mis en garde Ioulia Timochenko, ex-chef du gouvernement et candidate à la présidentielle, sur «une sérieuse menace contre sa vie», a indiqué son avocat, Serguiï Vlasenko.

Blocs de béton

Le bassin minier du Donbass, frontalier de la Russie, est actuellement la zone la plus touchée par les troubles séparatistes, mais Odessa (sud) a également été affectée ces derniers jours avec un incendie criminel qui a coûté la vie, vendredi, à une quarantaine de militants pro-russes.

À Slaviansk même, épicentre des affrontements qui opposent les séparatistes pro-russes aux forces régulières ukrainiennes, quelques rafales ont retenti mardi alors que les rebelles renforçaient leurs défenses avec des blocs de béton. La ville voisine de Kramatorsk en revanche paraissait calme, ont rapporté des correspondants de l’AFP.

Lundi, d’intenses combats à l’arme lourde s’étaient déroulés à la périphérie de Slaviansk, faisant quatre morts et 20 blessés du côté de l’armée qui a également perdu son quatrième hélicoptère, selon des sources officielles. Dans le camp adverse, «plus de 30 ‘terroristes’ ont été tués et des dizaines blessés», a indiqué le ministre de l’Intérieur, Arsen Avakov.

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