Présidentielle en Ukraine: Kiev vote massivement, l’Est reste sur la touche

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L'ancienne Premier ministre Ioulia Timochenko et son mari Olexandr votent le 25 mai 2014 à Dnipropetrovsk (Anatoliy Stepanov/AFP)
L’ancienne Premier ministre Ioulia Timochenko et son mari Olexandr votent le 25 mai 2014 à Dnipropetrovsk (Anatoliy Stepanov/AFP)

Près de 36 millions d’Ukrainiens sont appelés aux urnes ce dimanche 25 mai dans une élection présidentielle qui devrait donner au nouveau pouvoir à Kiev la légitimité qui lui manque et dont il a besoin pour venir à bout de la crise déclenchée par le renversement, en février, du président élu Viktor Ianoukovitch.

Le nouveau président devra mettre fin à l’insurrection prorusse dans l’Est du pays et aux affrontements qui ont fait jusqu’à mainttenant plus de 150 morts – soldats, séparatistes, civils, Il devra aussi «réinventer» les relations de l’Ukraine avec la Russie.

L’OSCE, l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe a pour sa part mission de surveiller le déroulement du scrutin.

Le Canada envoie en tout 500 observateurs en Ukraine pour surveiller le premier tour et le deuxième tour de ce scrutin.

L’Est sur la touche

Mais cela ne change pas le fait que deux millions d’électeurs de l’Est rebelle ne participeront pas au scrutin, comme l’avait souligné la Commission électorale elle-même samedi, l’Ukraine semblant toujours au bord du gouffre et l’État incapable de juguler l’insurrection séparatiste qui a gagné une grande partie de l’est du pays.

Les républiques autoproclamées de Donetsk et de Lougansk ayant déclaré leur indépendance vis-à-vis de Kiev à l’issue de référendums le 11 mai ont refusé de prendre part à l’élection de dimanche, qui se déroule au son des canons dans le sud-est du pays, alors que les autorités de Kiev y poursuivent une opération militaire dite «antiterroriste».

Néanmoins, dans un geste d’apaisement, le président russe Vladimir Poutine a annoncé quant à lui vendredi qu’il respecterait le «choix du peuple ukrainien» et travaillerait avec le chef de l’État élu, sans pour autant dire qu’il reconnaîtrait le président ou que celui-ci serait légitime.

Tout en dénonçant encore une fois dénoncé un «coup d’État», soutenu par «nos amis américains», se référant au mouvement de contestation de Maïdan qui a conduit fin février à la fuite de Viktor Ianoukovitch en Russie, le chef du Kremlin a déclaré «nous voulons nous aussi qu’en fin de compte le calme revienne [en Ukraine].

Participation massive à Kiev

Au moment d’écrire ses lignes, le taux de participation au scrutin est, de 38,53%, rapportait la Commission électorale centrale ukrainienne a dit. Aux précédentes élections présidentielles en Ukraine en 2010, le taux de participation au même moment de la journéeétait de plus de 45%.

Dans la capitale, Kiev, toutefois, les Ukrainiens votaient nombreux et les `lecteurs patientaient dans de longues files d’attente pour voter et choisir leur nouveau président, ainsi que leur nouveau maire.

Le nouveau président ukrainien sera élu pour un mandat de cinq ans. 21 candidats sont en lice, dont l’ex-première ministre et la chef de file du parti Batkivchtchina (Patrie) Ioulia Timochenko et le milliardaire Piotr Porochenko.

Les habitants de Kiev sont également invités à élire le maire et le conseil municipal de la capitale. Des élections municipales sont également organisées dans les villes d’Odessa, de Nikolaïev, de Kherson (sud), ainsi qu’à Tchernivtsi (ouest).

Le milliardaire pro-occidental Petro Porochenko, 48 ans, est le grand favori du scrutin, crédité selon les sondages de plus de 44% des intentions de vote devant l’icône de la révolution orange de 2004 Ioulia Timochenko.

«La première chose à faire, c’est apporter la paix à tous les citoyens ukrainiens. Et les personnes armées doivent quitter les rues des villes et des villages», a déclaré aujourd’hui M. Porochenko après avoir voté dans le centre de Kiev.

Le milliardaire, qui s’engage à gérer l’Ukraine comme il gère sa très prospère entreprise de fabrication de chocolats Roshen, n’est pas assuré d’être élu au premier tour et devra peut-être patienter jusqu’à un hypothétique second tour le 15 juin.

Ses principaux rivaux, Ioulia Timochenko, qui prône un référendum sur une adhésion à l’Otan, et le prorusse Serguiï Tiguipko, qui promet une normalisation des relations économiques avec la Russie, rêvent quant à eux d’un second tour où les ralliements pourraient leur permettre de battre le favori.

Les premiers résultats préliminaires du vote devraient être annoncés lundi 26 mai.

Nouvelliste et reporter à CKCV Québec et directeur de l’information à CFLS Lévis, dans les années 70, Jacques N. Godbout a aussi travaillé sur le terrain pour divers instituts de sondage. Intervieweur, animateur et recruteur, il a participé à plusieurs projets de recherche qualitative.

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