Si l’Europe veut le gaz russe, elle devra contourner l’Ukraine, prévient Poutine

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Le président russe, Vladimir Poutine au Forum économique international de Saint-Pétersbourg (Présidence russe)
Le président russe, Vladimir Poutine au Forum économique international de Saint-Pétersbourg (Présidence russe)

Si l’Europe veut le gaz russe, elle devra contourner l’Ukraine. Vladimir Poutine, a appelé ce samedi 24 mai l’Union européenne à soutenir la construction de gazoducs contournant l’Ukraine, mettant aussi en garde contre «la menace des radicaux ukrainiens» sur le transit du gaz naturel par ce pays.

Le président russe prenait part vendredi et samedi au 18e Forum économique international de Saint-Pétersbourg, qui se déroule cette année sous le thème de «Soutenir la confiance dans un monde en pleine transformation».

Le Forum, qui a été un événement annuel depuis 1997, rassemble chefs d’État, des hommes politiques, des chefs d’entreprise russes et étrangers, des membres des communautés scientifiques et universitaires, des médias et des représentants de la société civile.

Le chef du Kremlin a rappelé à Saint-Pétersbourg que la Russie avait toujours été un fournisseur fiable de gaz pour l’Europe, mais était tributaire du transit par le territoire ukrainien.

«Je tiens à souligner que nous soutenons l’exécution de bonne foi des obligations contractuelles. Nous nous attendons à ce que les consommateurs et les pays de transit aient la même approche responsable’, a-t-il déclaré, ajoutant du même souffle « Honnêtement parlant, nous sommes sérieusement préoccupés par les déclarations faites par certains radicaux ukrainiens qui menacent le transit de notre gaz vers l’Europe. Nous espérons que le bon sens prévaudra et que cela n’arrivera pas.»

Vladimir Poutine estime que Bruxelles doit soutenir des projets comme celui du groupe russe Gazprom de gazoduc South Stream visant à contourner l’Ukraine en passant pas les fonds de la mer Noire puis la Bulgarie, la Serbie et la Hongrie avant de rejoindre l’Europe occidentale.

«La situation de notre voisin confirme encore une fois la rapidité de nos initiatives visant à construire des routes directes d’approvisionnement en carburant à l’Union européenne, tels que le South Stream, qui nous construisons déjà. Je crois que la Commission européenne doit prendre une position active sur cette question, parce que la protection des intérêts des consommateurs européens est l’un des – sinon le principal travail de cette organisation.», a insisté le président russe.

Qui pourrait se passer de qui?

«Aujourd’hui l’Europe représente plus de 70 pour cent de nos exportations de pétrole et la quasi-totalité de notre gaz de pipeline. Cependant, nous devons admettre que la consommation d’énergie en Europe est de plus en plus lente en raison de la faiblesse des taux de croissance économique, alors que les risques politiques et réglementaires sont en augmentation. Le transit est également un problème», a souligné Vladimir Poutine..

«Compte tenu de ces circonstances, notre désir d’ouvrir de nouveaux marchés est naturel et compréhensible. Principalement, nous parlons de la région de plus en plus dynamique de l’Asie-Pacifique. Ce n’est pas seulement nous donner une chance d’augmenter nos exportations, mais cela est aussi une impulsion majeure pour le développement de la Sibérie orientale et l’Extrême-Orient de la Russie», a aussi rappelé le chef du Kremlin, se référant manifestement au méga-contrat de 400 milliards $ conclu avec la Chine portant sur la livraison de gaz.

Un contrat qui tend à démontrer que l’Occident aura du mal à isoler la Russie.

En revanche, les livraisons de gaz russe à l’Europe, qui comptent pour un quart de ses approvisionnement et dont près de la moitié transitent par l’Ukraine, ont déjà connu des interruptions en 2006 et 2009 lors de précédentes crises entre Moscou et Kiev.

Un gazoduc sous-marin passant par les fonds de la mer Baltique et alimentant l’Europe du Nord, North Stream, a été inauguré par Gazprom en 2011 et, aujourd’hui, le message du président russes est clair: l’UE aura besoin de gazoducs contournant l’Ukraine, à moins de vouloir se tourner vers l’importation de gaz liquéfié qui lui coûterait deux fois plus cher.

Quoi qu’il en soit, même si, en définitive,l’UE et la Fédération Russie ont besoin l’une de l’autre, il reste que, lorsqu’il il a joué à «Qui a le plus peur?», Poutine a jusqu’à maintenant toujours été le vainqueur…

Vladimir Poutine au Forum international de Saint-Pétersbourg. ATTENTION: La traduction commence à la 55e seconde (Présidence russe)

Nouvelliste et reporter à CKCV Québec et directeur de l’information à CFLS Lévis, dans les années 70, Jacques N. Godbout a aussi travaillé sur le terrain pour divers instituts de sondage. Intervieweur, animateur et recruteur, il a participé à plusieurs projets de recherche qualitative.

DiscussionUn commentaire

  1. Jean Rouleau

    Poutine pour moi est un homme stupide empêcher le gaz de passer en Ukraine pour desservir l'Europe, il mérite que l'Europe s'approvisionne par navire citerne par les américains et Canadiens.