Nigeria: même des proches des lycéennes refusent de céder au chantage de Boko Haram

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Capture d'écran réalisée à partir de la video obtenue lundi 12 mai 2014 par l'AFP auprès du groupe islamiste extrêmiste Boko Haram, montrant une centaine de jeunes femmes présentées comme les lycéennes nigérianes enlevées mi-avril (AFP)
Capture d’écran réalisée à partir de la video obtenue lundi 12 mai 2014 par l’AFP auprès du groupe islamiste extrêmiste Boko Haram, montrant une centaine de jeunes femmes présentées comme les lycéennes nigérianes enlevées mi-avril (AFP)

Des proches des 223 lycéennes détenues par Boko Haram ont demandé jeudi leur libération «sans condition», refusant le chantage de Boko Haram, alors que les parlementaires nigérians débattent de la prolongation de l’état d’urgence en vigueur depuis un an dans le Nord-Est et que la communauté internationale continue de se mobiliser pour aider le Nigéria à retrouver les jeunes filles enlevées.

Boko Haram avait diffusé lundi 12 mai une nouvelle vidéo d’une centaine de jeunes femmes couvertes de longs voiles islamiques présentées comme les lycéennes enlevées mi-avril au Nigeria, affirmant les avoir converties à l’Islam et exigeant la libération de prisonniers du groupe islamiste en échange de celle des jeunes filles.

Le président Goodluck Jonathan avait pour sa part exclu mercredi de libérer des islamistes détenus par l’État en échange des adolescentes, kidnappées il y a un mois.

Ayuba Chibok, l’oncle d’une des captives, a expliqué mercredi selon ce que rapporte la presse internationale que les proches des lycéennes, «dévastés», étaient rongés par l’angoisse, bien que la vidéo diffusé lundi ait «donné un peu d’espoir», mais il s’est cependant dit opposé à la libération de prisonniers de Boko Haram en échange des jeunes filles, estimant que la libération des adolescentes devait se faire «sans conditions».

Cette fois, le groupe islamiste a peut-être été trop loin et, non seulement la communauté internationale s’est mobilisée comme jamais auparavant pour aider le Nigéria dans sa lutte au terrorisme, mais jusqu’aux proches des jeunes lycéennes enlevées par Boko Haram le 14 avril en sont arrivés à refuser de céder aux exigences des ravisseurs.

Par ailleurs, un des cerveaux présumés du premier attentat d’Abuja, qui avait été revendiqué par Boko Haram et avait fait 75 morts, le 14 avril dans une gare routière, a été arrêté au Soudan mardi.

Il s’agit d’Aminu Sadiq Ogwushe, né en Grande-Bretagne, interpellé alors qu’il demandait un visa à l’ambassade de Turquie de Khartoum, au Soudan, a rapporté une source proche du dossier à l’AFP.

Cinq hommes avaient déjà été arrêtés cette semaine en lien avec cet attentat, le plus meurtrier jamais perpétré à Abuja, mais les deux cerveaux étaient en fuite.

Mobilisation générale

Pendant ce temps, les États-Unis ont annoncé cette semaine avoir déployé, outre une équipe d’experts civils et militaires pour aider à retrouver les lycéennes, des drones de surveillance et des avions pour aider aux recherches.

Le Royaume-Uni a proposé, lui, «un avion de reconnaissance», et une dizaine d’experts britanniques sont déjà sur place, ainsi que des experts français. La Chine et Israël ont également proposé leur aide.

Le Canada fera aussi sa part fournira de l’équipement de surveillance et des techniciens pour aider le Nigeria à retrouver les plus de 200 adolescentes nigérianes enlevées par les islamistes radicaux du groupe terroriste Boko Haram, a confirmé Ottawa la semaine dernière.

En outre, les Forces spéciales canadiennes ayant une expertise dans l’extraction d’otages seront déployés au Nigeria dans les prochains jours dans le cadre d’un engagement plus vaste, selon un reportage cette semaine de la chaîne canadienne privée de télévision CTV qui citait des «sources anonymes».

Les services du président nigérian, Goodluck Jonathan, ont également indiqué qu’il avait reçu des « appels de solidarité » des Premiers ministres d’Algérie et du Pakistan.

De plus, un sommet sur la sécurité au Nigeria doit se tenir samedi à Paris, rassemblant, autour du président français François Hollande, les dirigeants d’au moins cinq pays africains: le Nigeria et quatre de ses voisins, le Tchad, le Cameroun, le Niger et le Bénin. Des représentants américains, britanniques et de l’Union européenne sont également conviés.

Le but de ce sommet sera de trouver «comment arriver à cerner (Boko Haram) par l’intelligence, comment arriver à former pour combattre et comment arriver à débusquer les assassins», a expliqué le ministre français des Affaire étrangères, Laurent Fabius.

Nouvelliste et reporter à CKCV Québec et directeur de l’information à CFLS Lévis, dans les années 70, Jacques N. Godbout a aussi travaillé sur le terrain pour divers instituts de sondage. Intervieweur, animateur et recruteur, il a participé à plusieurs projets de recherche qualitative.

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