Nucléaire iranien: les réformateurs à Téhéran toujours confiants d’arriver à un accord avec le 5+1

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La chef de la diplomatie européenne Catherine Ashton (gauche), le chef de la diplomatie iranienne Mohammad Javad Zarif (centre) et l'ambassadeur iranien en Autriche Hassan Tajik à Vienne le 14 mai 2014 (Dieter Nagl/AFP)
La chef de la diplomatie européenne Catherine Ashton (gauche), le chef de la diplomatie iranienne Mohammad Javad Zarif (centre) et l’ambassadeur iranien en Autriche Hassan Tajik à Vienne le 14 mai 2014 (Dieter Nagl/AFP)

Un accord sur le nucléaire iranien reste possible malgré les divergences constatées à Vienne, a affirmé ce dimanche 18 mai le ministre iranien des Affaires étrangères Mohammad Javad Zarif en appelant les Occidentaux à ne pas rater une nouvelle occasion de mettre fin à dix ans de crise, rapporte l’AFP.

«De retour de Vienne après des discussions difficiles», a écrit Javad Zarif sur son compte Twitter, après la quatrième session de négociations depuis janvier avec le groupe des pays du 5+1 (Chine, États-Unis, France, Royaume-Uni, Russie et Allemagne), qui n’a toutefois pas permis encore d’avancées vers un accord final sur le programme nucléaire controversé de Téhéran.

Les Occidentaux et Israël soupçonnent l’Iran de vouloir se doter de l’arme atomique sous couvert d’un programme nucléaire civil, ce que Téhéran dément.

«Un accord est possible mais les illusions doivent disparaître», a bien précisé le chef de la diplomatie iranienne, alors que les discussions achoppent en particulier sur le nombre et le type de centrifugeuses que l’Iran serait autorisé à utiliser pour son programme d’enrichissement d’uranium.

«L’occasion ne devrait pas être de nouveau manquée comme en 2005», quand un précédent accord sur le nucléaire iranien avait échoué, a mis en garde sur son compte Twitter Javad Zarif, qui chapeaute les discussions du côté iranien face aux grandes puissances représentées quant à elles par la responsable de la diplomatie européenne, Catherine Ashton.

En vertu d’un accord de six mois conclu en novembre à Genève et entré en application le 20 janvier, l’Iran a stoppé ses activités nucléaires sensibles en échange d’une levée partielle des sanctions occidentales.

Jusqu’à présent, l’Iran a respecté sa part de l’accord, selon l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) chargée de surveiller son application.

Ces négociations visent maintenant à limiter le programme nucléaire iranien pour garantir son caractère uniquement civil, en échange de la levée de sanctions qui étouffent l’économie du pays.

En Iran, conservateurs contre réformateurs

Les conservateurs iraniens se réjouissent de l’échec de la nouvelle session, mais les réformateurs restent optimistes.

Cette session de négociations sur le programme nucléaire de Téhéran a pris fin vendredi sans avancée majeure, mais les deux camps ont promis de poursuivre le dialogue afin de tenter de parvenir à un accord d’ici le 20 juillet.

Le vice-ministre des Affaires étrangères Abbas Araghchi a indiqué qu’une nouvelle session était prévue à Vienne entre le 16 et le 20 juin, rapporte ce dimanche par la chaîne de télévision iranienne Press TV.

«Il y a de l’espoir pour l’avenir des discussions, si les autres parties montrent autant de bonne volonté que l’Iran», estime de son côté Ali Akbar Velayati, proche conseiller du guide suprême iranien Ali Khamenei, dont les propos sont rapportés aujourd’hui par le quotidien réformateur Shargh.

L’échec de cette nouvelle session est par contre dénoncé saluée par l’aile dure du régime iranien, qui juge sévèrement les compromis acceptés par le gouvernement face aux pressions étrangères.

«Heureusement, les négociations n’ont pas porté leurs fruits», s’est réjouit pour sa part dimanche le quotidien ultraconservateur Kayhan.

Son éditorialiste a critiqué le contenu de l’accord intérimaire, qui offre «trop de concessions pour trop peu de gains», estimant que le président iranien Hassan Rohani avait été «piégé» par les Occidentaux.

«Les activités nucléaires du pays ont été stoppées après l’accord de Genève et les inspections des espions occidentaux, sous le noms d’inspecteurs de l’AIEA, ont été acceptées de telle sorte que nos moindres mouvements sont sous leur contrôle», a également dénoncé le député conservateur Ebrahim Aqamohammadi, cité par l’agence Fars.

*Avec AFP

Nouvelliste et reporter à CKCV Québec et directeur de l’information à CFLS Lévis, dans les années 70, Jacques N. Godbout a aussi travaillé sur le terrain pour divers instituts de sondage. Intervieweur, animateur et recruteur, il a participé à plusieurs projets de recherche qualitative.

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