Roméo Dallaire quitte le Sénat pour œuvrer à l’international

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Le sénateur et ancien lieutenant-général Roméo Dallaire (Photo: Nicolas Laffont/45eNord.ca)
Le sénateur et ancien lieutenant-général Roméo Dallaire (Photo: Nicolas Laffont/45eNord.ca)

Le lieutenant-général Roméo Dallaire (ret) a confirmé qu’il démissionne de son poste de sénateur pour se consacrer à ses tâches à l’international sur les enfants soldats et le syndrome de stress post-traumatique, rapporte la Presse canadienne.

Le lieutenant-général à la retraite Dallaire avait été nommé au Sénat en mars 2005 par le premier ministre Paul Martin.

Roméo Dallaire avait été propulsé à l’avant-scène internationale en 1994, alors qu’il dirigeait la Mission des Nations unies pour l’assistance au Rwanda (MINUAR) au moment du génocide de la communauté tutsie par les branches extrémistes gouvernementales hutus.

Le général Dallaire, qui commandait une petite force militaire légèrement armée, avait lancé plusieurs appels à la communauté internationale pour qu’elle s’interpose afin d’arrêter le massacre, mais ses appels étaient demeurés lettre morte.

Plus de 800 000 Rwandais, des Tutsis pour la plupart mais aussi de nombreux Hutus modérés, avaient péri, un massacre pour lequel le général Dallaire a maintes fois admis se sentir coupable.

Souffrant du syndrome de stress post-traumatique, il avait démissionné de l’armée en 2000 et sombré dans une profonde dépression, au cours de laquelle il a tenté de se suicider. Il est devenu par la suite été un ardent porte-parole en matière de sensibilisation au stress post-traumatique.

Jeudi dernier, 22 mai, le lieutenant-général Roméo Dallaire, accompagné de sa femme Élizabeth et de son fils, participait à l’Université Laval à Québec à une conférence sur le génocide au Rwanda qu’il avait annoncé être sa dernière conférence sur le sujet.

Lors de cette soirée, Roméo Dallaire, tout en rappelant l’ampleur du génocide au Rwanda et sa conviction que cette tragédie aurait pu être évitée, avait déclaré que «C’était la dernière fois que je me concentrais sur le génocide au Rwanda, ainsi que tout ce qui est arrivé là-bas, sur le terrain. Maintenant, j’œuvre et ce, depuis plusieurs années, sur la prévention du génocide. Par contre, je n’en ferai pas un livre».

Il avait alors souligné que le Canada devrait à présent se concentrer en République centrafricaine.

Âgé de 67 ans, Roméo Dallaire aurait pu siéger au Sénat jusqu’à l’âge de 75 ans, soit jusqu’en 2021.

Il a occupé diverses fonctions, dont membre du Comité consultatif des Nations unies sur la prévention du génocide et conseiller spécial du ministre responsable de l’Agence canadienne de développement international sur les questions concernant les enfants touchés par la guerre. Il a mis sur pied la Fondation Général-Roméo-Dallaire et créé l’Initiative Enfants soldats, un projet qui vise à éliminer l’utilisation d’enfants soldats.

Nouvelliste et reporter à CKCV Québec et directeur de l’information à CFLS Lévis, dans les années 70, Jacques N. Godbout a aussi travaillé sur le terrain pour divers instituts de sondage. Intervieweur, animateur et recruteur, il a participé à plusieurs projets de recherche qualitative.

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