Thaïlande: la Première ministre détenue par l’armée qui menace de bloquer les réseaux sociaux

Un soldat patrouille dans les rues de Bangkok, vendredi 23 mai. (AFP)
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Un soldat patrouille dans les rues de Bangkok, vendredi 23 mai. (AFP)
Un soldat patrouille dans les rues de Bangkok, vendredi 23 mai. (AFP)

Ils sont 155 anciens dirigeants thaïlandais, dont l’ancienne Première ministre Yingluck Shinawatra, à être désormais interdits de quitter le pays, tandis que des tensions survenaient entre opposants au putsch et soldats.

Au lendemain du coup d’État de l’armée qui a conduit à une limitation des libertés individuelles et à une suspension partielle de la Constitution, Yingluck, soeur de Thaksin Shinawatra, ancien Premier ministre lui-même chassé par un putsch en 2006 et qui reste malgré son exil le facteur de division du pays est elle-aussi sous le coup de l’interdiction de séjour à l’étranger.

Yingluck Shinawatra s’est présentée vendredi matin à une convocation des militaires, mais n’a pas reparu après.

Selon son assistant, elle pourrait avoir été emmenée dans un camp militaire hors de la capitale, mais la junte a gardé le silence sur sa localisation, tout comme sur celle des autres responsables convoqués, dont Niwattumrong Boonsongpaisan, qui avait succédé à Yingluck à la tête du gouvernement.

«Si le premier ministre et nombre de ces personnalités n’étaient pas appréhendés, il y aurait un risque qu’ils mettent en place un gouvernement en exil», a expliqué le politologue Paul Chambers, de l’université de Chiang Mai.

Au total, une centaine d’anciens responsables politiques du parti Puea Thai (ex-gouvernement) comme du Parti démocrate (opposition), étaient convoqués vendredi par les auteurs de ce coup d’État condamné par la communauté internationale.

Réseaux sociaux menacés

L’armée thaïlandaise est peu à peu en train d’imposer ses volontés à la population. Après avoir pris le contrôle de la télévision d’Etat, les militaires ont annoncé que Twitter et Facebook n’échapperont pas non plus à la surveillance du nouveau régime.

Dans la nuit de jeudi à vendredi, un porte-parole de l’armée a en effet menacé, lors d’une intervention télévisée, de bloquer les réseaux sociaux en cas de contenu « incitant à la violence ». Les critiques contre les nouveaux dirigeants ne seront pas non plus tolérées. « Si nous considérons qu’ils violent [ces règles], nous suspendrons le service immédiatement et convoqueront les coupables pour les poursuivre », a déclaré ce militaire.

Depuis son coup d’Etat, l’armée thaïlandaise a multiplié les annonces. Dans la journée de jeudi, des militaires ont ainsi expliqué à la population que la Constitution était suspendue, que le premier ministre renversé, Niwattumrong Boonsongpaisan, devait venir s’expliquer, que les manifestants devaient rentrer chez eux ou encore qu’un couvre-feu était mis en place.