Soudan du Sud: l’armée reprend Bentiu aux rebelles une base

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Le chef des rebelles au Soudan du Sud, Riek Machar (au centre), le 14 avril 2014 à Nasir (Archives/Zacharias Abubeker/AFP)
Le chef des rebelles au Soudan du Sud, Riek Machar (au centre), le 14 avril 2014 à Nasir (Archives/Zacharias Abubeker/AFP)

L’armée du Soudan du Sud a repris ce dimanche 4 mai une importante base rebelle dans le Nord-Est et la ville pétrolifère stratégique de Bentiu, dans le Nord, menant son offensive alors que, pas plus tard que vendredi 2 mai, sous la pression de la communauté internationale, le président du Soudan du Sud avait accepté l’ouverture de négociations directes avec son rival.

L’avancée de l’armée loyale au président Salva Kiir a forcé le chef rebelle, l’ancien vice-président Riek Machar, à fuir vers la frontière éthiopienne, a déclaré le porte-parole de l’armée, Philip Aguer.

«Nos forces ont capturé Nasir, une des plus importantes bases rebelles, proche de l’Ethiopie, ce matin. Après un assaut hier avec de violents bombardements, la ville est à nous. Les rebelles, dont Riek Machar, sont en train de fuir vers la frontière éthiopienne. Nous continuons d’avancerÙ, a ajouté le porte-parole de l’armée fidèle à Salva Kiir.

Il a affirmé que les forces gouvernementales étaient entrées dans la ville de Bentiu (nord), capitale de l’Etat pétrolifère d’Unité.

Bentiu a changé plusieurs fois de mains depuis le début de la guerre civile et des atrocités y ont été commises. Les rebelles avaient repris la ville le mois dernier et y avaient massacré des centaines de civils selon les Nations unies.

Les menaces de sanctions se révèlent inutiles

Le secrétaire d’État américain John Kerry qui, relayant les craintes exprimées la veille par l’ONU, avait mis en garde jeudi contre les risques de «génocide» et de «famine» au Soudan du Sud, avait aussi menacé les belligérants de sanctions s’ils ne mettaient pas fin au conflit qui déchire cette jeune nation.

Et vendredi, à Juba, le chef de la diplomatie américaine avait annoncé le président du Soudan du Sud, Salva Kiir, avait accepté l’ouverture de négociations directes avec le chef de la rébellion, Riek Machar sur l’application d’un cessez-le-feu et la formation d’un gouvernement de transition,sur l’application d’un cessez-le-feu et la formation d’un gouvernement de transition, a annoncé vendredi le chef de la diplomatie américaine John Kerry à Juba.

Jusqu’à maintenant, les deux camps rivaux, cherchant à gagner du temps, ont fait mine de négocier quand la pression de la communauté internationale se faisait trop forte, mais n’en ont pas moins continuer de tenter de l’emporter militairement sur le terrain, faisant fi des accords convenus lors des négociations, le cessez-le-feu signé en janvier, par exemple, n’ayant jamais été appliqué.

Et, semble-t-il, le désir de l’emporter sur le terrain a encore une fois été plus fort.

Depuis le début du conflit en décembre dernier, les deux camps ont été accusés d’atrocités à travers le pays: massacres ethniques, viols, attaques d’hôpitaux et de lieux de culte, recrutement d’enfants-soldats par milliers.

Les organisations humanitaires ont prévenu que le Soudan du Sud était au bord de la pire famine que l’Afrique ait connue depuis les années 1980.

Nouvelliste et reporter à CKCV Québec et directeur de l’information à CFLS Lévis, dans les années 70, Jacques N. Godbout a aussi travaillé sur le terrain pour divers instituts de sondage. Intervieweur, animateur et recruteur, il a participé à plusieurs projets de recherche qualitative.

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