Mali: une cinquantaine de soldats tués lors des récents combats à Kidal

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Un soldat malien dans la ville de Kidal, au nord du Mali, le 17 mai 2014 (Fabien Offner/AFP)
Un soldat malien dans la ville de Kidal, au nord du Mali, le 17 mai 2014 (Fabien Offner/AFP)

Les forces maliennes ont enregistré dans leurs rangs une cinquantaine de morts lors des récents combats à Kidal (extrême nord-est) contre les groupes armés, qui contrôlent la ville depuis le 21 mai, a indiqué dimanche soir le ministre malien de la Défense.

Du point de vue du bilan, nous avons une cinquantaine de morts, malheureusement, et une quarantaine de blessés – 48 blessés. De l’autre côté, on ne connaît pas leur bilan, on sait qu’eux aussi ont eu des pertes, a déclaré le ministre, Soumeylou Boubèye Maïga, sur la télévision publique malienne ORTM captée à Dakar.

Des affrontements ont opposé les 17 et 21 mai à Kidal (plus de 1.500 km de Bamako) les militaires maliens et des groupes armés comprenant la rébellion touareg du Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA). Les combats ont tourné en défaveur de l’armée, qui s’est retirée de la ville, contrôlée depuis le 21 mai par les rebelles.

Selon l’ONU et des sources dans le Nord, les groupes armés ont aussi investi le 21 mai la ville de Ménaka, dans la région de Gao (nord-est), qu’ils ont prise sans combats, ce que réfute depuis plusieurs jours le gouvernement malien.

Dimanche soir, le ministre Maïga a répété que l’armée n’était absente que de Kidal, mais a fait état d’une cohabitation entre soldats et rebelles à Ménaka (660 km de Kidal).

«À part Kidal, nous sommes sur l’ensemble de nos positions dans la région de Kidal, à savoir Tessalit, Aguelhoc, et puis dans la région de Gao: à Ménaka, Ansongo, Almoustarat. Concernant Anéfis dont nos troupes s’étaient retirées pour se réorganiser, nous sommes en phase de redéploiement», a-t-il affirmé.

«Nous avons redéployé et renforcé notre position vers Ansongo, avec la possibilité de soutenir davantage Ménaka, où nous cohabitons – un peu comme c’était le cas à Kidal avant le 17 mai – avec les groupes armés affiliés au MNLA puis aux autres groupes, […] nous essayons de faire en sorte qu’il n’y ait pas de contagion», a-t-il poursuivi, sans identifier les autres groupes.

Selon le ministre, l’armée malienne retravaille avec ses forces partenaires de l’opération française Serval et de la Mission de l’ONU au Mali (MINUSMA), déployées dans le cadre de l’intervention militaire internationale en cours dans le pays.

Cette opération, déclenchée en janvier 2013 à l’initiative de la France, a permis de chasser des groupes islamistes armés qui ont occupé pendant près de dix mois entre 2012 et début 2013 les régions du nord du Mali.

«Tout ce que nous sommes en train de mettre en place du point de vue de la logistique de ravitaillement […], nous le faisons en synergie, en relation avec Serval», a expliqué M. Maïga.

«Et puis nous sommes en train de voir avec la MINUSMA aussi, y compris sur Ménaka, comment faire en sorte que la cohabitation qui nous est imposée à Kidal avec les groupes armés ne puisse pas amener une détérioration de la situation», a-t-il ajouté.

Vendredi, le gouvernement malien, le MNLA et deux autres groupes armés ont signé un accord de cessez-le-feu à la faveur d’une médiation conduite par l’Union africaine.

Par ailleurs, dans un communiqué, la MINUSMA a annoncé qu’elle avait renforcé ses patrouilles dans toutes les villes du Nord où elle est présente.

Ainsi, plus de 80 patrouilles militaires devaient être effectuées samedi et dimanche, mettant à contribution des moyens aériens. La police des Nations unies prévoit également des patrouilles additionnelles dans les régions du Nord, selon le communiqué.

De même source, depuis juillet 2013, les Casques bleus de la force et de la police des Nations unies ont déjà effectué plus de 14.700 patrouilles sur l’ensemble du territoire malien.

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