Baghdadi: le nouvel ennemi numéro un des occidentaux?

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Un membre du groupe rebelle syrien Etat islamique d'Irak et du Levant (Isil) appelant au combat contre le régime de Bachar al-Assad, le 13 novembre 2013 à Alep ( Karam Al-Masri/AFP)
Un membre du groupe rebelle syrien Etat islamique d’Irak et du Levant (Isil) appelant au combat contre le régime de Bachar al-Assad, le 13 novembre 2013 à Alep ( Karam Al-Masri/AFP)

Le leader du groupe djihadiste ultra-radical État islamique en Irak et au Levant (EIIL), Abou al-Baghdadi, connait une ascension si fulgurante, ces derniers mois, que l’autorité du chef d’Al-Qaïda, Zawahiri en est même menacé, selon plusieurs experts.

Les origines connues de Baghdadi remontent aux années qui précèdent l’intervention américaine en Irak, alors qu’il oeuvrait dans les rangs des salafistes dans le pays. Il rejoint ensuite Al-Qaïda, durant l’occupation américaine, qui est dirigé par Abou Moussad al-Zarqaoui. Il préside alors des tribunaux islamiques pour intimider les populations locales et est reconnu pour sa grande brutalité.

Il combat ensuite en Syrie contre le régime de Bachar al-Assad sous l’État islamique en Irak (ISI) qui envoie des combattants en 2011. En avril 2013, Baghdadi a annoncé que l’ISI et al-Nosra fusionneraient pour devenir l’EIIL. Mais al-Nosra a refusé et les deux groupes opèrent de façon séparée – et se font aussi la guerre – en Syrie. L’EIIL a ouvertement contesté l’autorité de Zawahiri et rejeté sa demande de se concentrer sur l’Irak et de laisser la Syrie à al-Nosra.

L’EIIL constitue la principale force de combat contre le régime d’Assad et ses combattants sont attirés par la réputation de commandant et de tacticien. De plus, la présence de leur chef sur le champ de bataille attire particulièrement les combattants étrangers : «Depuis au moins 10 ans, il (Ayman al-Zawahiri) se cache dans la région frontalière Afghanistan-Pakistan sans faire grand-chose en réalité à part publier quelques communiqués et vidéos », note Richard Barrett, ancien chef du contre-terrorisme des services du renseignement britannique MI6. Sur les 12 000 combattants étrangers qui se sont rendus en Syrie, 3000 venaient de pays occidentaux et 80% d’entre eux ont rejoint l’EIIL.

En revanche, «Baghdadi a capturé des villes et mobilisé un nombre énorme de gens. Il tue sans merci en Irak et en Syrie », souligne-t-il. « Quelqu’un qui aime l’action ira rejoindre Baghdadi», ajoute-t-il à l’AFP.

L’EIIL est principalement présent dans le nord-est de la Syrie et contrôle Fallouja en Irak.

Passionné de politique, d'actualité et d'histoire depuis l'adolescence, Simon Bossé-Pelletier s'intéresse particulièrement aux relations internationales, à l'histoire militaire et au travail journalistique en situation de conflit.

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