Venezuela : arrestations massives et regain de violence, l’ONU inquiète

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Mercredi soir et jeudi matin, la Guardia Nacional vénézuélienne et la Policìa nacional boliviariana (PNB) ont encerclé plus de 200 manifestants d'un mouvement de jeunes qui campaient pacifiquement devant les bureaux du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) à Caracas et dans d'autres endroits de la ville (Twitter/Rory Branker)
Mercredi soir et jeudi matin, la Guardia Nacional vénézuélienne et la Policìa nacional boliviariana (PNB) ont encerclé plus de 200 manifestants d’un mouvement de jeunes qui campaient pacifiquement devant les bureaux du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) à Caracas et dans d’autres endroits de la ville (Twitter/Rory Branker)

Le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme (HCDH) s’est déclaré cette semaine préoccupé par le regain de violence au Venezuela dans le contexte de manifestations contre le gouvernement, rapporte le service d’information de l’ONU.

«Nous condamnons sans équivoque toute violence par toutes les parties au Venezuela. Nous sommes particulièrement préoccupés par l’usage excessif de la force par les autorités en réponse aux manifestations », a dit le porte-parole du HCDH, Rupert Colville, dans un point de presse à Genève vendredi 9 mai.

L’ONU s’oppose aussi à ce que les jeunes manifestants arrêtés soient conduits dans des installations militaires.

«Nous réitérons donc l’appel de la Haut-Commissaire au gouvernement de veiller à ce que les gens ne soient pas punis pour avoir exercé leurs droit de réunion pacifique et à la liberté d’expression », a ajouté le porte-parole.

Arrestations massives  

Mercredi soir et jeudi matin, la Guardia Nacional vénézuélienne et la Policìa nacional boliviariana (PNB) ont encerclé plus de 200 manifestants d’un mouvement de jeunes qui campaient pacifiquement devant les bureaux du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) à Caracas et dans d’autres endroits de la ville.

Selon les chiffres officiels, 243 personnes au total ont été arrêtées.

Le gouvernement a affirmé que les camps étaient utilisés comme bases pour organiser de violentes manifestations, et que des cocktails Molotov, des armes et de la drogue y avaient été trouvés.

La majorité des personnes détenues, dont 18 mineurs et une femme enceinte, auraient été emmenés dans des locaux militaires à Tiuna. Les avocats et les familles se sont plaints du manque d’informations sur le sort des personnes détenues ainsi que l’absence d’accès aux détenus.

Des centaines d’autres manifestants sont alors descendus dans les rues pour protester contre l’arrestation des jeunes et le démantèlement des camps. Des barricades ont mises en place et des routes bloquées.

Jeudi, un policier est mort, atteint au cou par un coup de feu et un autre membre des forces de l’ordre aussi été blessé par balle au cours des affrontements entre forces de l’ordre et opposants qui manifestaient contre le démantèlement dans la matinée de quatre camps installés depuis plus d’un mois par des contestataires dans l’est de la capitale.

D’autres arrestations ont aussi été signalées à Caracas jeudi soir.

Après la comparution au Palais de Justice, vendredi, des jeunes gens arrêtés lors du démantèlement des camps, 12 sont restés détenus alors que 108 autres ont été libérés sous conditions, les privant aussi de leur liberté même s’ils ne sont plus détenus.

Violences et menaces

«Nous sommes également préoccupés par les informations faisant état de violence et d’attaques, souvent à l’initiative d’individus armés, dans et autour d’universités vénézuéliennes depuis le début de la semaine», a aussi dit le porte-parole du Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme.

La Bibliothèque de l’Université Fermin Toro à Barquisimeto a été incendiée, et la police a fait usage de balles en caoutchouc et de gaz lacrymogènes pour disperser des manifestations à l’intérieur et à l’extérieur des locaux de l’Université catholique de Puerto Ordaz »,

Et, plus récemment encore, à Ciudad Guayana, dans l’État de Bolìvar, à environ 600 km de la capitale, les jeunes étudiants qui occupaient dans cette ville le Camp pour la paix et la liberté ont décidé de l’abandonner dans la nuit de vendredi à samedi devant les menaces d’en être délogès de force comme ce fut le cas dans la capitale.

Depuis le 4 février, le Venezuela est le théâtre d’un mouvement de protestation étudiant relayé par l’opposition critiquant la politique du président socialiste Nicolas Maduro, héritier d’Hugo Chavez, mort en mars 2013.

Jusqu’ici, les violences liées aux manifestations ont fait des dizaine de morts et des centaines de blessés.

Malgré ses plus importantes réserves de pétrole de la planète, qui lui rapportent 100 milliards de dollars par an, le pays subit depuis plusieurs mois une crise économique aiguë, combinant pénuries récurrentes et inflation croissante (plus de 60% par an).

Nouvelliste et reporter à CKCV Québec et directeur de l’information à CFLS Lévis, dans les années 70, Jacques N. Godbout a aussi travaillé sur le terrain pour divers instituts de sondage. Intervieweur, animateur et recruteur, il a participé à plusieurs projets de recherche qualitative.

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