Veille de la Journée de commémoration au Canada, en Afghanistan les talibans reprennent l’offensive

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Des soldats afghans à Kaboul (Wakil Kohsar/AFP)
Des soldats afghans à Kaboul (Wakil Kohsar/AFP)

Au moment où se dérouleront le 9 mai au Canada les cérémonies de la Journée nationale de commémoration, notamment sur la Colline parlementaire à Ottawa, à une dizaine de milliers de kilomètres, en Afghanistan, les talibans afghans ont annoncé ce jeudi 8 mai le début imminent de leur offensive du printemps.

Alors que, mardi 18 mars 2014, sont rentrés au pays les derniers soldats canadiens de l’Opération ATTENTION, mettant ainsi fin à plus de 12 ans de présence en Afghanistan, dans ce pays d’Asie centrale  l’histoire se poursuit et, aujourd’hui, les insurgés promettent de multiplier leurs attaques au moment où le pays envisage avec incertitude le retrait, d’ici à la fin de l’année, de tous les soldats de l’OTAN.

L’opération Khaïbar, en référence à une victoire emblématique des musulmans dans les premières années de l’islam sur les juifs qui durent payer une rançon à Mahomet et donner toutes leurs terres aux musulmans, sera lancée lundi matin, déclarent les rebelles islamistes dans un communiqué.

L’offensive de printemps, qui s’interrompt traditionnellement au début de l’hiver, lorsque l’apparition de la neige perturbe les déplacements des insurgés, intervient cette année en plein entre-deux tours de l’élection présidentielle qui désignera le successeur de Hamid Karzaï.

Les talibans avaient précédemment promis de mobiliser tous leurs moyens pour le saboter, sans parvenir toutefois à perturber significativement le premier tour du 5 avril dernier.

L’opération Khaïbar, selon le communiqué des insurgés, visera «principalement les envahisseurs étrangers et ceux qui les soutiennent, peu importe leurs titres, espions, militaires ou contractants civils, mais aussi tous ceux qui travaillent pour eux, comme les interprètes».

Les talibans annoncent également qu’ils s’en prendront aux hauts responsables gouvernementaux, aux parlementaires et aux magistrats qui attaquent leurs partisans en justice.

Chassés du pouvoir en 2001 par une coalition militaire internationale menée par les Américains, les talibans mènent depuis une insurrection que douze ans de présence militaire occidentale n’ont pas réussi à mater.

La persistance des violences suscite l’inquiétude alors que les 51.000 soldats de la Force internationale de l’Otan en Afghanistan (ISAF) doivent quitter le pays d’ici à la fin de l’année.

Les forces américaines envisagent de laisser plusieurs milliers de soldats en Afghanistan après 2014 pour entraîner l’armée afghane et soutenir des opérations antiterroristes, mais le maintien de ce contingent est subordonné à l’entrée en vigueur d’un traité bilatéral qui ne sera vraisemblablement pas signé avant l’arrivée d’un nouveau président.

Ce sont les forces afghanes, que le Canada a contribué à former lors de l’Opération ATTENTION, qui sont en première ligne face à la rébellion islamiste depuis qu’elles ont pris, en juin dernier, le relais de l’ISAF pour assurer la sécurité d’un pays toujours contrôlé en partie par les insurgés qui cherchent à reprendre, par les armes, le pouvoir à Kaboul.

*Avec AFP

Nouvelliste et reporter à CKCV Québec et directeur de l’information à CFLS Lévis, dans les années 70, Jacques N. Godbout a aussi travaillé sur le terrain pour divers instituts de sondage. Intervieweur, animateur et recruteur, il a participé à plusieurs projets de recherche qualitative.

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