Résultats de la présidentielle égyptienne: le monde inquiet, Baird réjoui!

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De passage à Montréal, le ministre des Affaires étrangères John Baird a annoncé de nouvelles mesures pour faire plier le président russe Poutine. (Nicolas Laffont/45eNord.ca)
De passage à Montréal, le ministre des Affaires étrangères John Baird alors qu’il annonçait en mars dernier de nouvelles mesures pour faire plier le président russe Poutine. (Archives/ Nicolas Laffont/45eNord.ca)

Alors qu’après la présidentielle égyptienne, le monde, y compris Washington, reste inquiet, le ministre des Affaires étrangères John Baird s’est déclaré quant à lui ce vendredi 30 mai encouragé par le déroulement de la présidentielle en Égypte qui s’est déroulé du 26 au 28 mai.

L’ex-chef de l’armée Abdel Fattah al-Sissi a remporté une victoire écrasante avec 96% des voix à la présidentielle en Égypte, 11 mois après avoir destitué l’islamiste Mohamed Morsi et éliminé toute opposition, religieuse ou laïque.

«La conclusion des élections présidentielles en Égypte marque un jalon important dans la transition de l’Égypte vers la démocratie», a déclaré aujourd’hui le chef de la diplomatie canadienne.

«Nous sommes encouragés par les informations selon lesquelles aucun incident n’est venu troubler la sécurité à l’échelle du pays durant le scrutin. Les résultats préliminaires semblent indiquer que le vainqueur probable serait le candidat à la présidentielle Abdel Fattah al-Sissi. Nous attendons avec impatience la confirmation des résultats de ces élections», a affirmé le ministre canadien.

Des partisans de l’ex-chef de l’armée égyptienne Abdel Fattah al-Sissi célèbrent sa victoire dans les rues du Caire le 28 mai 2014 (Khaled Desouki/AFP)
Ce véritable plébiscite a précipité en pleine nuit dans les rues du Caire des milliers de supporteurs de l’homme fort du pays, objet d’un véritable culte de la personnalité alors que les Égyptiens aspirent avant tout à la stabilité et à la sécurité et appellent de tous leurs vœux une amélioration de la situation économique.

«Le Canada est déterminé à appuyer une transition pacifique et constructive de l’Égypte vers la démocratie, fondée sur le respect des droits de la personne, la liberté et la primauté du droit. Cette transition constitue une occasion idéale de donner au peuple égyptien la stabilité et la prospérité auxquelles il aspire.», a conclu le ministre canadien.

La France quant à elle, tout en souhaitant au nouveau président égyptien «du succès dans l’accomplissement de sa haute mission», a déclaré par la bouche de son ministre des Affaires étrangères qu’elle «encourage l’Égypte à suivre un processus de transition politique vers des institutions civiles respectueuses de l’État de droit, des droits de l’Homme et des libertés publiques».

De son côté, Washington s’est déclaré très clairement inquiet quant au climat politique qui précédé le scrutin: «Nous restons inquiets, de manière plus générale, quant à l’environnement de restrictions politiques qui a précédé ces élections […] y compris des arrestations politiques et des limitations à la liberté de la presse. La démocratie c’est plus que des élections et nous continuerons à faire pression pour que des progrès soient réalisés dans tous ces domaines», a indiqué Jennifer Psaki, porte-parole du département d’État américain.

L’organisation de défense des droits de l’Homme Human Rights Watch a souligné pour sa part «le climat de répression qui sape gravement l’impartialité de cet élection», rappelant les «milliers d’arrestations d’opposants, islamistes et laïques, qui ont verrouillé l’espace politique et privé le scrutin de toute signification».

Les observateurs ont toutefois estimé que cette élection avait respecté la loi. Outre l’équipe déployée par l’ambassade du Canada au Caire, le Canada avait affecté quatre observateurs à la Mission d’observation électorale de l’Union européenne, chargée de surveiller les élections présidentielles.

La présidentielle avait été prolongée mardi pour une troisième journée après que seulement 37% des électeurs eurent voté, l’ex-chef de l’armée et nouvel homme fort du pays Abdel Fattah al-Sissi, recherchant un véritable plébiscite.

Néanmoins, même si le taux de participation a été finalement inférieur à la présidentielle de 2012 (51,85%) qui avait porté Morsi au pouvoir, le maréchal empoche, avec plus de 21 millions des suffrages exprimés, près du double des voix qu’avait alors recueillies le président islamiste (13,2 millions).

Nouvelliste et reporter à CKCV Québec et directeur de l’information à CFLS Lévis, dans les années 70, Jacques N. Godbout a aussi travaillé sur le terrain pour divers instituts de sondage. Intervieweur, animateur et recruteur, il a participé à plusieurs projets de recherche qualitative.

DiscussionUn commentaire

  1. Fouad Bendriss

    pourquoi vous menter le taux de participation ne depasse pas 15 pour cent