Ukraine : la «rhétorique de haine» alimente l’escalade, déclare Navi Pillay

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Drapeaux ukrainiens en face de la maison aux chimères, Kiev (UNDP/Kyiv)
Drapeaux ukrainiens en face de la maison aux chimères, Kiev (UNDP/Kyiv)

La Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, Navi Pillay, a déclaré ce vendredi 16 mai qu’un nouveau rapport des Nations Unies produit par son équipe de suivi en Ukraine montre une détérioration alarmante de la situation des droits de l’homme dans l’est du pays, et de nouveaux problèmes graves en Crimée, en particulier en relation avec les Tatars, rapporte le service d’information de l’ONU.

La Haut-Commissaire a appelé les personnes disposant d’une influence sur les groupes armés responsables de l’essentiel des violences dans l’est de l’Ukraine à faire tout leur possible pour freiner ces hommes qui semblent déterminés à diviser le pays.

Le rapport de 36 pages, le deuxième produit par la mission de suivi du Haut-Commissariat aux droits de l’homme (HCDH), couvre la période du 2 avril au 6 mai 2014.

Le Haut-Commissariat s’alarme dans ce rapport d’une tendance croissante, dans certaines zones urbaines sensibles, à l’organisation simultanée de rassemblements par des groupes qui s’opposent, ce qui aboutit souvent à des affrontements violents.

Le rapport évoque aussi des actes répétés de violence contre des personnes participant pacifiquement à des rassemblements, principalement des partisans de l’unité de l’Ukraine et note que la police locale ne fait souvent pour empêcher ces violences et même, dans certains cas, coopère ouvertement avec les agresseurs.

Le rapport énumère, en outre, de nombreux exemples spécifiques de meurtres, tortures, passages à tabac, enlèvements, actes d’intimidation ciblés «pour la plupart perpétrés par des groupes anti-gouvernementaux bien organisés et bien armés dans l’est du pays».

Le rapport évoque aussi une augmentation inquiétante des enlèvements et détentions illégales de journalistes, militants, hommes politiques locaux, représentants d’organisations internationales et de militaires dans l’est et souligne que le problème est particulièrement marqué dans et autour de la ville de Slaviansk, dans la région de Donetsk, où un groupe appelé l’unité d’auto-défense de Slaviansk est largement impliqué.

Mais il évoque également des cas pour lesquels les services de sécurité étatiques ukrainiens et des unités de l’armée opérant dans l’est ont été accusés de tuer des personnes et d’être responsables de disparitions forcées.

Le Haut-Commissariat souligne aussi que les journalistes, blogueurs, et autres professionnels des médias basés dans la région ou en visite, sont de plus en plus confrontés à des menaces et à des actes d’intimidation, y compris à des enlèvements et des détentions illégales par des groupes armés.

Finalement, le rapport met en lumière nombre de nouveaux problèmes en Crimée, en particulier en relation avec les Tatars de Crimée et les minorités. Les Tatars de Crimée, qui ont été accusés de trahison et déportés en masse en Asie centrale par le Gouvernement soviétique de Staline il y a soixante-dix ans, le 18 mai 1944, n’ont été autorisés à rentrer en Ukraine que dans les années 90.

Il sont confrontés maintenant, dit le rapport,confrontés à de nombreux autres problèmes, parmi lesquels la liberté de mouvement de leurs responsables (plusieurs d’entre eux se sont vus refuser l’entrée en Crimée après avoir tenté d’y revenir depuis d’autres parties de l’Ukraine) ; des cas de harcèlement physique, des restrictions imposées aux médias tatars criméens, des craintes de persécution religieuse pour les musulmans pratiquants parmi eux et la menace du Procureur de Crimée de déclarer illégal et de mettre un terme au travail du Parlement des Tatars de Crimée.

Déjà, selon le Haut-Commissariat, plus de 7 200 personnes originaires de Crimée – pour la plupart des Tatars criméens – sont devenus des déplacés internes dans d’autres parties de l’Ukraine.

«[…] la rhétorique continue de haine et propagande, doublée des meurtres et autres actes de violence, alimente l’escalade de la crise en Ukraine», a déclaré Navi Pillay, en présentant le rapport.

Et la Haut-Commissaire de conclure en exhortant tous les dirigeants politiques ukrainiens à éviter toute action qui pourrait davantage envenimer la situation,

Nouvelliste et reporter à CKCV Québec et directeur de l’information à CFLS Lévis, dans les années 70, Jacques N. Godbout a aussi travaillé sur le terrain pour divers instituts de sondage. Intervieweur, animateur et recruteur, il a participé à plusieurs projets de recherche qualitative.

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