Soudan du Sud: il faut s’assurer que la MINUSS aient les effectifs promis, dit Navi Pillay

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Des casques bleus au Soudan du Sud gardent l’entrée de leur base à Juba (Archives/Isaac Billy/MINUSS)
Des casques bleus au Soudan du Sud gardent l’entrée de leur base à Juba (Archives/Isaac Billy/MINUSS)

À l’occasion d’une réunion du Conseil de sécurité vendredi sur la situation au Soudan du Sud, la Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, Navi Pillay, a exhorté le Conseil à s’assurer que la Mission des Nations Unies dans ce pays (MINUSS) dispose des effectifs dont elle a besoin.

À l’issue d’une visite deux jours au Soudan du Sud, la Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, Navi Pillay, avait déjà dénoncé mercredi 30 avril l’attitude des dirigeants sud-soudanais qui s’affrontent pour le pouvoir, estimant qu’ils menaient le pays à la catastrophe, rapporte le service d’information de l’ONU.

Cette fois, elle insiste pour que les pays contributeurs fournissent les casques bleus promis

«En décembre, ce Conseil a décidé que le nombre de Casques bleus de la MINUSS allait passer de 7.700 à 13.200. Cependant, les pays contributeurs de troupes n’ont pas encore fourni environ deux tiers des troupes supplémentaires», a dit Mme Pillay dans un discours devant le Conseil.

Ces Casques bleus supplémentaires «sont absolument nécessaires », a-t-elle insisté. «Je vous fait confiance pour faire tout votre possible pour vous assurer que la MINUSS puisse compter sur un effectif complet de casques bleus, ainsi que sur un budget approprié».

«Le plus jeune pays du monde a une longue histoire de souffrances. Son peuple se tourne vers ce Conseil pour qu’il exerce son autorité afin de garantir une solution politique rapide à cet horrible conflit», a dit Mme Pillay.

La Haut-Commissaire aux droits de l’homme s’était rendue en début de semaine au Soudan du Sud pour évaluer la situation des droits de l’homme dans ce pays après des massacres à Bentiu et à Bor, accompagnée du Conseiller spécial des Nations Unies sur la prévention du génocide, Adama Dieng.

Mercredi, elle avait dénoncé l’attitude des dirigeants sud-soudanais estimant qu’ils s’étaient lancés dans une lutte de pouvoir personnelle conduisant leur propre peuple au bord de la catastrophe.

«La violence aujourd’hui au Soudan du Sud n’est pas motivée par le désir de changer le pays, mais plutôt par des intérêts personnels liés à l’accès à la richesse pétrolière et aux ressources de développement », avait déclaré pour sa part déclaré Adam Dieng deux jours plus tard, alors qu’il faisait rapport de sa visite au Conseil de sécurité. «La communauté internationale ne doit pas être complice de cela», avait-t-il ajouté.

Rlayant les craintes de l’ONU, le secrétaire d’État américain John Kerry a mis en garde à son tour jeudi contre les risques de «génocide» et de «famine» au Soudan du Sud, menaçant les belligérants de sanctions s’ils ne mettent pas fin au conflit qui déchire cette jeune nation.

Lueur d’espoir, e président du Soudan du Sud a accepté l’ouverture de négociations directes avec le chef de la rébellion sur l’application d’un cessez-le-feu et la formation d’un gouvernement de transition, a annoncé vendredi le chef de la diplomatie américaine John Kerry à Juba, mais, jusqu’à maintenant, les négociations ont toujours achoppé, les deux camps rivaux cherchant plutôt à gagner du temps, persuadés qu’ils sont de pouvoir l’emporter militairement.

Nouvelliste et reporter à CKCV Québec et directeur de l’information à CFLS Lévis, dans les années 70, Jacques N. Godbout a aussi travaillé sur le terrain pour divers instituts de sondage. Intervieweur, animateur et recruteur, il a participé à plusieurs projets de recherche qualitative.

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