Deuxième Guerre mondiale: décès du dernier Code talkers navajo

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Le 4 avril 2014, Chester Nez recevait un drapeau américain lors d'une cérémonie en son honneur. (Archives/Cpl. Kathryn K. Bynum/US Marine Corps)
Le 4 avril 2014, Chester Nez recevait un drapeau américain lors d’une cérémonie en son honneur. (Archives/Cpl. Kathryn K. Bynum/US Marine Corps)

Il était un des 29 Navajos qui ont créé un code de communication jamais décrypté par les Japonais lors de la Seconde Guerre mondiale: Chester Nez est mort mercredi à l’âge de 93 ans.

«Le pouvoir de notre langue a été partagé avec le monde pendant la Seconde guerre mondiale quand les 29 premiers «Code Talkers» se sont portés volontaires. Malheureusement, nous avons perdu le dernier survivant des ces 29 hommes, Chester Nez, qui s’est éteint dans son sommeil ce matin», a affirmé le président de la nation Navajo, Ben Shelly.

Les drapeaux seront mis en berne jusqu’au 8 juin sur tout le territoire de la tribu.

Le caporal Chester Nez faisait partie des 29 Navajos recrutés par le corps des Marines en mai 1942 pour mettre au point un langage codé pour les communications sur le champ de bataille s’appuyant sur la complexité de la langue navajo, tonale et non écrite.

«Je suis très fier de dire que les Japonais ont tout fait pour déchiffrer le code mais n’y sont jamais parvenus», confiait en 2013 Chester Nez au quotidien militaire Stars and Stripes. En tant que caporal, il a participé aux batailles du Pacifique à Guadalcanal, Guam, Peleliu ou encore à Bougainville.

Au total, quelque 400 Amérindiens navajos ont pris part aux combats dans le Pacifique pendant la Seconde Guerre Mondiale comme «code talkers». D’autres Indiens des tribus Choctaws, Comanches ou encore Seminoles ont également participé aux combats contre les Allemands ou les Japonais, chargés de transmettre dans leur langue des messages codés.

Faute d’équivalents, il fallait parfois transcrire avec des mots du quotidien: «avion» est devenu «oiseau» et «bombardier» «oiseau enceinte».

Le code navajo attribuait également un mot indien pour chaque lettre de l’alphabet latin: en Navajo, le mot «moasi», qui signifie «chat», était par exemple utilisé pour signifier la lettre «c».

Le code resta classifié jusque dans les années 1980, l’armée américaine ayant longtemps pensé qu’il pourrait toujours être utile en cas de nouveau conflit.

Étudiant en Histoire et Civilisation à Bois-de-Boulogne, Simon Tardif-Loiselle est passionné par tout se qui se déroule sur la scène internationale. Il fait ses premiers pas en journalisme chez 45eNord.ca.

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