Une étude américaine pour mieux comprendre le patriotisme de «Boris»

Des militants pro-Kremlin rassemblés sur la place Rouge à Moscou le 18 mars 2014 célébrant le rattachement de la Crimée à la Russie (Dmitry Serebryakov/AFP)
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Des militants pro-Kremlin rassemblés sur la place Rouge à Moscou le 18 mars 2014 célébrant le rattachement de la Crimée à la Russie (Dmitry Serebryakov/AFP)
Des militants pro-Kremlin rassemblés sur la place Rouge à Moscou le 18 mars 2014 célébrant le rattachement de la Crimée à la Russie (Dmitry Serebryakov/AFP)

Alors que les divergences avec Moscou sur la question ukrainienne ont déclenché la pire crise entre la Russie et les Occidentaux depuis la fin de la Guerre froide dans les années 1990, un professeur américain entreprendra une étude pour mieux comprendre la fierté, le nationalisme et le patriotisme des Russes.

À l’Université de l’Oklahoma, un professeur de science politique a reçu une bourse du programme Filbright pour étudier les« pratiques» patriotiques et nationalistes quotidiennes en Russie qui se traduisent comme on a pu le voir lors de la crise ukrainienne par un soutien au régime.

Le programme Fulbright, créé en 1946 au lendemain de la Seconde Guerre mondiale dans l’espoir que les échanges culturels et éducatifs entre pays contribueraient à asseoir durablement la paix, est un système de bourses d’étude très compétitif et basé sur le mérite, subventionné conjointement par le département d’État des États-Unis et par les gouvernements des pays désireux d’y participer.

La popularité de Vladimir Poutine, qui atteint des sommets dans les sondages depuis le déclenchement de la crise, est probablement loin d’être factice et tien peut-être en grande partie à la fierté et au nationalisme des Russes, conjugués à la nostalgie de la grandeur de l’Empire soviétique maintenant disparu.

Et aujourd’hui, pour mieux comprendre la fierté russe, Paul Goode, professeur agrégé et directeur des études supérieures au Département de science politique de l’Université d’Oklahoma, projette de se rendre en juillet à Tyumen , en Russie, pour y mener des recherches qui comprendront de l’observation ethnographique , des entretiens avec les partis politiques et des entreprises de marketing , et des groupes de discussion avec une variété de citoyens russes .

Le professeur Goode s’est associé à l’Université d’État de Tioumen à observer l’essor populaire du nationalisme et les méthodes utilisées pour transmettre des messages nationalistes dans la vie privée des citoyens russes .

Goode a choisi de Tioumen , en Sibérie occidentale comme site de cette recherche pour mieux comprendre comment le patriotisme et le nationalisme chez les Russes «ordinaires» en dehors de Moscou .

L’importance de ce sujet est soulignée par la réponse de la Russie au changement de régime en Ukraine, a déclaré le professeur américain.

«Comprendre le rôle du patriotisme et du nationalisme dans la culture russe et son rôle dans la légitimité du régime ou dans une politique de transformation – est essentiel pour comprendre le potentiel de développement, et les limites des domaines de coopération en politique étrangère russe et américaine», déclare le politologue.

En examinant l’intersection entre la légitimité du régime , le patriotisme et la nation [ruse. ndlr] sous la forme de pratiques quotidiennes des citoyens russes , Goode cherche à relier les idées de la science politique sur la politique des régimes mixte avec le corpus émergent de travail sur le «nationalisme tous les jours».

L’Occident finira peut-être bien par saisir un peu de l’âme de Boris et comprendre que, des tsars à Poutine, il lui faudra, sans renoncer à ses intérêts, apprendre à «ménager» la «Russie éternelle» s’il veut éviter les conflits.