Ukraine: opération sur le bastion rebelle de Slaviansk, la Russie «indignée»

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Rebelles pro-russes le 2 mai 2014 à Slavyansk (Vasily Maximov/AFP)
Rebelles pro-russes le 2 mai 2014 à Slavyansk (Vasily Maximov/AFP)

L’Ukraine a lancé vendredi à l’aube une opération militaire sur le bastion séparatiste pro-russe de Slaviansk, perdant deux soldats et s’attirant une réponse furieuse de la Russie, pour qui Kiev court tout droit à la «catastrophe».
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Mise à jour au 02/05/2014 à 16h07

Le ministère ukrainien a revu à la baisse son précédent bilan de 38 morts à Odessa et parle maintenant de 31 morts.

Plus tôt dans la journée, un défilé rassemblant environ 1.500 personnes, en grande partie des supporteurs des clubs de football d’Odessa et de Kharkiv (est) avait été attaquée par plusieurs centaines de pro-russes casqués à coups de matraques, de pierres et d’explosifs, et ce malgré une tentative d’interposition de la police, a constaté un journaliste de l’AFP. Ces violences ont fait pour leur part quatre morts et une quinzaine de blessés.

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Deux soldats ont été tués dans de nouveaux combats avec des rebelles rapporte à l’instant l’AFP.

Par ailleurs, trente-huit personnes ont péri dans un incendie dans un immeuble à Odessa (sud de l’Ukraine) à la suite d’affrontements qui ont opposé vendredi des partisans de l’unité de l’Ukraine et des militants pro-russes, a annoncé le ministère de l’Intérieur ukrainien.

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Lancée aux petites heures de la matinée (01h30 GMT) à Slaviansk et Kramatorsk, l’opération semblait s’être figée en un face-à-face tendu en début d’après-midi, selon des correspondants de l’AFP présents sur place.

Selon le ministère de l’Intérieur, l’armée a pris le contrôle de neuf points de contrôle qui étaient auparavant aux mains des rebelles. Dans les villages autour de Slaviansk, les militaires ukrainiens ont parfois été accueillis avec hostilité par la population locale qui leur a crié de «rentrer chez eux» et a tenté de bloquer les routes à leurs blindés, a constaté l’AFP.

«Vos mères veulent que vous rentriez chez vous vivants et sans le sang du peuple sur vos mains», a hurlé une habitante, Valentina Leonteïeva, à l’adresse des soldats.

Les autorités ukrainiennes exigent des «terroristes» pro-russes qu’ils «libèrent les otages, déposent leurs armes et quittent les bâtiments», a indiqué le ministre ukrainien de l’Intérieur Arsen Avakov, qui se trouve sur place avec le ministre de la Défense Mikhaïlo Koval et le commandant de la Garde nationale.

Deux militaires ukrainiens ont été tués et deux hélicoptères ont été abattus avec des lance-roquettes portables au cours des premiers combats, selon le ministère ukrainien de la Défense.

De tels actes portent la signature de «groupes de sabotage professionnels» et de «militaires ou mercenaires étrangers», a-t-il déclaré. Un autre pilote, gravement blessé, a été capturé par les séparatistes.

La Russie, que Kiev et l’Occident accusent de téléguider le mouvement pro-russe, a vivement réagi à l’annonce de l’opération militaire, qu’elle a qualifiée de «raid de représailles» et de «coup de grâce à l’accord de Genève» péniblement conclu à la mi-avril entre Moscou, Kiev et les Occidentaux.

«Le recours à l’armée contre son propre peuple est un crime qui mène l’Ukraine à la catastrophe», a lancé le ministère russe des Affaires étrangères, affirmant que des «étrangers parlant l’anglais» avaient appuyé les militaires ukrainiens lors de l’opération.

En soutenant les autorités de Kiev, «les Etats-Unis et l’Union européenne prennent une grande responsabilité et bloquent de facto la voie à une solution pacifique de la cris» », a-t-il accusé, concluant: «Nous exigeons fermement que l’Occident renonce à sa politique dévastatrice envers l’Ukraine».

Observateurs OSCE toujours détenus

Le chef de la diplomatie suédoise Carl Bildt a ironisé vendredi sur la position de la Russie, qui répète depuis des mois ne pas être impliquée dans les mouvements pro-russes à l’oeuvre à Slaviansk et dans l’Est de l’Ukraine.

«Des hélicoptères ukrainiens ont été abattus à Slaviansk. Je suppose que des vieilles femmes avaient acheté des lance-roquettes ou des missiles à l’épicerie locale», a-t-il raillé dans un tweet.

Slaviansk fait partie de la douzaine de villes de l’Est ukrainien actuellement sous contrôle des séparatistes pro-russes mais la situation y est particulièrement sensible en raison de la présence dans la ville d’une équipe d’observateurs de l’OSCE, retenus sur place par les rebelles depuis une semaine.

Les négociations pour obtenir la libération des 11 hommes (7 étrangers et 4 Ukrainiens) n’ont rien donné jusqu’ici. Elles se trouvent dans «une phase très sensible», a prévenu vendredi à Berne le ministre allemand des Affaires étrangères Frank-Walter Steinmeier.

Le Kremlin, pressé par les Occidentaux ces derniers jours d’intervenir en leur faveur, a annoncé vendredi avoir dépêché il y a plusieurs jours déjà un émissaire, Vladimir Loukine, pour participer aux négociations sur leur sort.

La situation en Ukraine et le sort des observateurs de l’OSCE doivent aussi figurer au menu vendredi d’une série de rencontres, notamment entre le président des États-Unis Barack Obama et la chancelière allemande Angela Merkel.

Appel aux hommes de Slaviansk

À Slaviansk même, la population, qui s’est réveillée au son du canon et du tocsin, a fébrilement entrepris de se préparer, érigeant des barricades de fortune dans les rues. Des membres des groupes d' »autodéfense » en tenue de camouflage se sont déployés près de la mairie autour de deux blindés légers ravis le mois dernier aux forces ukrainiennes.

Le maire autoproclamé de Slaviansk, le chef rebelle Viatcheslav Ponomarev, a demandé dans un message vidéo aux «femmes, enfants et retraités de ne pas sortir de chez eux» et à «tous les hommes armés d’aider» les insurgés.

«Notre ville a été attaquée, l’assaut a été lancé contre la ville, nous avons subi des pertes», a-t-il dit sans plus de détail. «Nous allons défendre la ville, nous allons gagner», a-t-il lancé, apparaissant habillé en tenue de camouflage avec un gilet pare-balles et une casquette.

Trois équipes de journalistes occidentaux (les chaînes CBS et Sky News et le site Buzzfeed) ont de leur côté indiqué avoir été retenus pendant plusieurs heures vendredi à Slaviansk par des rebelles aux nerfs à fleur de peau, qui en ont malmené certains avant de les relâcher.

Les rebelles pro-russes, hostiles au pouvoir mis en place à Kiev après le renversement du président Viktor Ianoukovitch, avaient nettement étendu leur emprise ces derniers jours, sans rencontrer beaucoup de résistance de la part des forces de l’ordre ukrainiennes.

Ils contrôlent désormais des sites stratégiques (mairie, siège de la police et des services de sécurité) dans plus d’une douzaine de villes.

Jugeant que l’intégrité territoriale de l’Ukraine était menacée, le président par intérim, Olexandre Tourtchinov, a réintroduit jeudi la conscription face à la détérioration de la situation dans l’Est.

Discussion3 commentaires

  1. Ce n'est pas à l'armée de faire du maintien de l'ordre. Kiev prend donc le risque inconsidéré de faire face à de la désobéissance généralisée de militaires refusant de tuer leurs propres compatriotes. Ce qui déstabiliserait encore plus son assise dans le pays …

  2. Thierry Lakhanisky

    Et c'est la Russie que l'on sanctionne alors que la manip est a 110% Yankee…..les USA s'enferrent dans le cote le plus sombre de la Force .

  3. Thierry Lakhanisky : pas tout à fait 100% Yankee car il n'a pas fallu beaucoup pousser l'UE pour qu'elle suive nos cousins Ricains. Et avec un plaisir non dissimulé. En espérant le retour de l'ascenseur depuis Washington DC, les vrais Boss !