Vietnam: évacuation de 3.000 Chinois et nouvelles manifs anti-chinoises dimanche

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Des manifestants à Hanoi protestent contre le déploiement par Pékin d’une plate-forme de forage dans des eaux contestées en mer de Chine méridionale. (AFP)
Des manifestants à Hanoi protestent contre le déploiement par Pékin d’une plate-forme de forage dans des eaux contestées en mer de Chine méridionale. (AFP)

Alors qu’une coordination d’une vingtaine d’ONG vietnamiennes a appelé à de nouvelles manifestations, dimanche, contre «les agressions chinoises», plus de 3.000 ressortissants chinois ont été évacués du Vietnam samedi après-midi après les récentes violences meurtrières contre les entreprises et les citoyens chinois, a déclaré ce dimanche 18 mai en matinée le ministère des Affaires étrangères de la Chine, rapporte l’agence officielle Chine Nouvelles.

«Ils sont retournés en Chine avec l’aide de l’ambassade de Chine au Vietnam», déclare le ministère des Affaires étrangères dans un communiqué de presse.

Les pires violences depuis des décennies

Depuis mardi dernier, des manifestants antichinois ont incendié plus de dix usines au Vietnam, une éruption de rage sans précédent depuis des décennies, après le déploiement par Pékin d’une plateforme pétrolière dans des eaux revendiquées par Hanoï.

Jusqu’ici, deux ressortissants chinois ont été tués dans ces violences et plus de 100 autres blessées.

Un complexe sidérurgique de la Formosa Plastics Group, basé à Taipei, en construction dans la province de Ha Tinh du Vietnam, a été durement touchés dans les attaques violentes déclenchées par le conflits dans la mer de Chine méridional.

La société chinoise de construction 19th Metallurgical Corporation (MCC19) est l’entrepreneur pour la construction de l’usine. Le gouvernement chinois a affrété un avion et un navire pour rapatrier le personnel de MCC19, selon le ministère chinois des Affaires étrangères.

En tout, plus de 500 usines taïwanaises ont été endommagées lors des émeutes anti-chinoises meurtrières cette semaine au Vietnam, selon la Chambre de commerce taïwanaise dans le pays.

En visite à Washington, le chef d’état-major de l’armée chinoise, le général Fang Fenghui, a assuré jeudi que son pays protégerait la plateforme pétrolière déployée dans des eaux contestées par Hanoï et s’assurerait qu’elle continuerait à fonctionner malgré les violentes manifestations en cours au Vietnam.

Des regrets et des assurances des autorités vietnamiennes

Vendredi, toutefois, rapporte encore Chine Nouvelles, un groupe de travail chinois conduit par le ministre assistant aux Affaires étrangères, Liu Jianchao, a mené à Hanoi, des pourparlers avec «un groupe homologue vietnamien» sur les récentes violences.

Le vice-ministre des Affaires étrangères du Vietnam Pham Quang Vinh a à nouveau fait part de son regret suite aux décès de Chinois et aux dommages causés à des propriétés chinoises et affirmé, selon l’agence chinoise, qu’après les incidents, la partie vietnamienne a immédiatement adopté des mesures strictes pour mobiliser toutes les forces et renforcer la protection des entreprises et du personnel chinois.

Il a réaffirmé que le Vietnam continuera à faire tout son possible pour protéger la sécurité des ressortissants et organisations de Chine et pour mettre fin aux violences.

Le Premier ministre Nguyen Tan Dung a même déclaré samedi que les autorités avaient reçu ordre «de faire le nécessaire pour empêcher avec la plus grande fermeté des manifestations illégales susceptibles de troubler l’ordre et la sécurité publics».

Une coordination d’une vingtaine d’ONG vietnamiennes a appelé à de nouvelles manifestations, dimanche, contre «les agressions chinoises», dans la capitale Hanoï, la mégapole économique du sud Ho Chi Minh Ville et plusieurs autres villes du pays, mais les ONG signataires de ce nouvel appel ont toutefois prévenu par voie de communiqué que les manifestations de dimanche devraient se dérouler dans le calme.

Les «incidents violents des derniers jours ont terni l’image de nos manifestations patriotiques et du peuple vietnamien», déclare le communiqué.

Nouvelliste et reporter à CKCV Québec et directeur de l’information à CFLS Lévis, dans les années 70, Jacques N. Godbout a aussi travaillé sur le terrain pour divers instituts de sondage. Intervieweur, animateur et recruteur, il a participé à plusieurs projets de recherche qualitative.

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