Mission accomplie pour l’expédition des soldats blessés de «True Patriot Love» au Pôle Nord

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«Après plus de 100km en ski, raquettes et bottes; le 29 avril à 19:00 nous avons finalement atteint le pôle nord magnétique», dit sur son compte twitter Frantz Beaujuin à droite),l'un des trois soldats canadiens blessés de l'expédition  arctique 2014 de True Patriot Love (compte twitter/Frantz Beaujuin)
«Après plus de 100km en ski, raquettes et bottes; le 29 avril à 19:00 nous avons finalement atteint le pôle nord magnétique», dit sur son compte twitter Frantz Beaujuin à droite),l’un des trois soldats canadiens blessés de l’expédition arctique 2014 de True Patriot Love (compte twitter/Frantz Beaujuin)

Ça y est, l’équipe de la deuxième expédition de la fondation «True Patriot Love» («La patrie gravée sur le cœur») visant à sensibiliser la population aux besoins des soldats blessés et à amasser des fonds pour venir en aide aux soldats blessés, a atteint son but!

L’expédition composée de chefs d’entreprise canadiens et de soldats blessés a atteint le 30 avril le pôle Nord magnétique, réussissant pat la même occasion à amasser 1,5 millions $ pour la santé mentale chez les militaires.

Et ça n’a pas été facile.

Départ retardé

L’équipe, partie d’Ottawa le 19 avril pour Resolute Bay, au Nunavut, devait, après trois jours pour s’acclimater et se familiariser avec l’équipement, s’envoler à bord d’un Twin Otter qui devait les amener à moins de 100 kilomètres du pôle Nord magnétique, d’où ils allaient poursuivre leur voyage à ski.

Mais il a fallu plusieurs essais avant d’y parvenir.

Au premier essai, les nuages ​​bas et le vent de plus en plus fort sur la zone d’atterrissage ont causé le report du vol, clouant l’équipe au sol.

«C’est tout à fait normal pour une expédition qui s’appuie sur un vol pour joindre l’emplacement de départ», avait alors déclaré Scott Kress, capitaine civil de l’équipe, précisant que, bien que cela soit fâcheux, le délai ne compromettait pas l’expédition, l’équipe ayant encore une bonne marge de manœuvre et pouvant également ajouter à la distance skiée chaque jour pour compenser toute nouvelle réduction de leur «temps sur la glace».

Au deuxième essai, les deux premiers groupes ont pu s’envoler sans encombre et sont arrivés en toute sécurité sur la glace, mais, alors que les quatre derniers groupes étaient déjà à bord des avions sur la piste, la couverture nuageuse a empêché encore une fois leur départ.

Et, finalement, le 24 avril, tous les groupes sont arrivés au lieu de départ de l’expédition et se sont mis en route vers le Pôle Nord à travers l’Île d’Ellesmere.

Mission accomplie

Les soldats blessés, jumelés à des chefs d’entreprises, allaient parcourir ensemble deux fois 125 km ( aller et retour), dans un environnement hostile par des températures de moins 40 degrés Celsius.

L’équipe militaire était dirigée par le lieutenant-colonel David Quick, Dans l’équipe de 12 soldats, trois soldats québécois, Jeremy Meyer, 32 ans, de Charlemagne, Bruno Guévremont, 39 ans, de Hull et Frantz Beaujuin, 38 ans, du Lac-Saint-Jean.

Voyager plus de 125 kilomètres sur des skis avec l’équipement. la nourriture, et un «Google Maps Trekker» pour prendre des images «Street View» de leur voyage, n’a pas été une mince affaire.

«Ce fut une occasion à nulle autre pareille de rencontrer des soldats qui ont combattu pour défendre notre pays, et pour en apprendre davantage sur les expériences qu’ils ont vécu durant leurs visites», a déclaré pour sa part Caroline Ouellette, le capitaine de l’équipe nationale féminine de hockey et membre de l’équipe de l’expédition dont les propos sont rapportés sur le site de la Fondation. «Nous entendons souvent parler des blessures mentales et physiques que les soldats viennent à la maison avec , mais rencontrer ces soldats et partager avec eux cette expédition a rendu tout cela réel et personnel», a ajouté l’athlète féminine.

Les fonds recueillis grâce à l’expédition serviront à procurer des soins et des services pour les soldats malades et blessés et à des programmes de soutien en santé mentale.

L’expédition visait également à sensibiliser les Canadiens à la problématique des troubles de stress opérationnel (TSO) en général et, plus particulièrement, au syndrome de stress post-traumatique (SSPT) qui continuent d’avoir un impact dans la vie des soldats soldats même si le Canada a terminé son mission en Afghanistan.

On estime que 30 % des hommes et des femmes qui reviennent de ce déploiement souffre d’un trouble lié au stress opérationnel..

«Les symptômes du TSPT peuvent prendre jusqu’à huit ans avant de se manifester, et nous croyons qu’il est de notre devoir en tant que Canadiens d’être là quand cela arrive afin que nous puissions soutenir les hommes et les femmes qui se sont battus pour nous et pour notre pays », a déclaré pour sa part Tim Hodgson, co-président de l’expédition.

Tim Hodgson, que 45eNord.ca avait rencontré au lancement du projet à Montréal en janvier dernier, est l’ancien conseiller spécial de Mark Carney, gouverneur de la Banque du Canada.

«Nous espérons que, grâce à cela, nous serons en mesure de contribuer au débat sur la santé mentale et mettre fin à la stigmatisation entourant la maladie mentale», a ajouté Tim Hodgson.

Les deux semaines de l’expédition ont été filmés et on pourra voir le documentaire ainsi tourné sur la chaîne du groupe Shaw.

Google était aussil’un des partenaires de l’expédition. «Nous sommes ravis de travailler avec True Patriot Love pour amener le pôle Nord magnétique sur Google Maps», a déclaré Aaron Brindle, des affaires publiques chez Google Canada.

C’est certainement le plus au nord qu’ait jamais été le service Street View de Google Maps.

Nouvelliste et reporter à CKCV Québec et directeur de l’information à CFLS Lévis, dans les années 70, Jacques N. Godbout a aussi travaillé sur le terrain pour divers instituts de sondage. Intervieweur, animateur et recruteur, il a participé à plusieurs projets de recherche qualitative.

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